Du 14. Novembre 1666 (Robinet
43 Avec Messieurs les Holandois ; Mais , en Latin comm'en Anglois Ayant pris soin de leur répondre , Il leur a déclaré que Londre Etoit le seul Lieu du Traité
50 Que choisissoit Sa Majesté.
C'est un nouveau Nœud dans la Pièce, Qui trouble toute ma liesse , Et j'en ferois tres-ardamment , Si je pouvois , le Dénouement ,
55 Car j'ay fait des Vœux à centaine Pour cette Paix fort incertaine Et gagé , dans ma passion , Une belle Discrétion Que I'Hyver la verroit conclue.
60 Mais , quand la Réponse j'ay sceue , J'ay dit en moy-mème : « Ergo-glu, »
Et , je pense , très-bien conclu Que mes beauxVœux faits à centaine, Seroyent des Vœux à la Douzaine
65 Et qu'il me fandroit tout de bon Payer cette Discrétion.
Qui m'en fera raison , Princesse ?
J'en laisse Juge Vôtre Altesse.
Mais , à propos de Londre encor,
70 Comme des Gens prenans l'essor Et se voulans donner carrière Disent dessus cette matière Que l'on ne sçauroit désormais La choisir pour traiter de Paix,
75 Et que cette célèbre Ville [tile ,
N'est plus qu'un grand Vague inu- Je veux leur apprendre qu'enfin On va relever son Destin , Car du Blaisois ici l'on mande,
80 Dans une agréable Légende , Que dix-huit cent gros Limosins , Truelle & Marteau dans les mains , Avec Miches & Rabioles , Faisans de gayes caprioles ,
85 Prirent , n'aguére , leur chemm , Vers Calais , par Romorantin , Pour aller travailler à Londre.
C'est dequoy je puis leur répondre Et, bref, que, par maints autres Ports,
90 D'autres Troupes de leurs Consorts Prenoyent aussi la mesme route.
Mais on répliquera , sans doute , Que , si l'on ne touche au Traité Que lors que ladite Cité
95 Ah ! c'en est trop ; je ne me pique
De répliquer à la Réplique ,
Et je dois ici gazéter
Et non , de par Dieu , contester.
Le susdit Britannique Sire , 100 Que sur la Paix le Ciel inspire , A renvoyé tres-galamment (Dont je luy sçai bon gré, vraiement) Nôtre Capitaine la Roche , Plus intrépide qu'une Roche 105 Dans les affreux Combats de Mer, Lequel sceut si bien s'escrimer.
Alors cju'il disputa sa prise Contre Messieurs de la Thamise , Qu'ils crûrent fortement , dit-on , 1 10 Qu'ils s'étoyent saisis d'un Démon.
Nôtre digne Père Alexandre , Dont grâces nous devons tous ren- Prend sa santé si fort à cœur [dre , Que , malgré toute sa langueur,
1 15 II se promené d'importance , Et redonne enfin Audiance.
Or , ce Grand Triple-Couronné , Aimant sur tous le Fils Aîné De nôtre Mère Sainte Eguse ,
120 Lequel si bien s'immortalise, A , ce dit-on , patiamment Et tout à fait obligeamment Ecouté plus d'une grosse heure .
Dedans sa Papale Demeure ,
125 Son brave & sage Ambassadeur , M'. ioDuc Qui d'ailleurs soutient la Grandeur chaulnes De son illustre Caractère D'une si brillante manière Qu'on ne peut mieux servir le Roy,
130 Dedans son honorable Employ.
J'ay sceu d'un Quidam assez sobre Que , le treizième jour d'OcTOBRE , Les Trinitatres-Mathurins , Qui sont quasi des Demi-Saints ,
135 Conduisirent par tout Marseille , Avec liesse nompareille , Soixante Captifs bien comptez , Par eux chez les Turcs racheptez , Même avec beaucoup plus de pom-
140 (Et que Personne ne s'y trompe) [pe Que dans la Ville de Toulon , Où les bons Pères , ce dit-on ,
à Thunis et Algier