Du 3. Octobre 1666 (Robinet
70 De Poudres , de Bithume & Laines , Ce sont Pour faire Fulmigations Fumées ( Qui sout dcs Coujurations Pour bar^nir le Fléau céleste Qui par tout se nomme la Peste ) ,
75 On a peine à s'imaginer
Gomment la Flâme ait pu gagner Jusqu'à tant de mille Edifices , Sans avoir eu pour ses Complices Ou des Hommes, ou des Démons.
80 Pour moy, je goûte ces raisons , [re, D'autant plus qu'en certain Memoi- Gontenant cette ardante Histoire , On remarque qu'en même temps On veid des Logis flamboyans
85 En divers Quartiers de la Ville , Selon la métode & le stile De tous les maudits Boute-feux , Que doit punir celuy des Gieux , Sur tout à lors que leur furie
90 Se met dans leur propre Patrie.
Ge sont Rejettons de Néron , Gét Incendiaire félon , Qui de sang froid, sans brin de Bile, Fit par deux fois brûler sa Ville ,
95 Et , faisant d'un si triste Feu Un Feu de liesse & son jeu , Le regardoit tout à son aise Du haut d'une Tour, dans saGhaise.
Il n'en fut pas de mesme Ici :
100 Par un noble & pieux souci , On y veid le Roy Britannique , Le Duc Assisté de son Frère unique , d'York ^jjgj. ^ cheval , nuit & jour.
Dans la Ville & dans le Fau-bourg.
105 Gomme d'un Père de Famille , Son charitable zélé y brille Encor plus que ce Feu fatal, Faisant porter à Withéhal , Où n'alla point sa violence ,
1 10 Ge que Ghacun , en diligence , A pu garentir de meilleur , En consolant , dans ce Mal-heur, Par un aimable & doux langage.
Les Gitoyens de tout étage ,
i!5Et, pourvoyant avecque soin A tout ce qui leur fait besoin , Les cinq jours & cinq nuits que dure Gette déplorable Avanture , Qui , malgré toute inimitié ,
120 Fait au cœur entrer la Pitié.
La Mort , Dame des plus ancien-
[nes.
Toujours & par tout fait des siennes, Gar, premièrement , de Madrid NovissiME l'on nous écrit
125 Que , par une Dysenterie , Elle a fait sentir sa furie Au sieur Marquis de Vélada, Qu'on estimoit grandement là , Estant Ghef du Gonseil de Flandre ,
130 Et qu'ensuite elle s'en vinst prendre Don Alonzo de Gardenas Et vous luy fit passer le pas , Quoy qu'il fust du Gonseil des Indes, Pais du noble Dieu des Brindes.
135 Mais . comme ils avoyent des ans
[vieux , Pires dix mille fois qu'Envieux, Estans quasi Nonogenaires , Ils estoient bien ses Tributaires , Et certe , à prés de nouante ans ,
140 L'Homme & la Femme ont fait leur
[temps.
A bon escient chacun roupille , Et le Gadran avec l'Eguille Leur marque ponctuellement La Retraite du Monument.
145 Mais revenons à la Camarde Qui tout le Genre Humain canarde.
N'aguéres , elle termina Les jours du Seigneur Golonna , Importante & sage Eminence
150 Qu'on a ci-devant vue en France.
A Final , son Non plus ultra , Gette Masque le rencontra , Tout accablé de lassitude De la Traite fâcheuse & rude
135 Qu'il avoit faite sur les pas De cet Objet rempli d'appas , Attendu de I'Impérial Sire ; De manière que , pour l'occire , Elle ne fit que le pousser,
i6oEt l'on le veid ainsi passer.
En son an soixante & sixième , Qui n'estoit pas Vieillesse extrême.
Voilà déjà rafle de trois.
Or I'Ambassadeur des Danois , 165 Le brave Annibal Séestéde , L'autre Jeudy, fut par la Laide