‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 75 sur 107 · SAVOIT · texte numérisé non relu

SAVOIT

écessité ar perreposer tes, lé mer en ffreuses dans le , êt re- » désert a carte rras Où ce lieu ar Ôter happer

que j'ai et d’en ent en par la

as(19):

ce lieu que les Esraélites eurent ordre de bâtir (20),

wils accrurent st fort dans la suite : ce lieu, d’où l'Ecriture fait décamper le peuple de Dieu pour se rendre à Socoth. Tout dépend de ce point fixe , et c’est comme le fondement de tout le reste,

Sans contredit, Ramessès est ce qui s'appelle aujourd’hui Bessatin, petit village à trois lieues du vieux Caire , à l'Orient du Nil, au milieu d’une plaine sablonneuse qui s'étend deux lieues depuis le vieux Caire jusqu’au mont Troyen ou Tora , et une lieue depuis le Nil jusqu'au mont Diouchi, Je dis encore une fois que Ramessès est ce qui s'appelle aujourd’hui Bessatin. Pour peu qu'on ait parcouru l'Egypte, et qu’on ait demeuré au Caire , l’on sait que de temps immémorial les Juifs du Caire se sont fait et se font enterrer près de Bessatin. Une pareille tradition est une démonstration à quiconque connoît la nation juive, attachée à ses traditions jusqu'à la superstition, et qui n’auroit jamais choisi ce lieu-là que dans la pensée de mêler les cendres de ceux qui sont morts dans les siècles postérieurs avec les cendres de leurs ancêtres.

Cette tradition paroît même autorisée par l’étymologie des noms que les Arabes ont donnés aux lieux circonvoisins du cimetière des Juifs. Le rocher, par exemple, qui est sur le mont Diouchi, par conséquent , qui est en face de Bessatin et à la vue de Girgé, se nomme Mejanat-Moussa, c'est-à-dire, lieu où Moïse communiquoit avec Dieu , et où , apparemment, ce législateur, au sortir de chez Pharaon, se rendoit pour y adresser publiquement sa prière au Seigneur , et pour en obfemir la bberté de son peuple.

Un autre exemple , qui est du moins aussi plau sible que le premier ,é’est que les ruines du monastère de Sawt-Arsène sur le mont Tora on Troyer, n'ont poinf d'autre nom parmi les Arabes que celui

on

de Mera-vad-Moussa , ce qui signifie habitation de Moïse. Or , personne n’ignore que, selon le texte sacré, Moïse, dans le campement des Israélites , s'étoit choisi un poste qui dominoit sur tout le camp. Non-seulement Bessatin et la plaine dont je viens de parler, sont le lieu d’où les Israélites parürent pour sortir de l’Egypte ; mais ils sont encore le lieu où ils s’assemblèrent de toute l'Egypte, et où ils passèrent quelques jours sous des tentes (21), pendant que Moise demandoit à Pharaon leur délivrance, et opéroit coup sur coup cette foule de prodiges, qui consternèrent les Egyptiens , et qui leur firent souhaiter avec empressement l'éloignement des Hébreux.

Au reste, quelque grand que fût le nombre des Israélites ( car, outre les six cent mille combattans dont l’Ecriture fait mention, il ÿ avoit peut-être trois fois autant de femmes, d’enfans et de vieillards, ce qui feroit deux millions quatre cent mille âmes, et c'est faire monter le nombre des Israélites aussi loin qu'il peut aller); cette armée néanmoins pouvoit camper facilement dans la plaine de Bessatin, je veux dire de Ramessès ; jen ai fait le calcul, et souffrez que je vous fasse en peu de mots le détail

de cette supputation. La plaine a une lieue de lar-

geur, savoir, depuis le mont Diouchi jusqu’au Nil; et deux lieues de longueur depuis le Caire jusqu’au . » J r 1 £ mont Troyen; deux lieues font 6000 pas géométriques, autrement 12,000 pas communs. Que deux mille hommes soient rangés de front dans cette longueur, ils auront chacun six pas communs de distance de l’un à l’autr- par les côtés. Dans la largeur, qui est de trois mille pas géométriques , qu'on mette douze cents files ou rangs.de deux mille hommes chacun, laissant cinq pas communs d’une ? € file à l’autre , il est évident que deux millions quatre Lg gl Lé L cent mille hommes sont placés et campés commo-

tion de le texte aélites , tout le dont je es parencore

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au Nil; usqu’au 7, ÉOMÉ— ne deux Is cette uns. de Dans la riques , x mille s d’une quatre ommo—

dément, et que chaque file ayant de distance jusqu'à son voisin, cinq pas d’un côté et six pas de l’autre, il restoit assez de terrain vide pour les chameaux et autres bêtes de somme, pour les tentes, les lits, les ustensiles de cuisine, et les autres choses nécessaires à un campement,

Cette plaine a cela encore de particulier, qu'elle est le long du Nil; par conséquent, les Israélites étoient à portée d’avoir de l’eau en abondance et des provisions par le moyen des barques qui montoient et qui descendoient le Nil. Elle est sablonneuse, par conséquent propre à camper et à y dresser des tentes. Elle est inculte et stérile; par conséquent, cette multitude infinie de peuple ne pouvoit ni incommoder personne , ni faire aucun tort aux biens de la terre, puisqu'elle n’est ni habitée ni cultivée. Elle n’est séparée de Memphis que par le lit du Nil; par conséquent, Moïse pouvoit aisément, en peu de temps, aller à la cour de Pharaon, et en revenir au camp, recevoir les ordres de ce prince, et les apporter aux Israélites. On auroit beau chercher dans le reste de l'Egypte une autre plaine, je doute fort qu'on en püt trouver une seule , à qui toutes ces choses ensemble pussent convenir, comme elles conviennent À la plaine de Ramessès. Quand je dis dans le reste de l'Egypte, j'entends cette partie de l'Egypte qui est à lorient du Nil, et enire ce fleuve et la mer Rouge, Le bon sens veut que le rendez-

vous marqué par Moïse aux Israélites ait été de ce

côté-Ilà. Comment deux millions quatre cent mille hommes avec un bagage infini auroient-ils pu passer le Nil le jour de leur départ, s’ils avoient été campés dans une plaine au couchant de ce fleuve ? cette marche auroit sans doute du merveilleux , ét seroit inexpliquable, Au lieu que le texte sacré parle bien d’un départ précipité et fait à la hâte, mais fait aves

330 LETTRES ordre, sans confusion , dan, un chemin uni, où le peuple de Dieu ne trouva nul cbstacle.

Je viens à présent au chemin que les Israélites ont dû prendre, et ont pris effectivement pour aller en trois jours de la plaine de Bessatin à la mer Pouge. Je ne perds point de vue, ou plutôt je suis toujours exactement ce que le texte sacré nous dit du décampement et de la route que le peuple de Dieu prit pour sortir de l'Egypte. La première cérémonie de la manducation de l'agneau pascal et des pains azymes se fit à Ramessès (22). Les linteaux et les jambages des portes, c'est-à-dire des cabanes ou des tentes que les Israélites avoient dressées pour camper, furent teints du sang de l'agneau. L'ange exterminateur passe et met À mort les premiers nés des Egyptiens et ceux mêmes des animaux , et ne fait aucun mal dans tous les lieux qui sont marqués du sang de l'agneau. La consternation se répand de tous côtés, et jusque dans le palais de Pharaon, Ce prince , alarmé et troublé par les cris de ses sujets, qui craignent pour eux le même sort qu'ont eu les Premiers nés, appelle Moïse et lui ordonne de faire

partir promptement cette multitude de peuple campée à Rneée L'ordre est donné à Moïse et porté au camp en moins d'une heure (23). Ce temps-là suflit pour aller et pour revenir de Bessatin À Girgé et de Girgé à Bessatin. Les Hébreux pressés par leur propre intérêt, par les instances des Egypüens, et par les ordres de Pharaon, vont à la faveur de la lune , qui étoit pleine, et à Memphis et à Leté, faubourg riche et considérable de Memphis, emprunter des vases d’or, d'argent et de riches habits (24). Quelques jours auparavant, ils avoient commencé à faire : pareils emprunts (25). Loin de trouver des gens qui les rebutassent lorsqu'ils demandoient quelque chose , c’étoit À qui les préviendroit, et chacun se dépouilloit avec joie de ce qu'il avoit de plus

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nencé ouver doient t chae plus

précieux, pour sauver sa vie, et pour éloigner un peuple dont la présence lui étoit fatale (26). En un mot, ils firent tani de diligence, et les circonstances leur furent si favorables, qu’au point du jour ils furent prêts À marcher, et à prendre la route que Moïse leur marqueroit. Ils n’avoient pas eu le temps de faire cuire \e pain nécessaire pour le voyage, et ils se contentèrent d’envelopper dans leurs manteaux la pâte qui n’étoit point encore fermentée (27). Ce qui me fait croire que leurs manteaux étoient à peu près semblables à ceux dont se servent aujourd’hui les arabes. Le manteau d’un arabe est une pièce! d’étoffe longue, peu large , sans couture , garnie aux deux bouts de cordons tressés, qui servent à lier le manteau entier, ou un coin seulement , dans lequel l'on met ce que l’on veut porter, comme 1 un sac.

Les Israélites attendent donc le signal pour marcher et pour prendre la route qui leur sera marquée par Moise : car ils avoient devant eux deux routes, et ce sont les seules qui mènent de Memphis et de Ramessès à la mer Rouge : savoir, la vallée qui est entre le mont Tora etle mont Diouchi; et l’autre est la plaine qui mène de Babyloie, ou du vieux Caire à Arsinoé, aujourd’hui Suez. Le chemin par cette plaine étoit le plus court et le plus” facile; mais il falloit que Moise parlät, et Jui seul pouvoi! déterminer quelle route l’on devoit choisir.

Quand Moïse n’auroit agi que selon les vis humaines, il n’avoit garde de conduire les Israélites par la plaine qui aboutissoit à Arsinoé. Il connoissoit le caractère de Pharaon , prince défiant, qui n’auroit jamais souflert que ses esclaves prissent une route si propre à s'évader , puisqu’en trois jours ils auroient été hors des bornes de ses états, et hors de son pouvoir, I avoit signifié à Pharaon, qu'il alloit dans un désert, où les Israélites, loin de la vue des Egyp-

332 LETTRES tiens et sans crainte, pussent répandre le sang des animaux, que l'Égypte révéroit comme ses dieux (28).

‘t cette plaine étoit une des plaines les plus fré.

quentées de l'Egypte. Aussi n'ai-je jamais pu concevoir comment de savans hommes > après avoir détaillé la marche des Israélites par la plane jusqu’à Arsinoé, autrement Suez, les 2. rebrousser chemin, rentrer dans l'Egypte, et prendre une vallée étroite et longue de sept lieues. Il étoit naturel de les faire marcher droit vers la Palestine, par les vastes déserts qui mènent à Sinaï , à Gazé et à Hébron , Sur-tout puisqu'ils étoient poursuivis par les troupes de Pharaon, Le chemin est uni, nulle montagne, nul défilé, nul obstacle Pour une marche; au lieu que la vallée qui va de Suez à Beelsephon, le long de la mer, est si étroite, qu'elle à tout au plus un q'art de lieue de largeur. La marche d’un peuple infini par cette vallée est donc une chose, je ne dis pas nullement vraisemblable, mais même, impos-

sible et chimérique, Je dis donc que Moïse, outre ces raisons, instruit comme il l’étoit par le Seigneur

même , ordonna aux Israélites de de de prendre

l'autre route, et d'entrer dans la vallée qui est au-

dessous du mont Tora , du côté du désert de la Thé

baïde , sans s’écarter ni sans s'avancer vers la Haute-

Egypte, ou vers le midi. En effet » Pour peu qu'ils se fussent détournés du chemin qui les conduisoit directement à la mer Rouge, ii leur auroit été impossible d’y arriver en trois jours. L’énumération que je vais faire de toutes les circonstances de cette route, sera la preuve de ce que j'avance,

Je puis en parler avec certitude, En 1 720, je fis le même voyage que les Israélites, en compagnie de M. Fronton, drogman de France au Caire. Nous partimes au mois de mars, et à la pleine lune : nous campämes à Ramessès, à Socoth, à Etham , à Phihahiroth, Nous ne mîmes que trois petites journées

sang des eux (28).

lus frépu convoir dé- > jusqu’à ser che- 1e vallée turel de es vastes Xébron, troupes ntagne, au lieu le long plus un peuple » ne dis impos- Qutre elyneur prendre est aula Thé- Hautequ’ils se soit diimpos- | que Je route ,

» je fis pagnie . Nous : nous à Phi-

urnées

ÉNIFIANTES ET CURIEUSES. 333

à aller de Bessatin, que j'ai dit être Ramessès, à Phihahiroth, connu aujourd’hui sous le nom de Thouaireq, et nous n’en mîmes pas davantage à revenir au grand Caire. Par notre marche, nous jugeûmes qu'il y avoit de l’un à l’autre vingt-six ou vingt-sept lieues francaises ; et nous conclûmes qu'il avoit été facile aux Israélites, de faire chaque jour huit à neuf lieues. La traite n'es: voint excessive pour des gens accoutumés au travail le plus dur, à la faim, à la soif , et aux rigueurs d’une longue servitude, et qui de plus espèrent, par cette route, pouvoir recouvrer bientôt leur liberté, sur-tout trouvant un chemin uni et commode, et dans un temps favorable , qui étoit celui de l'équinoxe, où l'air est doux et la chaleur supportable, et d’ailleurs tempérée par la colonne de nuée qui les ombrageoit. Quoiqu’ils fussent plus de deux millions d’âmes, et qu'ils menassent avec eux leurs troupeaux et quantité de bêtes de charge, ils pouvoient marcher plusieurs mille personnes de front dans l’endroit.le plus étroit de cette vallée, par où ils commencèren® à défiler, et qui est entre le mont Diouchi et le‘mont Tora. La vallée a au moinsune lieue de largeur; plus on avance, plus elle est large; et j'ai souvent remarqué que la largeur alloit à deux ou trois lieués. Pour ce qui est des vivres, ils ne devoient point en manquer, La terre y est couverte de prêle, de genêt, de tamaris, d’aber qui est une plante semblable au romarin , dont les chameaux sont passionnés , et de toutes autres sortes d'herbes, Ce ne sont qu'arbustes , dont plusieurs sont secs, et dont les Israélites pouvoient faire du feu, pour cuire la pâte qu'ils portoient. Enfin, sous ces arbustes, et sous ces différentes herbes, il y a au printemps une quantité si prodigieuse de gros limaçons, que l’on peut dire qu'on ne fait pas un pas sans marcher dessus. Ils sont excellens, ces limacons, et un peuple qui n’a rien

autre chose, peut en faire sa nourriture, L'eau seule auroit manqué aux Israélites; mais avant de partir , ils en avoient puisé dans le Nil, et ils en av ent chargé leurs chameaux et les autres bêtes de somme qu'ils menoient,

Selon toutes les apparences, Moïse avoit eu ordre de Pharaon, lorsqu'ils auroient passé la gorge des monts Diouchi et Tora, de s’enfoncer vers le sud , ou vers le sud-est, dans les déserts qu'on nomme aujourd’hui les déserts de Saint-Antoine ou de la T'hébaïde, et de vaquer en ce lieu-là, avec son armée, à ses sacrifices et aux autres actes de sa religion. L’unique but du défiant Pharaon étoit d’éloigner ses esclaves du voishrage de Suez, par où ils pouvoient se sauver dans l'Arabie. Moïse qui avoit d’autres vues, et qui vouloit faciliter aux Israélites une prompte évasion, les conduisit à l’est par le vallon de Degelé, Les Arabes, dans leur langue , ont donné à ce vallon un nom qui signifie tromperie : peut-être pour faire allusion à la ruse dont se servit Moïse dans cette occasion. Je ne m'étonne plus présentement de ce que l’on vint dire sur le champ à Pharaon, que les Israélites fuyoient. Ce sont les termes du texte sacré {29). Si Moïse avoit fait tenir la route qui lui avoi: été marquée , l'expression de fuir paroîtroit souitrir quelque difliculté. On ne fuit point, lorsque l’on va où l'on a permission d’aller : mais du moment que les Israélites changeoient de route, et marchoient droit à l'est, au lieu de dé-

tiler vers lé st, on avoit raison de soupçonner qu’ils

songeoient à fuir, et non pa à sacrifier. Je n’allègue cette explication du mot fuir que comme une conjecture , quoiqu’elle soit très-naturelle, et qu’elle donne au passage de l’Ecriture une clarté qu'il n’a pas autrement,

Pharaon , sans rien examiner, sans attendre que les trois jours qu’il avoit accordés à Moïse fussent

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ÉDIFIANFES ET CURIEUSES, 339 expirés; saus réfléchir sur le massacre des enfans p'emiers nés, dont le sang fumoit encore , sur le seul et premier rapport qu'on lui fit » Court à la vengeance, ordonne à ses troupes de se rassembler; et dès le lendemain , part : leur tête de Memphis, pour poursuivre les Israélites. Il marche avec tant de précipitation , qu'il fait :n deux jours le chemin que les Israélites n’avoient pu faire qu'en trois. Si nous en croyons Joseph l'historien , l'armée de Pharaon étoit composée de deux cent cinquante mille cotmbattans, Je n’ai nulle peine à le comprendre. Hérodote dit formellement que Îles rois l'Ee; pte avoient quatre cent dix mille hommes de troupes ‘glées pour la garde du royaume ; savoir , der cent Cinquante mille calasires, et cent soixante mil hermotibyes; et que ces troupes étoient dispersé dans les quinze provinces qui sont dans le Delt: , peu éloigné de Memphis, et dans les deux provinces la Thébaide Thèbes et Chemmis. Sans témerté, ne puis-je pa 1ême avancer qu'une partie de ces troupes étoit au levant du Caire, campée dans la plaine qui s'étend entre Héliopolis , Babylone, et le mont Diouchi, à deux lieues du camp des Hébreux? Pharaon étoit trop politique et trop soupçonneux pour n'avoir pas pris cette précaution, en Cas que les Israélites qu'il voyoit s’assembler en si grand nombre à Ramessès, un peu malgré lui, vinssent à se révolter. Supposé qu il eût pris une pareille précaution , est-il surprenant qu'il se soit mis à la tête de deux cent cinquante mille hommes ? Je reviens aux Israélites, Leur première station fut la plaine de Gendeli, où il y a une petite source d’eau potable. Je dis que Gendeli est le Socoth de l'Ecriture : ces deux noms ont trop de rapport l’un à l’autre pour en douter, Gendeli » en arabe, signifie un leu militaire ; et Socoth, en hébreu, veut dire les pavillons sous lesquels campe une armée. Ils ÿ

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firent cuire sous la cendre leurs gûteaux azymes (30). Cette plaine est à neuf lieues de Bessatin, et à moitié chemin de Ramlié, où il falloit nécessairement qu'ils fissent halte le lendemain.

La seconde station fut la plaine de Ramlié, autrement l’ancien Etham, distante , comme je l’ai dit, de Gendeli, de neuf lieues, et à peu près de huit de la mer Rouge. Elle forme comme un amphithéâtre de cinq à six milles de diamètre, étant bordée de toutes parts de coteanx. Le gros de l’armée occupa la plaine, et les chefs dressèrent leurs tentes

. sur les hauteurs (31). Le texte sacré dit qu’Etham

étoit à l'extrémité du désert, ce qui convient à Ramlié. En effet, au sortir de Ramlié, c’est tout autre pays, c'est un défilé très-étroit qui dure deux lieues , et qui aboutit à la plaine de Bedé qui se termine à la mer, et que l'on doit plutôt appeler les environs de la mer Rouge, que le désert.

(32) Le texte sacré, en rapportant la marche du troisième jour , dit que les Israélites revinrent sur leurs pas. C’est sur ce texte que se fondent ceux qui font passer Moïse par Suez, et ensuite le long de la mer jusqu’à Phihahiroth, et À qui je fais voir, si je ne me trompe, que cette marche n’a jamais pu se faire en un jour par une armée de deux millions d’hommes poursuivis par un ennemi, Comment les Israélites retournent-ils donc sur leurs pas étant à Ramlié, c’est-à-dire, à Etham ? le voici. Un peu avant que d'arriver à Etham, on cotoie une montagne qui insensiblement ne laisse plus au sortir d'Etham qu'un défilé, où à peine vingt hommes passeroient de front. Ce défilé est à l'est, et le droit chemin pour aller à la mer Rouge. Il n'étoit pas de la prudence de s’y engager, et un jour entier n’auroit pas sufli pour le passer. Que fait Moïse par l’ordre de Dieu? 11 commande à son armée de tourner le dos au défilé, d'avancer un peu à l’ouest ;

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un peu à l’ouest;

ÉDIFIANTES ET CURIFUSES. 837

l'ouest; ensuite de prendre à gauche, de couler le long de la montagne , d'entrer dans un vallon spacieux, qui , après avoir tiré au nord, se tourne à l'est, et se termine À la plaine de Bedé. Ce circuit qu'il falloit faire, que j'ai examiné sur les lieux, et que j'ai désigné exactement dans ma carie qué on peut consulter , allongeoit le chemin dé! près d’une lieue; mais, malgré cela, la journée tiétoit tout au plus que de neuf lieues, :et n’étoit pas plus forte et plus pénible que les deux précédentes, Que si quelques troupes plus dégagées que les autres passèrent dans le défilé, elles rejoignirent le gros de l’armée au débouché du défilé > dans la plaine dé Bedé. ii Doi HP TDR La plaine de Bedé, qui, en arabe; signifie prodige nouveau ( on voit à quel prodige les Arabes ont voulu faire allusion}, a six lieues en longueur jus: qu'à la mer, Ce fut à l'extrémité de cette plairié qué les Israélites vinrent camper sur le bord'de lamer, près les sources de T'houaireg. Or, ces sources dé Thouaireq soni ce que le texte sacré appelle PAïhahiroth, et qu'il marque avoir été la troisième sta tion des Israélites, Outre la ressemblance parfaite qu'il y a entre cet endroit de la plaine dé Bedé, et Phihahiroth et ses environs, tels que le texte sacré nous les décrit, j'en trouve la preuve dans la larigue arabe, Cette langue a conservé, pour ainsi dire , la tradition de tous les faits de ce fameux passage, Phi. hahiroth , en hébreu, signifie 4ouche des froës'; Thouaireq, en arabe , signifie plusieurs peñits trous, Josses ou conduits. Ce qui convient à Thouairéq , qui n’est autre chose que trois où quatre sources d'eau salée renfermée dans de petits réservoits d’un roc dur caché sous le sable , lesquels n’ont que trois ou quatre pas de long , fort peu de profondeur; et dont l’ouverture est très-étroite, |

Beelsephon , en hébreu, signifie #do/e du sépten: T, III, 22

trion. Eutaqua est au septentrion, par rapport au campement du peuple juif sur le bord de la mer, et sur cette montagne, selon le thalmud, s’élevoit une fameuse idole adorée par les Égyptiens. Que si les Arabes ont donné à Beelsephon le nom d’Eutaqua , qui signifie délivrance, la tradition n’en est que; plus :certaine et que mieux établie; puisque ce fut âi pied de cette montagne que les Hébreux trouvérent-leur délivrance et la fin de tous leurs maux, en passant la mer. Magdalum ou Migdol , en hébreu, signifie four , lieu élevé. Kouaibé, en arabe, signifie cap, éminence ; et celte montagne est au sud, au pied .de laquelle , proche le rivage de la mer, j'ai remarqué qu’il sortoit un torrent d’eau chaude, salée, minérale, et qui se précipite d’abord dans la mer. Stabon én parle (33) presque dans les mêmes termes : et 1l!me paroit que Diodore (34) a voulu marquer cette source d'eau salée, quoiqu'il dise en général que ceux qui vont d’Arsinoé le long de la mer à la plaine de Bedé , trouvent à droite plusieurs sources abondantes d’eau salée, qui se précipitent aussitôt dans la mer.

Ce, seroit ici, mon révérend père , où votre révérence auroit besoin de deux plans; l’un, qui représentât le camp des Israélites , l’autre le camp de Pharaon, Je vais suppléer à ce défaut le mieux qu’il me sera possible, La plaine de Bedé , comme j'ai déjà dit,.a six lieues de long, cinq à six de large vers le céntre, et n’en a que trois sur le bord de la mer, Les. Israélites étendirent le plus qu'ils purent le front de léur armée le long du rivage, devant Magdalum. Les Egyptiens au contraire se campèrent

vis-à-vis de Beelsephon (35), soit parce qu’ils virent que: les Israélites , qui étoient arrivés les premiers , s'étoient placés le long de la mer, comme le dit le texte sacré (36), soit parce qu'ils espéroient par-là être plus à portée d'observer la marche des Israë-

port au mer, et s’élevoit , Que si n d'Eun’en est Isque ce ax trou- $ Maux , hébreu , signifie sud, au 1er, j'ai ade, sadans la s mêmes a voulu | dise en ng de la lusieurs cipitent

otre ré- , qui recamp de eux qu’il nme j'ai de large >rd de la s purent , devant mpèrent ils virent remiers ;, le dit le nt par-là es Israé-

lites, s’ils tentoient de s’enfuir du côté de Suez. Un coup d'œil à présent sur la carte, vous mettra en partie au fait : du moins vous verrez » par l’espace qu'occupoient les deux armées, que les Israélites étoient environnés et entourés de telle sorte, qu'ils étoient véritablement renfermés (37). Les deux montagnes Beelsephon et Magdalum , la mer en face , @t derrière eux les troupes de Pharaon » formoient une espèce de circonvallation humainement insurmon-— table, Car ce défilé qui mène à Arsinoé ou Suez , je le répète encore, est si étroit, que vingt personnes auroient peine à y passer de front; ainsi il est peu propre à servir de passage à une armée immense comme celle des Israélites, qui, outre cela, auroit été bientôt coupée par les troupes de Pharaon,

À la vue de cettetriste situation » dit le texte sacré, (38) les Israélites furent consternés, se crurent perdus sans ressource, se désespérèrent, et reprochèrent à Moiïse de ne les avoir conduits dans cette solitude que pour les faire périr; comme s’il n’y avoit point de tombeaux en Esypte, et si dans l'Egypie ils n’auroient pas pu être également enterrés. Alors Dieu fit voir qu'il étoit le maître absolu de la nature et des élémens. fl voulut même ne se servir que de la foible main d’un mortel, Pour ouvrir aux Israélites un chemin aw milieu du sein de la mer. Il commande à Moise de prendre sa baguette et d’en donner un coup à la mer, afin, ditle Seigneur, que les Egyptiens connoissent que je suis le vrai Dieu » le Dieu tout-puissant (39). Moïse frappe, et les flots de la mer obéissent ; ils se séparent, ils s'élèvent ; ils demeurent suspendus, et le fond de la mer se trouve à sec. Il commande à l’armée de marcher entre les eaux par ce‘chemin nouveau et merveilleux. Tous marchent avec confiance et sans différer un mo ment. L'ordre du Seigneur , la joie inopinée de se voir un passage libre, la nouveauté du chemin , la

grandeur du prodige, la crainte même de tomber entre les mains des Egyptiens : tout contribuoit à les soutenir et à les encourager.

Mais en quel endroit de la mer passèrent les Israélites, et à quelle heure commencèrent-ils à défiler? Fondé sur le témoignage du texte sacré (40), je dis que la traversée dut se faire près de Thouaireq, qui n'est qu'à un demi-mille du rivage, et vers la pointe voisine du mont Eutaqua, en tirant droit à l’est, La raison que j'en ai est que la mer, en cet endroit, n’a que quinze à dix-huit milles de largeur , au lieu qu'en la passant vers Kouaïbé , ou en s’éloignant tant soit peu au sud , on auroit eu plus de trente milles à faire , la mer ayant là au moins cette largeur.

J'avoue que je ne devrois point m’arrêter à rapporter et àexaminer les sentimens des rabbins; on en connoît le faux, et peu de gens y ajoutent foi. Mais la digression ne sera pas longue , et par ce seul fait, l’on jugera quel fond il y a à faire sur le thalmud. Pour expliquer comment les Israélites se trouvèrent ren fermés près de Phihahiroth, et comment ils purent aller de Phihahiroth à la mer, le thalmud fait du mont de Magdalum et du mont de Beelsephon, un seul mont continu et non interrompu. Il ajoute que cette montagne avoit deux bouches, qui étoient fermées ; qu’elles étoient adorées par les Égyptiens, et qu’elles rendoient des oracles; que ces deux bouches étoient Phihahiroth, et que la montagne s’ouvrit tout à coup pour dunner passage à leurs pères. Le texte sacré n'en dit pas un mot, et il ne faut que des yeux quand on est sur les lieux, pour voir que cette narration est une pure invention des rabbins.

Je dis, en second lieu, que les Israélites partirent d’auprès de Thouaireq entre six et sept heures du soir , quelque temps après le soleil couché, puisqu'on étoit alors à l’équinoxe de mars. Avant que d’entrer

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Jartirent ures du 1isqu’on d'entrer

ÉDIFIANTES ET CURIEUSFS. 341

dans le sein de la mer > ils formèrentun front de deux ou trois lieues de largeur ; ils marchèrent soit par douze colonnes, chaque tribu formant sa colonae , mais l’une derrière l’autre, soit par douze rangs de front, chaque rang assigné à une tribu. À mesure qu'ils avançoient, un vent sec et brülant séchoit la mer devant eux ; ou pour parler le langage sacré, le vent enlevoit la mer et la faisoit disparoître (41), et 1ls arrivèrent à la troisième veille, dit l'Ecriture : (42) c’est-à-dire, à trois heures du matin, à l’autre bord de la mer dans le désert de Sur, qu’on nomme aujourd’hui Sedur.

Origène a cru que les eaux de la mer se divisèrent non en deux > Mais en douze ouvertures différentes, de sorte que chaque tribu passoit entre deux barrières d’eau, sans voir et sans avoir aucune Communication avec les tribus voisines. Cette Opinion est trés-singulière, et n’a été suivie que de saint Epiphane, de Tostat, de Genebrard et de quelques rabbins. Aussi le savant Théodoret la traitet-il de rabbinisme, et avec raison, vu que le texte sacré (43), à le prendre à la lettre, ne peut et ne doit être entendu que d’un seul passage, que d’un seul chemin ouvert aux enfans d'Israël. Les eaux, dit Ecriture, étoient suspendues, de sorte qu'elles étoient comme un mur à droite et À gauche, ce que Sedulius a mis bien élégamment en trois vers (44).

Pervia divisi patuerunt cærula ponti, In geminum revoluta latus : nudataque tellus Cognatis spoliatur aquis.…..

Origène a pu penser comme il a fait » parce qu'il a trouvé au psaume CXXxy (45) ; que la mer fs séparée en divisions ; ce qui fait à la vérité une équivoque , mais qui ne décide rien » et Qui ne marque pas plus la mer partagée en douze ; que la mer partagée ca deux. Cette division même de la mer

en douze endroits différens a je ne sais quoi qui révolte.

J'ai dit que les Israélites partirent environ vers sept heures du soir. J’ai cru que l'heure de leur arrivée à l’autre bord de la mer étoit comme une époque sûre de l’heure de leur départ. Ils arrivèrent à trois heures du matin ; le texte sacré y est formel (46). Ils avoient cinq ou six lieues À faire d’un bord de la mer à l’autre. [ls avoient grand nombre de bestiaux et beaucoup de bagage. Il leur falloit donc sept à huit heures pour faire le trajet, par conséquent , partir entre six et sept heures du soir. Mais aussi cet espace de temps leur suflisoit. L'armée étoit divisée par rangs, par tribus , par familles ; elle marchoit en ordre ; elle faisoit un front de deux à trois lieues de largeur ; elle avoit un grand jour par le moyen de la lune , qui étoit dans son dix-septième , et par une

colonne de feu , qui suivoit le camp , et qui rem-

plissoit de lumière tout lhorizon. Elle n’avoit pas un seul malade (47) : elle avoit un chemin uni ; ferme, doux , parsemé de plantes vertes ou de plantes pétrifiées. Une armée , dissje , quelque nombreuse qu'elle soit , avec toutes ces circonstances , fait aisémeut cinq à six licues en sept à huit heures. Ne Soyez point surpris, mon révérend père, de ce que j'ai mis que le fond de la mer Rouge est parsemé de plantes vertes et de plantes pétrifiées. J’ai cherché à dire la vérité , et je n’ai point prétendu orner et embellir ma narration par le récit de choses inouies ; et qui toutes fabuleuses qu’elles sont plaisent et diverüssent. D’autres ont dit la même chose avant moi. Salomon (48) le dit , mais en termes généraux. Strabon (49) et Pline vont plus loin , et font une mention particulière de ces arbustes, et de ces pétrifications. Voulez-vous pour le croire des témoins oculaires , je vous en servirai; car j’ai vu à Thouaireq , au sud du golfe, à Tour et au-delà, plusieurs

quoi qui

ron vers 1r'arrivée > époque nt à trois nel (46).

bord de bestiaux C sept à séquent , aussi cet t divisée marchoit is lieues noyen de | par une

jui rem—

voit pas lin uni, e plantes mbreuse fait aiséres. Ne e ce que parsemé cherché orner et inouies , et diverint moi.

Aux. Strane men-

pétrifitémoins Thouailusieurs

de ces plantes, qu’un suc pétrifique endurcit dans la mer Rouge,

Il est temps que je finisse par la dernière circonstance du passage miraculeux des Israélites par la mer Rouge. Pharaon , campé au nord derrière Thouaire et le mont Eutaqua, ne pouvoit voir, sur-tount le jour finissant , que la mer s’étoit ouverte > et que les premières troupes des Israélites défiloient, Ce prince ne songeoit qu'à passer la nuit sous ses tentes pour délasser ses troupes de la fatigue qu’elles avoient eue dans une marche forcée, La nuit survint, et les Israélites étoient déjà avancés , lorsqu’enfin le bruit de tant d'hommes et de tant d'animaux , qui étoient en mouvement , redoubla et se fit entendre au Egyptiens. La première pensée de: Pharaon fut , que ses esclaves saisis de crainte cherchoient y malgré l'heure indue qu'il étoit , à s'éloigner de lui , à fuir et à gagner la croupe du mont Bcelsephon , ou le défilé qui est entre le pied de ce‘mônt'et la mer j etqui aboutit à Suez. C’en fut assez pour déterminer Pharaon à prendre les armes, à se disposer à marcher contre les Israélites , et à les poursuivre par tout où ils iroient, I1 donne ses ordres ;'on les exécute , on se prépare à partir. Mais quelque diligence que pussent faire les Égyptiens, un temps considérable dut s’écouler avant qu'ils fussent prêts. Il falloit atteler six cents chariots, l’'Ecriture sainte (50 spécifie ce nombre. Il falloit que cinquante mille hommes de cavalerie allassent chercher leurs chevaux

ui étoient à paître dans la plaine. IL falloit que Lai cent mille hommes d'infanterie > qui la plüpart étoient endormis ou à se reposer , se rangedssent sous leurs étendards (51) : cela se conçoit-il fait ‘en un moment , ou plutôt ne penche-t-on pas à croire qu'il a fallu y employer un temps considérable ? :

Quoi qu’il en soit, Pharaon part avec ce prodigieux attrail; mais ce prodigieux atürail'est ce qui

344 : LETTRES retarde sa marche. Il approche du rivage de la mer, Mais l'ange du Seigneur qui jusque-là avoit porté à la tête du camp d'Israël la colonne de feu qui l’éclairoit, la transporte à la queue du camp , la met entre les, Israélites ét les Egyptiens ; et par un nouveau prodige , la colonne répand la lumière du côté des sraéhtes qui étoient entrés dans le sein de la mer, et d'épaisses ténèbres du côté de Pharaon et de son armée. Ce prince ne voit plus ni ciel ni terre , il ne,distingue plus le chemin qu'il va prendre ; mais il entend la voix des Israélites ; il se croit en sûreté j allant directement à l'endroit d’où venoit le son de ces voix ; et, sans s'en apercevoir, il se met entre les flots suspendus de la, mer.

Quelques interprètes de l’Ecriture sainte ont fait sur cela de grands raisonnemens. Etoit-il nécessaire que les Egyptiens vissent leur chemin ? Est-ce qu'en marchant. ils ne sentoient pas que ce terrain n’étoit plus la terre ferme , et qu'ils enfonçoient dans la vase ? Est-ce qu'ils ne sentoient pas l’odeur de la mer? Ainsi ils concluent que toutes les démarches téméraires et :insensées que faisoit Pharaon étoient autant de prodiges que Dieu opéroit pour aveugler de plus en plus les Egyptiens. Je veux croire comme eux qu’effectivement tout cela n’étoit que la suite de l'aveuglement dont Dieu avoit frappé ce prince ; (92) mais cela ne m'empèchera pas de dire que la chose néanmoins pouvoir arriver naturellement , puisque, le lit de la mer Rougè est un sable semblable à celui de la plaine de Bedé , sans vase , sans limon, et quiestirempli d'herbes et de plantes. J’ai examiné le. fait, attentivement et à loisir ,:au levant, au couchant, à l'endroit même où les Israélites traversèrent la mer , au sud.de cette traverse , près de Gorondel, etau nord dans l’anse de Suez. Partout j'ai vu un tetrain sablonneux parsemé d’herbes , et ne différant en, rien: du terrain .des déserts d’alentour. La vérité

la mer.

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étentre ouveau ôté des la mer, de son rre , 11 >; mais sûreté , son de t entre

ont fait CeSsaire e qu’en | n’étoit dans la r de la narches étoient veugler comme a suite )rince ; que la ment, nblable limon, «aminé

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vérité

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 345 est que les Egyptiens continuèrent à marcher jusqu’à la quatrième veille , dit le texte sacré (53), c’està-dire , jusqu’à trois heures passées du matin, En ce temps-là les Hébreux partageoient la nuit en quatre veilles | comme ont fait les Romains > et la nuit étoit de douze heures aux équinoxes. Les Israélites étoient sur le rivage de la mer , avant que la troisième veille fût finie, selon l’Exode (54). Le ciel qui jusqu'alors ne s’étoit déclaré contre Pharaon que par d'épaisses ténèbres, dissipe ces ténèbres, ouvre les trésors de sa colère (55); du sein de la colonne miraculeuse sortent des feux , des éclairs, des tonnerres , des vents impétueux , qui renversent les chariots des Egyptiens , et les brisent, Dieu porte dans toute l’armée de Pharaon, et l’effroi et la mort,

Le jour commence à paroître. Pharaon consterné voit les flots de la mer suspendus , et qui, à droite et à gauche , environnent son armée. Il ne trouve plus de salut pour lui que dans une prompte retraite ; tous s'écrient: fuyons , fuyons Israël (56) ; Ze Ser-

neur combat pour lui, et il est contre nous : mais il n'étoit plus temps; les iniquités de l'Egypte étoient montées à leur comble, Le Seigneur souverainement irrité ne met plus de bornes à sa justice, Il condamne le persécuteur de son peuple choisi et innocent à périr. Il commande à Moïse d’étendre la main sur les flots : Moïse l’étend ; les flots s’abaissent , se réunissent et reprennent leur situation naturelle (57) ; Pharaon est enseveli dans les eaux , et toutes ses troupes périssent avec lui. Les lsraélites voyoient du rivage ce spectacle étonnant. La mer étoit couverte des débris des chariots ; les corps d'hommes et de chevaux flottoient au gré des vagues, et étoient portés jusqu'aux pieds des [sraélites. À cette vne : ils fürent pénétrés des sentimens les plus vifs d’une parfaite reconnoissance ; ils ne songèrent plus qu’à bénir le Dieu d'Israël, et qu'à lui rendre mille actions

de grâces d’avoir mis fin par ses miséricordes au dur esclavage dans lequel ils gémissoient depuis tant d'années. Alors hommes et femmes entonnèrent ce beau cantique , ce cantique digne de (58) l'immortalité : Cantons des hymnes au Seigneur , parce qu'il a fait éclater sa gloire ; il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.

Comme j'ai fait le voyage depuis le lieu où abordérent les Israélites après avoir passé la mer, jusqu’au mont Sinaï, je veux dire , depuis le désert Sur ou Etham si vous voulez : car en hébreu Etham est un nom générique , qu'on donne à tout désert rude , âpre , pierreux , et c’est pour cela que Ramilié s’appeloit aussi Etham. Sur (aujourd’hui Sedur), et Ramlié, PEtham dont il est tant parlé dans l’Ecriture sainte , sont donc deux déserts distingués , l’un en-deçà de la mer Rouge du côté de l'Egypte, et l’autre au-delà du côté de Sinaï. Comme j'ai fait, dis-je, le voyage depuis Sur jusqu'aux sources de Gorondel , j'espère avant qu'il soit peu en donner une relation exacte et fidèle, Vous y verrez que malgré le changement des noms, on reconnoît que Gorondel est le Mara de la route des Israélites ; que les sources et les palmiers de Tour sont Elim; que le vallon Selé est Sin ; que le vallon des quarante martyrs est Raphidim. Peut-être même que cette seconde dissertation pourra être de quelque utilité au public.

Il n’est point de système qui n’ait ses difficultés, et contre lequel on ne puisse faire quelques objections. Je ne serai donc point surpris, simon système du passage des Hébreux dans la mer a le même sort que les autres, tout fondé qu’il est sur le texte sacré et sur la situation des lieux , qui sont sans contredit les deux seuls fondemens, sur lesquels il faut bâtir un système tel qu'est celui-ci, Je préviens de moimême trois de ces objections, qui outre qu'elles me paroissent renfermer quelque difficulté apparente,

s au dur uis tant érent ce ’immor-

» parce dans la

ù aborjusqu’au | Sur ou n est un t rude , | s'appe- Ramlié, > sainte , -deçà de au-delà » voyage très n exacte igement le Mara s et les Selé est phidim.

1 pourra

licultés, s objecsystème ‘me sort te sacré ontredit ut bâtir de moiqu'elles parente,

ÉDIFIANTES ET CURIEUSFS. 347

me donneront occasion de développer certaines choses , que je n’ai ja insérer dans ma dissertation.

Je commence par les paroles du psaume Lxxvir, qui semble dire k contraire de ce que j'ai avancé. David étoit assurément bien instruit de ce qui s’étoit passé en Egypte , et de qu manière le Seigneur avoit retiré son peuple des mains de Pharaon. Cependant David dit jusqu’à deux fois dans le psaume iXXVH , que la plaine de Tanis (59) fut le théâtre des merveilles opérées en Egypte par la main de Moïse. Il ne parle que de Tanis ; il ne dit pas un mot de Membhs. donc c’est de la plaine de Tanis que les Israélites sont parti: pour & rendre à la mer Rouge.

Je réponds , que pour peu qu'on ait lu les psaumes, on à dû y remarquer , que toutes les fois que le Prophète-Roi fait le détail des faveurs dont Dien avoit comblé les enfans d'Israël , par exemple , au psaume CIV et au psaume Cv (60), il dit la mème chose , et dans les mêmes termes , de la terre de Cham qu'il a dite de Tanis. Dans le langage de David, Tanis, Cham et Egypte étoient comme autant de termes synonymes, qu'il employoit indifféremment. Que s’il fait une mention plus particulière de Tanis, c’est parce que cette ville étoit plus connue des Hébreux que toutes les autres villes considérables de la Basse-Egypte , n’étant pes fort éloignée de la Palestine : c'est parce que ces vastes plaines, qui s’étendoient depuis Tanis jusqu’à Héliopolis dans la terre de Gessen , aujourd’hui laprovince de Charquié , se nommoïient la campagne de Tanis. Or les Isruélites , quoique répandus en différentes provinces de l'Egypte , avoient surtout et de tout temps occupé la terre de Gessen. Faut-il donc s'étonner , si Dieu par une protection spéciale voulant conserver son peuple , lors même qu'il désoloit l'Egypte par tant de fléaux différens, en préserva la campagne de Gessen , et ces vastes plaines de

Tanis ; et si David ayant à mettre devant les yeux des Israélites ces miracles opérés en leur faveur , leur parle de la campagne de Tanis ?

Peut-être me saura-t-on gré de marquer à cette occasion , où étoit cette fameuse ville de Tanis. Elle étoit à une journée sud-ouest de Peluse. On. en voit encore les ruines au hord du lac Manzalé. Les Hébreux du temps du roi Sedecias , contre les ordres de Dieu , revinrent à Tanis chercher un asile contre les maux dont ils se croyoient menacés par le roi de Babylone. Le prophète Jérémie y fut lapidé et enterré. J'ajoute que du temps de David les rois d'Egypte tenoient leussiége à Tanis; ce qui faisoit que Tanis étoit si renommé en ces siècles-là , et si connu des peuples voisins de l'Egypte , et surtout des Hébreux. | .… La seconde objection est, qu’en faisant traverser aux Israélites la mer Rouge d’un bord à l’autre, on leur fait faire un long chemin sans nécessité ,

et qu'on s'engage par-là dans plusieurs difficultés ,

lesquelles on évite en: disant que les Israélites ne firent point entièrement la traversée , mais seulement un assez long circuit dans le sein de la mer entre les flots séparés et suspendus de part et d'autre , pour contenir les troupes de Pharaonet les submerger, pendant que les Israélites avoient regagué le rivage du même côté dont ils étoient partis. Tostat, Genebrard, Grotius , le chevalier Marsham et quelques rabbins ont embrassé cette opinion , fondés sur ce que la mer est trop large en cet endroit , pour la traverser en aussi peu de temps qu'eurent les [sraélites; et sur ce que le texte sacré ajoute (61), qu’après leur marche dans la mer, ils se trouvèrent dans le désert d’Etham.

Je réponds à ces trois raisons l’une après l’autre, et J'espère faire voir que c’est faute de connoître la situation du pays dont il s’agit, qu'on les a appor-

les yeux faveur ,

à cette nis. Elle -en voit alé. Les ntre les ‘un asile acés par it lapidé les rois u faisoit à, et si surtout

raverser l’autre , cessité ,

cultés , .

lites ne 1lement Tr entre l’autre , merger, rivage .Geneuelques sur ce pour la s [sraéu’après dans le

l’autre , nnoiître

appor-

ÉDIFIANTÉS ET CURIEUSES. 349 tées » Ces raisons. En effet , tous les auteurs qui ont écrit sur cette matière , ne connoissent la plaine de Bedé , la mer Rouge , les déserts d'Etham * et le reste, que par les cartes , par les relations » et par le témoignage de quelques Arabes. De pareils guides ne sont point à suivre : et Toast, ce savant homme, auroit pu se défier de ceux qui assuroient que les ornières des chariots de Pharaon paroissoient encore sur le sable , et regarder cela comme une fable : ou plutôt comme un petit conte fait à plaisir.

Souvent un voyageur n’a ni le temps , ni l’habileté nécessaire pour examiner les choses par soimême , et pour les décrire exactement, Je veux qu'il ne remplisse point son voyage de mensonges et de faits inventés à plaisir, qu’il se soit borné à dire ce qu'il a vu: il est toujours vrai qu'un voyageur , qui n’a point d'autre but aue celui de voyager, parcourt tout Luperficielleme… , et qu’il se trompe presque à chaque pas, quand il en vient à de certains détails , qui demandent de la capacité et de l'exactitude. Les géographes cependant n’ont point d’autres lumières , que celles qu'ils ont puisées dans de pareilles relations. Non que je prétende blâmer et critiquer en général tous les vo ages qu'on a donnés au public. Ïl y en a qui oil été d’une grande utilité, qui sont parfäitement bien écrits : qui sont remplis de découvertes heureuses, de remarques savantes , sûres ,'et sur lesquelles on peut compter ; mais je n’en ai point vu de ce caractère par rapport à cette partie de la Basse-Egypte , qui fait le sujet de cette dissertation.

Je réponds donc 1.° que la mer, dans l'endroit où les Israélites la passèrent , n’a point cette largeur , que les auteurs que j'ai cités lui supposent , et que l'on voit représentée dans presque toutes les cartes de géographie. Sa largeur n’est I que de cinq à six lieues tout au plus. Les yeux seuls sufliroient

our en décider. Mais je ne me suis point contenté de cette preuve; je n’ai rien négligé pour me mettre au fait, et pour ne rien avancer à la légère. 2.0 J'avoue que la nuit auroit été trop courte pour traverser ces cinq à six lieues de la mer , si effecuvement les Israélites avoient laissé passer les deux premières veilles de la nuit à attendre l'effet de ce vent chaud , qui devoit sécher le fond boueux de la mer , et si les deux armées n’avoient commencé à défiler qu’à la troisième veille. Mais si les Israélites sont partis dès la première veille, vers les sept heures du soir , la nuit aura suffi, comme je l'ai fait voir ci- dessus fort au long. Ainsi l’objecuon ne roulera plus que sur une pure supposition , qui est ou fausse ou faite sans fondement , savoir , sur un fond boueux qu’il falloit laisser sécher. Or j'ai déjà dit, que le fond de la mer Rouge n'a point de vase , qu’il est sablonneux , et à peu près comme le terrain de la plaine de Bedé : et de plus Dieu qui avoit ouvert un chemin à son peuple au milieu flots , qu'il tenoit suspendus à droite et à gauche, ne pouvoit-il pas sécher en un moment, et non pas en six heures , le limon, et le faire disparoître par le secours d’un vent violent et brûlant, qui dura toute la nuit? Igbjection est d’ailleurs sans fondement. Le texte sacré a-t-il marqué quelque part, que les Israélites, à la vue de ce chemin tracé dans le sein de le mer , attendirent six heures entières , jusqu'à ce que le fond de la mer füt séché? A-t-il fixé leur départ à la troisième veille ? Non; au contraire, il dit

ue la mer s’ouvrit, et que les enfans d'Israël marchèrent (62), puisque rien ne les arrêtoit que cette boue

rétendue et imaginaire. J’ai donc eu raison de les faire partir à la première veille de la nuit, et de dire qu'ils avoient eu plus de temps qu’il ne leur en falloit, pour faire pendant la nuit un trajet de cinq à six lieues, 3.° En vérité, je ne vois pas comment

int coni-

pour me a légère.

irte pour 1 effectiles deux Yet de ce eux de la imencé à Israélites les sept je l'ai fait ‘ction ne , qui est , Sur un j'ai déjà de vase, e le ter- Dieu qui lieu de uche, ne n pas en re par le ura toute ndement.

, que les ns le sein , jusqu'à | fixé leur ire, 1l dit | marchèette boue on de les it, et de e leur en t de cinq comment

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 351 d'hebiles gens ont pu conclure que les Israélites n’avoient fait qu'un circuit dans la mer > parce que l'Ecriture (63) dit qu’an : ::tir de la mer » ils marchèrent dans le désert & ‘40m > Etham étant un mot générique , qui signifie tout désert rude et sablonneux. La seule conclusion qu'on peut tirer des paroles du texte sacré, est que le peuple de Dieu , sortant de la mer > entra dans un désert sablonneux : mais ce désert étoit-il du côté de l'Arabie, ou étoit-il du côté de l'Egypte ? C’est ce que le texte sacré ne dit point; par conséquent leur preuve est nulle, et ne roule que sur l’équivoque du mot d'Etham.

À montour, j'aurois une objection bien plus forte

à faire contre un pareil système, Car, je demande: où cette route circulaire dans la mer a-t-elle abouti , supposé que les Israélites soient rentrés dans l'Egypte ? Est-ce au pied du mont Eutaque ? Est-ce proche Suez ? L'un et l’autre ne paroît impossible, et hors de vraisemblance , et le paroïtra à quiconque saura la carte du pays. Ce ne peut être au pied du mont Eutaqua. Cette montagne est fort élevée et fort escarpée ; l’espace qui est entre le pied de cette montagne et la mer est si étroit, qu’on auroit peine à placer deux régimens , et l’armée d'Israël étoit de plus de deux millions d'hommes. Ce ne peut étre aussi à la plaine de Suez ; car il faudroit que ce cercle fait dans la mer, eût été de huit à neuf lieues de long. C’est un fait incontestable que , par ce détour, il ÿ auroit eu cette distance du mont Eutaqua à Suez. Mais outre que ce système allonge sans nécessité la

route des Israélites dans la mer de près de quatre

lieues , en les faisant aboutir à Suez, il les éloigne du mont Sinaï, il les expose à retomber entre les mains des Egyptiens. Au lieu que mon système leur faisant traverser le golfe d’un bord à l’autre ils n’ont que cinq à six lieues à faire; ils entrent dans l’Arabie-

Pétrée ; ils s’'approchent du mont Sinaï , et'ils n’ont plus rien à craindre de la part des Egyptiens leurs ennemis.

La troisième objection est que , sans recourir à un miracle de la toute-puissance de Dieu , on peut dire que le passage des Hébreux dans la mer Rouge est arrivé naturellement ; qu: Moïse a fait passer son armée lorsque la mer s’étoit retirée, et que l’armée de Pharaon fut surprise et submergée par la mer qui remontoit. Comme cette objection a été faite non-seulement par des hérétiques , ou par des personnes qui font gloire d’avoir peu de religion, mais encore par des catholiques qui ont de l'érudition et un fonds de christianisme , je répondrai séparément aux uns et aux autres.

Un hérétique et un libertin conviennent en cela, que tout ce qui combat la religion, leur plaît; et quelque foible que soit une chose avancée au hasard par les rabbins , ou par un ou deux auteurs profanes, elle est toujours forte à leur égard, pourvu qu'elle soit impie, et contraire à la parole de Dieu : mais ils se piquent d’avoir du bon sens, et ils se glorifient d’être les premiers à se rendre, quand on veut bien les payer de raison. Je leur réponds donc par un raisonnement bien simple, et qui est à la portée de tout le morde. Un effet sensible qui est vu par des millions d'hommes pendant le cours de leur vie , tous les jours , à de certaines heures réglées, ne peut être inconnu. Le flux et reflux de la mer Rouge, à l’extrémité du golfe proche Suez, étoit tel ; donc il n’a pu être inconnu , et pour le jour et pour l'heure, à tous les Egyptiens, qui demeuroient le long des bords de la mer. Sur les côtes de France, d’Angleterre, de Hollande, il n’y a pas un enfant qui ne sache, par cette raison , à quelle heure la mer monte, et à quelle heure elle refoule. Cela supposé, pour soutenir que, dans le passage des Israélites , il n’y.a

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 353 rien de surnaturel, et Pour rapporter le tout au seul Moïse , et que Pharaon t, il faut dire, ou que e soldats de l’ar:née de e seule Personne à qui S Pussent interroger , ou

cette précaution, et qu’ils se sont engagés à

gyptien et son S alloient s’exposer, et de ce urdités u à un

marée , sans de la cava- > en général, est

forte raison > dans L2 , L) L] ? P l = e cas dont il s'agit. Pourquoi : arce que la mer,

à l'extrémité du golfe, n'ayant que deux lieues d’un bord à l’autre, et la mer ne se retirant tout au plus qu’à une lieue du bord sil s’

n'a qu'une lieue de ] Qu'on fasse à présent ma dans cet es

aussement que la mer met :

Quoique les catholiq

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