‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 53 sur 107 · Q FO · texte numérisé non relu

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permuns , les autres

qui furent faites en raves et en oignons. pour la seule nourriture des ouvriers. Il prétend qu'elles allèrent

à huit cents talens. Quoi qu'il en soit , il est certain qu'il a fallu et bien du | temps et bien du monde pour construire ces masses énormes, qui n’ont aujourd? hui de beauté, que cette prodigicuse hauteur et épaisseur; mais AP pouvoient autrefois être regardées comme une des merveilles du monde , lorsqu'elles étoient revêtues en dehors des plusbeauxmarbres del'Egypte, et qu ‘en dedans elles contenoient de grandes salles qui en étoient incrustées. On les appeloit les salles du roiet de la reine. Ces marbres ont été enlevés par les derniers rois d'Egypte , qui en ont orné leurs palais : il n’en reste plus que quelqnes morceaux d'un côté et d’un autre, qui sont des marques visibles de leur ancienne magnificence.

À deux ou trois cents pas de la grande pyramide , et presque vis-à-vis du vieux Caire , à l’occident , proche le rivage du Nil, nous vimes la tête du Sphinx, dont les voyageurs ont tant parlé. Le reste du corps est enterré sous le sable. À juger de sa grosseur par ce qu'on voit de sa tête, il faut qu elle soit énorme, Je ne serai cependant pas caution de tuut ce que Pline en rapporte. Il dit que la tête de ce monstre a douze pieds de -circuit , quarante-trois pieds de longueur ; et en profondeur , depuis le sommet de Ja tête jusqu'au ventre, cent soixante et douze pieds. On croit, ajoute le même auteur , que le roi Amasis

a été enterré.

La fable a fait rendre des oracles à cette figure monstrueuse , qui étoit la divinité champêtre des habitans ; mais ces oracles étoient une frauduleuse invention de leurs prêtres , qui ayant creusé sous terre un canal aboutissant au ventre et à la tête de cette prétendue divinité de pierre, avoient trouvé moyen d'entrer dans son corps , d’où ils faisoient

entendre d’une voix sépulcrale des paroles mysté=

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rieuses , pour répondre aux VOYageurs qui venoient consulter l’oracle, Comme nous ne Vimes qu’en Passant ce fameux sphinx , je n’en peux rien dire de plus. Nous cOntinuâmes notre route , et nous achevâmes en peu de temps notre navigation depuis Girgé et Adavie jusqu’au Caire » OÙ nous entrâmes le 23 novembre 1714, Mon retour au Caire finit le récit de mes trois voyages dans la Haute et Basse K ypte. Le peu de bien que j'y ‘ai fait pour l'instruction et le salut des Coptes , m’a fait Comprendre que nous en ferons de beaucoup plus grands, lorsque la Providence divine nous aura mis en état d'augmenter les ouvriers de son évangile , et qu’elle aura assuré leur subsistance , qu'ils ne doivent pas demander ici pour de bonnes raisons.

Notre Compagnie en France à plusieurs sujets disposés à passer les mers. Leur zèle et leur inclination les tiennent toujours prêts à partir au premier signe de leurs supérieurs, Ils seront ici favorablement reçus des puissances qui gouvernent les vastes royaumes du Levant, surtout s'ils y viennent avec la réputation d’avoir la Protection de V, A. S, Car les hauts et puissans seighCurs turcs sont parfaitement instruits de toutes les rares qualités qui lui ont gagné l'estime, la confiance et l'amour de tous les Français. Ïls parlent ici, comme On fait en France, de l’'intrépidité qu’elle a fait paroïtre dans les combats sur mer , où elle a commandé pour le service de la France et de l'Espagne, Hs savent avec quelle intelligence

supérieure , et avec quel sang-froid elle donnoit ses ordres , pendant que la mort enlevoit à ses côtés des seigneurs que la France ne cessera jamais de regretter, Ils ont appris depuis ce temps-là la sagésse de sa conduite , la solidité de ses avis dans les conseils de la régence , et dans celui &e la marine où elle préside, Ils sont informés de sou esprit de justice dans la distribution des grâces, ayant toujours plus d'égard

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au mérite des personnes qu'à toutes les recommandations qu’élles se procurent.

Enfin , ils n’ignorent point ce qu’on dit en France de sa bonté et de.sa douceur , de sa politesse et de son affabilité , qui lui attachent les cœurs de tous les officiers, et qui leur font aimer l'honneur de servir sous ses ordres. Ce sont là lestitres, MONSEIGNEUR,

, qui nous assurent les grands avantages que nous retirerons de la part qu'on saura ici que V. A. S. voudra bien continuer de prendre au succès de nos fonctions évangéliques. Au reste , notre succès fera son mérite devant Dieu , et il sera pour nous un motif continuel de lui. demander qu'il daigne la combler de ses bénédictions. C’est au nom de tous nos missionnaires que j'ai l'honneur de l’assurer ici

. de leurs sentimens et de leur respectueuse reconnoissance. Je m’estime heureux en mon particulier de pouvair lui témoigner la mienne , et le profond respect avec lequel je suis , etc.

Au Gaire, le 1." mai 1716.

Du père Sicard , missionnaire en Egypte, au père Fleuriau.

MoN RÉVÉREND PÈRE, P. C.

Nos occupations continuelles pour satisfaire ax diverses fonctions de la mission , m’ont empêché jusqu’à présent de vous faire le récit de mon voyage dans le désert de la Basse-Thébaïde. Je profite du repos et du loisir que je suis venu chercher au Caire, pour tenir la parole que je vous ai donnée ; de

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