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354 LETTRÉS opinion du passage des Israélites par le moyen du flux et reflux de la mer, aient un motif bien différent de celui des libertins et des hérétiques, ils ont cependant les mêmes principes, et je ne crois pas même qu’ils puissent en avoir d’autres; par conséquent je serois en droit de leur dire que je n'ai point d'autre réponse à leur faire , que celle que j'ai faite aux hérétiques. Mais sûr que je suis de leur foi et de leur respect pour la parole de Dieu, j'ai une réponse à leur faire à eux en particulier, à laquelle ils n'ont rien à répliquer; savoir, que l’Ecriture sainte dit le contraire clairement, formellement , non-seulement une fois, maïs autant de fois qu'elle fait mention de ce passage miraculeux. Car vouloir éluder la force des expressions du texte sacré, par des sens détournés et imaginaires, c’est aimer à se tromper soimême; c’est vouloir agir coutre ses propres lumières; c’est se plaire à dire des choses que l’on rejette au fond du cœur. Ont-ils jamais cru sincèrement, par exemple , que lamer qui ser voit aux [sraëélites comme d’un mur à droite et (64) à gauche, n’étoit autre chose que la mer qui se retiroit? Non, sans doute, ils ne l'ont point cru sincèrement; et quand ils parleront de bonne foi, ils avoueront qu'ils ont bien sentiqu’ils avoient l’Ecriture sainte contre leur système. Au reste, c’est à la honte de notre siècle que je me suis cru obligé de m’étendre si au long sur cettematière, et d'établir par tant de preuves la vérité du passage miraculeux des Israélites par lamer Rouge : miracle si éclatant, si authentique, si public et si répandu dans l’univers, que Diodore dit que les nations les plus barbares et les plus éloignées en avoient entendu parler , et le croyoient (Les [chtyophages 65). Siune fois on en venoit à révoquer en doute ce miracle , et à faire voir, même par des raisons apparentes, qu'il a pu être fait naturellement et par des causes physiques , ne pourroit-on pas nier hardiment
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ÉDIFIANTES £T CURIEUSES, 355 quil y ait euaucun miracle depuis le commencement u monde? Auroit-on tort de s'élever contre certains auteurs , qui, en donnant au public les vies des saints ; ont supprané les miracles que les saints ont faits, ou qui n'en ont rapporté que de peu autorisés, pour les combattre, et pour les réduire à des effets purement naturels, mais extraordinaires ? .
Je souhaïiterois que votre révérence voultt bien me faire l'honneur de me mander les difficultés qu’on lui proposera contre mon système, Je suis homme à écouter tout le monde avec docilité, surtout ceux qui n’appuyeront leurs raisonnemens que sur l’autorité de l’Ecriture sainte, ou sur une Connoissance parfaite de la Basse-Egypte, Parmi ce grand nombre de doctes qui sont à Paris, il n’est pas possible qu'il ne s’y en trouve quelqu'un qui aitune connoissance parte de la situation des lieux dont j'ai parlé; soit parce qu'il aura voyagé en ce pays-ci, ou parce qu'il aura consulté des gens qui anront fait ce voyage, Pour les autres, qui n'auront ni l’un ni l’autre de ces deux secours, ils ont beau avoir une profonde érudition et beaucoup de lecture, ils peuvent dire qu’ils parlent d'un pays qui leur est inconnu, et leurs objections porteront toujours à faux,
TEXTUS SACRAÆ SCRIPTUR A
À patre Sicard allegati, quibus veritatem sui systematis transités maris Rubri, et itineris quo A ad illud pervenerint Israclitæ, clarè solidèque demonstrat.
(1) Cuvqu jam celare non posset, sumbsit fiscel- : lam scirpeam, et linivit eam bitumine ac pice, posuitque intùs infantulum, et exposuit eum in carecto ripæ fluminis. Exod. cap. 2.