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réditaire de diriger ces fours : le reste des Egyptiens l'ignorent entièrement : si l’on en veut savoir la raison, la voici. .
On ne travaille à l'opération des fours que durant les six mois d'automne et d'hiver, les autres saisons du printemps et de l'été étant trop chaudes ,et contraires à ce travail. Lors donc que l’automne approche, on voit trois ou quatre cents Berméens quitter les lienx où ils se sont établis et se mettre en Chemin pour aller prendre la direction des fours à poulets, construits en différens bourgs de ce royaume, Ils y sont nécessairement employés, parce qu’ils sont les seuls qui aient l'intelligence de cetart, Soitqu'ils le tiennent secret, soit que nul autre Egyptien ne veuille se donner la peine de l'apprendre et de l'exercer,
Les directeurs des fours À poulets sont nourris par l'entrepreneur. Ils ont Pour gages 40 ou 5o écus; ils sont obligés de faire le choix des œufs qu’on leur met entre les mains pour ne conserver que ceux qu’ils croient pouvoir réussir ; ils s'engagent de plus à veiller jour et nuit, Pour remuer continuellement les œufs, et entretenir le degré de chaleur convenable à cette opération : car le trop de froid ou de chaud, si petit qu’il soit, la fait manquer.
Malgré toute la vigilance et l’industrie du directeur, il ne se peut pas faire, que dans ce grand nombre d'œufs entassés les uns sur les autres dans le fourneau , il n’y en ait plusieurs qui ne viennent pas à bien; mais l’habile directeur sait profiter de sa perte, car alors 1l ramasse les jaunes d'œufs inutiles, et en nourrit plusieurs centaines de poulets, qu’il élève, et qu'il engraisse dans un lieu séparé et fait exprès : sont-ils devenus gros et forts, il les vend le plus cher qu'il peut, et la vente étant faite, il en partage fide. lement le profit avec l'entrepreneur, On demandera comment il se peut faire, que l'on puisse assembler
Egyptiens
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 43t
dans chaque fourneau une si prodigieuse quantité d'œufs. Le moyen en est facile. Chaque fourneau a vingt ou vingt-cinq villages qui lui sont attachés en particulier.lbes paysans de ces villages sont obligés, par ordre d bacha et du tribunal supérieur de la justice, de porter tous leurs œufs au fourneau qui leur est assigné, et il leur est défendu de les porter ailleurs , ou de les vendre à qui que ce soit, sinon au seigneur du lieu ou aux habitans des villages quisont du même district; par ce moyen il est facile de comprendre que les fourneaux ne peuvent manquer d'ouvrage.
Les seigneurs des lieux tronvent ici le secret, comme on le trouve ailleurs, d'établir certains droits à leur profit. Ceux-ci retirent tous les ans, des fourneaux dont ils sont seigneurs, quinze ou vingt mille
oussins. Pour les élever sans qu'il leur en coûte rien, ils les distribuent chez tous les habitans de leur seigneurie , aux clauses et conditions de moitié profit de part et d'autre, c’est-à-dire, que le villageois qui a reçu de son seigneur quatre cents poussins, est obligé de jui rendre &eux cents poulets, ou en nature, ouen argent, valeur de deux médins pour chaque poulet; les autres deux cents poulets appartiennent au villageois. L’aga du bourg de Bermé, dont nous avons dit que les habitans étoient les seuls instruits dans l’art de diriger les fours à poulets ; cet aga, dis-je, s’est aussi établi un petit droit particulier sur eux; car s’ils veulent sortir de Bermé pendantles six mois du printemps et de l'été, pendant lesquels ils n’ont point de travail, l'aga ne leur donne point de permission de quitter leur pays, qu’ils ne lui payent auparavant huit ou dix piastres. Or pendant ces six mois il y à toujours trois ou quatre cents Berméens, ui vont ailleurs gagner ieur vie; c’est un profit considérable pour l’aga.
La génération des poulets, dont nous venons de
encore les oiseaux.
qu’ils n’en doutoient pas, ne mettroit aucun obstacl
en faire l'expérience.
eaux du Nil, et engraissée traine etqu’il répand sur les tum, dit Virgile,
nom de la terre de dont David s’est servi dans
si leur art réussiroit en F
à y aller construire des fo
nom de la terre de Mitsraïm,
LETTRES parler, n’étoit point inconrue à Pline dans son Histoire naturelle (Lav. x, ch.
1, n.° 74.) Diodore de Sicile loue aussi l'industrie et la coutume des Egyptiens qui ont cret de faire éclore, non-seulement les
e au succès
tion, C’est à nos Français curieux à France quelqu'un de nos directeurs de
; illen parle 55, — Liv,
frouvé le se-
ulets , mais J'ai demandé à nos directeurs des fours à poulets, rance; ils m'ont répondu et qu'ils s’offroient même
urs pareils aux leurs, et de les diriger de manière que la différence du climat
de leur opérafaire venir en Bermé, pour
mm DISCOURS SUR L'ÉGYPTE, Par le père Sicard, de la Compagnie de Jésus.
SATA EAEALAE A A EAAAUUS . CHAPITRE PREMIER.
Noms et situation de l'Egypte.
L'Ecvvr est appelée par les Grecs, tantôt Aigup: 405 , tantôt Potamitis , tantôt Melembolis; qui marquent l'avantage qu'elle a d’être a
tous noms rrosée des !
par le sable noir qu'il enterres. £7 vzridem Egyp-'
ses
nigré fœcundat arend. Presque tous les autres peuples anciens l'ont connue sous le
Cham, fils de Noé, expression psaumes ; ou sous le fils ou descendant de
Cham,
terra à l’es Lybi Sa racte de ci c'est lam Cair Thèl lieuc S:
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 433 Cham, qui s’y établit. De là le Cham des Coptes, le Chemia de Plutarque , le Masser des Arabes.
La situation de l’Egypte est entre la mer Méditerranée au nord, l’isthme de Suez et la mer Rouge à l’est, la Nubie au sud, les déserts de Barca et la Lybie à l’ouest.
Sa longueur nord-sud, depuis la dernière cataracte de la Nubie jusqu’à la mer Méditerranée , est de cinq milletrois cents stades, selon Strabon (liv. 17), c’est-à-dire, de deux cent douze lieues; savoir : de la mer Méditerranée au Caire, trente-cingq lieues ; du Caire à Thèbes, cent trente-cinq lieues; et de Thèbes à la dernière cataracte , quarante - deux lieues. |
Sa largeur n’est pas égale. Elle n’est tout au plus que de vingt à vingt-six lieues depuis la dernière cataracte jusqu’au Caire. On pourroit même , à la rigueur , dire qu'elle n’est que de cinq ou SIX lieues, puisqu'il n’y a de terrain culüvé que de cette largeur : car c’est une longue vallée , bordée d’une double chaîne de montagnes, est, ouest, traversée par le Nil ; hors cette laggeur, le reste est un terrain qui, de tout temps , a êté inculte et désert. Mais depuis le Caire, en tirant au nord, jusqu’à la mer Méditerranée , l'Egypte s’élargit toujours; de sorte que sa base , le long de la mer , s’étend de Kan-Jounès, autrefois Inissus, dernière ville du royaume à l’ouest, jusqu'aux côtes de la Lybie, par delà Alexandrie , et est de près de cent lieues.
AUALALALLLELALITELALUTLEELETILLLUTALLIIELTEULLIE LITLALILILLLLLELILELILLLLLS CHAPITRE Il.
Son gouvernement.
Toner , de la race des Mamelnes, est le dernier
soudan-qu’il y ait eu en Egypte. Selim , empereur - Fe LIL, 20
des "Turcs, la conquit l'an 1517 , et elle est demeurée sous la domination du Grand-Scigneur , qui ya un pacha , vingt-quatre beys > €t sept corps de milice, Quoique le pacha soit comme le chef du gouvernement , il ne pent cependant rien entreprendre de considérable , que de l'avis et du consentement des beys et des autres officiers. Le pacha a coutume d’entrer en fonctions au mois 407 , c’est-à-dire > AU mois de septembre, qui est le premier mois de l’année selon les Coptes. Le sultan lui envoie tous les ans , vers ce temps-là , ou une confirmation dans sa charge , ou l’ordre de sa déposition. Ordinairement le pacha est trois ans en charge ; mais il arrive quelquefois qu’on prévient ce lemps, et qu’on en met ur autre à sa place : il n’y a rien de réglé là-dessus, Le château du Caire sert de palais au pacha. I] ÿ tient trois fois la semaine , le dimanche » le mardi, le jeudi, le divan, c’est-à-dire » le conseil-général, qui est composé des beys et des agas cles sept corps de milice, Les beys, autrement nommés SAngiacs , sont les lieutenans du pacha. I] doit ÿ en avoir vingtquatre ; mais il arrive rarement ue le nombre soit complet. Deux choses contribulit à ce désordre. La première est que les beys sont au choix et à la nomination du pacha ; l’autre est qu'il ÿ a par an , sur le trésor royal, une certaine somme assignée pour payer les appointemens des beys. Qu'un bey Vienne donc à mourir > OU que par quelqu’autre accident il y ait une place vacante, le pacha ne manque point de chercher quelque prétexte pour différer de nommer un nouveau beÿ , parce qu’il est le seul qui profite de ce qui reviendroit par jour , à celni qui sera revêtu de cette dignité. Or ce profit est considérable pour un pacha , un beÿ ayant par jour cinq centsaspres: deux aspres valentun medin, un inedin est un souet demi de notre monnaie ; ainsi un bey. a par
jour trois cent soixante-dix sous, qui font près de
emeurée Lyaun milice.
souverndie de ent des ne d’enau mois l’année es ans, lans sa rement e quelmet ur SSUS, ha. Il y mardi , inéral , t corps glacs > vingtre soit ordre.
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dix-neuf livres. Je ne parle que des appointemens ordinaires : car , lorsqu'un bey fait un voyage pour le service de l’état , il a par jou: mille aspres, qui font trente-sept livres dix sous.
Le pacha, après avoir différé autant qu’il a pu, de remplir la place vacante d’un bey , examine la liste de ceux qui demandent cette dignité. Plus lenombre des aspirans est grand, plus il exige une grosse somme de celui à qui il donne la préférence. Pour lordinaire le pacha en reçoit vingt ou vingt-cinq bourses , et chaque bourse est de cinq cents écus.
\/on peut dire la même chose des officiers des troupes , que du pacha; car le Grand-Seigneur leur fait remettre de quoi entretenir en Egypte vingt mille hommes d'infanterie. Mais les officiers, pour profiter de la solde destinée aux soldats, font sibien, qu'il n’y a jamais sur pied iout au plus que la moitié de ces troupes-là. |
Toute l'infanterie , qui consiste en douze mille janissaires, et en huit mille azaps, est en garnison dans le château et dans la ville du Caire. La cavalérie, qui est composée de cinq corps de troupes différentes, savoir, de jumellis, de tufekgis, de cheraksas ; de metefarracas et de chiaoux, est dispersée de côté et d’autre. Les metefarracas ont la garde de tous les châteaux , excepté de celui du Caire. Ils sont à Alexandrie , à Rosette , à Damiette , à Thiné, à Suez , etc. Les tufekgis , les jumellis et les cheraksas , sont dans toute l'Égypte, à la suite des cachefs ou gouverneurs des provinces. Pour ce qui est des chiaoux , ils n’ont aucune demeure fixe ; leur emploi est d’être continuellement à cheval , pour découvrir ce qui est tombé aux parties casuelles, et pour veiller aux autres revenus semblables du Grand-Seigneur.
L'Egypte est partagée en dix-sept gouvernemens ,
Oo . L treize grands et quatre petits. Les grands cachefliks ,
c'est-à-dire, gouvernemens , sont Achemonain ,
Athfihe, Beheiré , Behenessé, Calioubié, Chariquié, Dequahalie , le Faïom , Garbié , Girgé, Gisé, Manfelouth, Menoufié. Les petits gouvernemens sont ceux d’Assoüan , d'Ebrim , d'Elouah et de Terrané, Outre les gouverneurs, les bourgs et les villages ont leurs seigneurs particuliers , qu'on nomme /"e/tezems, Ces seigneurs , aussi bien que les gouverneurs, sont obligés de suivre en tout les décisions du divan du Caire,
Les gouverneurs ne sont en place que l’espace d’un an. Le pacha en nomme de nouveaux chaque mois de septembre , qui est le commencement de l’année coptique. La manière d'installer les nouveaux gouverneurs est différente, C’est le pacha lui-même qui installe les treize gouverneurs des grands gouvernemens. Toute la cérémonie consiste à les revêtir d’un cafetan , qui est une veste particulière , et à leur assigner une garde de cavalerie, qui est plus ou moins forte ,» Selon l’étendue du gouveérnement. Les gouverneurs des quatre petits gouvernemens ne Sont point installés par le pacha dans leur charge. Mais celui de Terrané est installé par le gouverneur de Beheiré , et ceux d’Assotian > d'Ebrim, d'Elouah, le sont par le gouverneur de Girgé.
Comme les meltezems sont d’un rang fort mférieur à celui des gouverneurs , on les met en place sans observer aucune cérémonie. Ils ont cependant une grande autorité dans les bourgs ou dans les villages dont ils sont seigneurs. Le désagréable de leur emploi est que si un meltezem meurt sans avoir vendu ou résigné quarante Jours avant sa mort, les terres dont il est seigneur et ses biens sont confisqués. Le pacha les fait vendre à l’encan , et en reçoit l'argent au
profit du Grand-Seigneur.