Du 26. Septembre 1666 (Robinet
On mande que les Holandois Donnant la Risposte aux Anglois Sur le sujet de l'Incendie Des Navires Marchands de Vlie ,
53 Les ont fait chauffer, à leur tour, A bon Feu des leurs, vers Hambourg, Et que telle y fut l'épouvante De cette Camisade ardante , Qui mettoit l'effroy dans le Sein ,
60 Qu'on sonna par tout le Tocsin Avec les Cloches , les Trompettes , Les Tambours & les Escopettes , Les Hambourgois, lors fort peureux, Craignans que ce Feu, proche d'eux,
65 Poussé des Ministres d'EoLE , N'y vinst aussi jouer son Rôle.
Mais, n'en déplaise aux deux Partis, Ils seront par nous avertis Que ces hostilitez nouvelles
70 Ne sont & ni bonnes ni belles ; Que , comme l'Adage le dit , Ce n'est que perte sans profit , Et qu'en généreux Militaires , Laissans ces trais d'Incendiaires,
75 Ils devroyent , selon nos souhais , Bien faire ou la Guerre , ou la Paix.
Mais je dois, à propos de Guerre, Puis -qu'on vient de ce nous requerre, Dire un petit mot en ce Lieu Du sieur Chevalier de Groslieu Et de sa bravoure admirable , Ou, pour mieux dire, incomparable; Et , certes , discourir du Los D'un si magnanime Héros , C'est, par cet Encens légitime.
Faire honneur même à nôtre Rime.
Etant donc sur un Bâtiment Qui n'étoit monté seulement [mes , Que d'environ quatre-vingts Hom- Compris sept braves Gentils-hom- Dont à côté voici les Noms , [mes Et de dix ou douze Canons , Il revenoit , assez bel erre , Dit-on , des Côtes d' Angleterre , Avec quatre Vaisseaux Marchands Qu'il avoit pris malgré leurs dents , Lors qu'il se veid à quatre toises Prés de deux Frégates Angloises , Qui venoyent pour le défroquer, Et qu'il lui fallut ataquer.
Ensuite , il en trouva trois autres
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iCheiers de uvais, )trel, [ iresay, l onville emor, idefer tde
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Que montoyent de très-bons Apôtres, Avec lesquelles derechef Il se bâtit, en vaillant Chef,
105 Durant trois heures toutes pleines, Et même occit quatre douzaines Des Assaillans , dedans le Bord Du Paradoxe & de I'Oxford.
Mais , après telle résistance ,
I loNe lui restant pour sa défence
Qu'environ dix-sept Hommes sains, Capables de jouer des mains , Il fut tué , couvert de gloire , Disputant toujours la Victoire
115 Et, bref, s'empêchant d'être pris.
Pour en ravir le plus beau Prix.
Cloton , qui n'épargne personne Et sans cesse par tout moissonne , Sans égard d'âge ou de beauté ,
1 20 Ni de rang , ni de qualité , Bravant la plus haute Fortune , A Louise Anne de Béthune , Jeune Princesse d'EpiNOY, A fait resentir son Efroy,
125 Au tiers mois d'une Grossesse Dont son Epous , avec liesse , S'attendoit de voir en son Jour Le second Fruit de son Amour.
Ainsi donc cette Mort amére ,
130 Lui ravissant Enfant & Mère, L'afflige certe doublement, Et ce douloureux sentiment , Dont presque lui-même trépasse , En la Maison des Charots passe
135 Et la met toute en desarroy.
Je pense que l'on sçait pourquoy , Car elle étoit Fille du Comte De qui chacun fait tant de compte, Et qui sert avec tant d'ardeur,
140 D'affection , & de candeur
Le Monarque , en sa belle Charge Qu'ici prés je cotte à la marge.
Mais disons enfin que le Deuil De cette Princesse au Cercueil
145 N'a pas sa Maison pour limites.
Et que ses éclatans Mérites , Dont le bruit est fort répandu , L'ont presque par tout étendu.
Ce sont deux des Frégates ennemies.
Depremier
Capitaine
des
Gardes
du Corps
Cette susdite Antropophage ,
lyô. — Du 26. Septembre 1666 (Robinet).
150 Cette Gloton aime-car aage , Vient aussi de lancer son dard A Dom Pierre de Saint Bernard , Feuillant , de qui la Renommée En bien des Lieux estoit semée
155 Pour les Sermons beaux & sçavans Qu'il a fais de trente-huit Avans , Et, comme on me l'asseure mêmes, De pareil nombre de Carêmes.
Tous les Parlemens des François
i6oL'avoyent oui souventes fois, Et de ses Chrétiennes Veilles Admiré les doctes merveilles , Comme celui de Chamberri ; Et son grand Ordre , si fleuri ,
165 A ses Mœurs tout à fait légales Fia les Charges principales.
Enfin , au jour de son Obit, Il en avoit porté l'Habit Plus de cinquante & huit Années ,
170 Et de ses nombreuses Journées Formoit seize lustres bien prés.
Dieu , pour lui , change les Cyprès De la Tombe poudreuse & noire ' Aux chères Palmes de la Gloire.
En leur Convent de Blerencour J'ay sceu que l'on fit , l'autre Jour, La Translation de Saint CÔME,[me, Corps Saint, qu'ils ont receu de Ro- Mais , dedans mon prochain Ecrit , 180 Au long j'en feray le Récit.
Nôtre grande Mademoiselle , Qui fait voir l'air d'une Immortelle Et digne du Sang des Héros , A quité ses Palais ruraux , 185 Et cette auguste & noble Fille En nôtre Cour maintenant brille.
On y void aussi de retour Un jeune Miracle d'AMOUR , Et qui , sans excez de louange , ,90 Possède tout l'esprit d'un Ange.
O que vôtre Bon-heur est plein , Digne Régente du Dauphin , D'estre encor la Mère charmante Toussi] y)q cette merveilleuse Infante ! Ce bel Enfant, qu'on nomme
[Amour,
[M"«de
Furette par tout , Nuit & Jour ; Il n'est aucun coin sur la Terre Où ce Dieu ne fasse la guerre :
Les Scytes même & les Lapons , 200 Au milieu de leurs froids Glaçons, Tant les Nobles que les Canailles , Sentent des Feux dans leurs Entrail- Que toutes les Eaux de la Mer [les N'ont pas le pouvoir d'étoufer.
205 Dedans une ville fameuse ,
Qui n'est pas fort loin de la Meuse , Il a produit I'Evénement Qu'ici j'écris fidellement.
Ungros Alemand, pourtant Comte, 210 Dont Illec on fait quelque compte , Ayant , parmi nombre d'Enfans , Une Fille aux yeux triomphans , Un brave & riche Gentil-homme , Du beau Feu qui les cœurs consom- Par Elle se sent embraser [me ,
Et fait dessein de l'épouser.
Le Comte approuve sa recherche , D'autant plus volontiers qu'il cher- Un Moyen de la marier, [che S'il peut , sans Bource deslier.
N'ayant pas trop de sa finance Pour entretenir sa dépense.
Là dessus , il part , un beau Jour, A dessein de se rendre en Cour 225 Et d'y faire honneste Figure Dans la présente Conjoncture De I'Hymen de son Empereur , Et , là , joue avecque tant d'heur Que du Jeu , comme d'une Source , 230 II coule bien-tôt dans sa Bource Jusqu'à cent mille bons Ecus.
• Or, possédant un tel Quibus , Et sçachant que la Destinée D'Ignace éloigne l'Hyménée , 235 II part en poste de la Cour
Pour aller chez lui faire un tour.
D'abord , il déclare à sa Fille , Lui montrant le métal qui brille , Qu'il a dequoi la bien doter 240 Et , partant , qu'elle doit quiter Le Gentil-homme qu'elle enflâme , Voulant qu'elle soit grande Dame , Et, bref, qu'un Comte, à cette fin.
Lui donne promtement la main.
Mais, las i coiiime la Damoiselle Avoit d'un réciproque zélé
'9y japoiii.