BLIGNY
i85. — Du 24. Octobre 1666. — A Madame. — Concert donné par Uranie chez Madame. La princesse joue elle-même du clavecin. — La reine et Madame, toutes deux grosses, dit-on, partent pour Saint-Germain. — Mariage du comte de Simmeren et de la princesse Marie d'Orange. La cérémonie a lieu à Clèves. — L'impératrice doit arriver prochainement à Vienne. Tous les pays de la couronne font à la jeune souveraine un don nuptial. — Les États de Hollande font exécuter M. Du Buat, convaincu de trahison. — M'"" d'Hocquincourt, chanoinesse, meurt de la petite vérole. — La reine, le dauphin. Monsieur et Madame assistent à la prise d'habit de M''^ de Polignac , chez les Carmélites de la rue du Bouloi. Sermon de Gilbert de Choiseul. — Deux jours après, Madame donne le voile, dans le même couvent , à M"^ Duré.
XXIT
Table Analytiqur.
Le sermon est prêché par Tabbé Testu. — Mort du contrôleur général Parfait. (Robinet.)
186. — Du 28. Octobre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Le lieutenant criminel Defita fait nettoyer Paris et prend des mesures contre les filles publiques. — Le duc de Nevers revient de Rome. — Le duc de Mazarin rentre à Paris en bonne santé , après avoir terminé sa cure à Bourbon-l'Archambaud. — Le duc de Chaulnes fait célébrer un service pour Anne d'Autriche dans la basilique de Saint-Jean- de-Latran à Rome.
Le P. Bompiani prononce l'oraison funèbre. — Les flottes d'Angleterre et de Hollande se retirent dans les ports, d'où elles sortiront seulement au printemps, si la paix n'est pas conclue avant cette époque. — La ville de Londres se reconstruit, malgré divers accidents isolés. — Le général Wrangel et l'armée suédoise poussent le blocus de Brème. — L'empereur attend encore son épouse, tandis que la reine de Portugal est, dit-on, déjà grosse, et que le duc de Simmeren vient de célébrer son mariage avec la princesse Marie d'Orange. (Subligny.)
187. — Du 3i. Octobre 1666. — A Madame. — Maladie du pape. Il part pour Castel-Gandolfo. — |L'impératrice fait son entrée à Milan, où elle est reçue en grande pompe. — Le nouvel évêque d'Orléans , Pierre de Coislin , fait également son entrée dans sa ville épiscopale. — Neuf mois se sont écoulés depuis la mort d'Anne d'Autriche. Les représentations dramatiques recommencent à la cour. La troupe royale joue Camma de Thomas Corneille, et la troupe de Molière y donnera sans doute bientôt quelque comédie. — Les chevaliers de Saint-Michel tiennent leur chapitre au couvent des Cordeliers. — Le lieutenant criminel chasse de Paris les filles publiques ; il prend des mesures énergiques contre les voleurs, oblige les boulan-
gers à marquer le poids sur leur pain et fait nettoyer la ville. — Aventure d'une soubrette violée par un maréchal-ferrant. (Robinet.)
188. — Du 4. Novembre 1666. — A Mgr. le DAUPmN. — Le dauphin s'essaie à la chasse. — Entrée à Orléans du nouvel évêque, Pierre de Coislin. — Histoire tragique d'un amant renfermé dans un coffre où il trouve la mort. — Le roi chasse le jour de la Saint-Hubert par un temps affreux. Il offre un bal aux dames de la cour. — Le comte d'Auvergne revient à la cour. — Nouvelles du faux messie Sabbathaï-Sebbhi, que le sultan veut envoyer aux galères. — Les Vénitiens traitent de la paix avec les Turcs. — Brème traite avec les Suédois. (Subligny.)
189. — Du 7. Novembre 1666. — A Madame. — Bal offert par Madame au roi et à la cour. — Bal chez le roi. On y remarque M"^ de Toussi et M^'*^ Colbert. — Nouveaux troubles suscités en Pologne par les soldats qui n'ont pas touché leur solde. — On dit que l'empereur intervient en faveur de Brème. — L'impératrice a quitté Milan. — Les flottes d'Angleterre et de Hollande sont rentrées dans les ports jusqu'au printemps. — Les États hollandais accueillent favorablement les ouvertures pacifiques du roi d'Angleterre.
— Aventure d'une jeune fille brutalement assaillie par un prétendu gentilhomme, dans une caverne, près de Poitiers. (Robinet.)
190. — Du 11. Novembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Entrée de l'impératrice à Brescia. Magnificence déployée par le procureur vénitien Vallieri. Rivalité entre les Vénitiens et les Espagnols. — Lubomirski est attendu à Vienne. — Le prince de Saxe épouse la fille du roi de Danemark. — Le traité que Brème a conclu avec les Suédois n'est, dit-on, qu'un simple armistice. — L'électrice
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de Brandebourg et la princesse douairière d'Orange sont reçues solennellement à La Haye. — Les Anglais négocient avec les Hollandais. — Le duc de Chaulnes a une nouvelle audience du pape. Il fait célébrer en l'église Saint-Louis-des- Français , à Rome , un service pour Anne d'Autriche. L'abbé de Gramont prononce l'oraison funèbre. — Mort du comte de Brienne et du prince de Lillebonne. — Le chancelier et M.
Colbert s'occupent de réformer la police à Paris. (Subligny.)
191. — Du 14. Novembre 1666. — A Madame. — Le prince de Saxe épouse la hlle du roi de Danemark et le prince de Hesse-Hombourg la veuve du comte Frédéric d'Ahlefeld. — Le roi d'Angleterre négocie avec les Hollandais , mais il veut que le traité de paix soit signé à Londres. On travaille activement à rebâtir cette dernière ville. Les Anglais font venir des maçons de partout; 1,800 Limousins, engagés par eux, sont allés s'embarquer à Calais. — Le roi Charles II a rendu la liberté au capitaine La Roche. — Le pape reçoit de nouveau le duc de Chaulnes. — Processions faites par les Trinitaires à Marseille et à Toulon avec un certain nombre de captifs qu'ils ont rachetés aux Barbaresques.
— Impiété des nouvellistes qui disent faussement que l'Hôpital (la Salpétrière; jouit du produit d'un droit établi sur le vin ; ils risquent de frustrer ainsi les pauvres d'aumônes dont ils ont grand besoin. — Mort du comte de Brienne. — Divertissements de la cour. — Aventure d'un garçon de Troyes qui, venant porter de l'argent à sa tante, à Paris , est conduit par des voleurs dans un mauvais lieu et dévalisé. (Robinet.)
192. — Du 18. Novembre 1666. — A Mgr. le Dauphin, — La cour doit passer l'hiver à Saint-Germain , sur le conseil de Vallot. — Le Louvre est achevé. — L'abbé Bruneau y est
assassiné en plein jour. — Préparatifs d'un grand ballet qui doit être donné à la cour (le Ballet des Muses). — La police de Paris s'occupe de faire exécuter les mesures ordonnées par l'édit du 22 mars 1666 contre les usurpateurs de noblesse. Ceux-ci sont actuellement dans la terreur et cherchent à se faire passer pour étrangers. — Plaisante mystification de la fille d'un cordonnier qui , voulant jouer à la grande dame, cherche à se défaire du vulgaire bourgeois qu'elle avait épousé. — Le duc de Parme met à la disposition du duc de Chaulnes le château de Caprarola, une des plus belles résidences d'Italie. (Subligny.)
193. — Du 21. Novembre 1666. — A Madame. — L'empereur fait de grands préparatifs à Vienne pour la réception de l'impératrice. Il renforce la garnison de la capitale. — M™® Portail, née de Chémerault, accouche d'un garçon qui est tenu sur les fonts baptismaux par le roi et par Madame. — La maréchale de La Mothe a l'honneur d'être la marraine d'un enfant dont le roi est parrain. — Les religieux trinitaires mènent en procession les captifs qu'ils ont rachetés à Alger et à Tunis. — Assassinat de l'abbé Bruneau au Louvre.
— Aventure de deux demoiselles déguisées en ermites qui, voyageant dans un coche, sont, après diverses péripéties, reconnues par des cavaliers et ramenées à leurs familles.
(Robinet.)
194. — Du 25. Novembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Le gazetier se plaint d'avoir un procès avec un adversaire de mauvaise foi. — Pierre de Carcavi est nommé garde des médailles, à la place de l'abbé Bruneau. Le gazetier, sur la foi d'une personne mal renseignée , a dit précédemment que l'abbé avait été tué par trois assassins ; il n'a été frappé en réalité que par un seul meurtrier.
— Les prétentions du roi d'Angle-
Table Analytique
terre retardent la conclusion de la paix. On arme en Hollande, en France et en Danemark. — Le parlement britannique défend aux Anglais de porter le costume français.
— Le duc de Buckingham refuse de se battre en duel avec le comte d'Ossory. — Les Anglais envahissent certaines possessions espagnoles en Amérique — L'armée espagnole, commandée par le marquis de Garacena, remporte une victoire sur les Portugais. — La peste sévit à Madrid. La jeune marquise d'Almancan, fiancée au comte de Palma, est au nombre des victimes, ainsi que le marquis de Guevara. — Le petit duc de Valois est dangeureusement malade de sa dentition. — Le marquis de Bellefonds croise dans la Manche avec Du Quesne. — M. de La Barre publie un livre sur Gayenne. — Le faux messie Sabbathaï-Sebbhi se fait musulman. (Subligny.)
195. — Du 28. Novembre 1666. — A Madame. — Monsieur et Madame viennent à Paris pour soigner le duc de Valois , dangeureusement malade de sa dentition. — Le roi vient voir le jeune prince et visite M'"*^ d'Armagnac, récemment accouchée d'un fils.
— Molière donne une représentation du Misanthrope chez Monsieur. — Nouvelles des pays de l'extrême Orient : de Siam , de Malacca , des états du grand Mogol, de Geylan et du Malabar. — Les missionnaires chrétiens sont persécutés par les Ghinois. — Le faux messie Sabbathaï- Sebbhi se convertit à l'islamisme. — Le procureur Vallieri , envoyé par
. les Vénitiens pour complimenter l'impératrice , a , dit-on , dépensé 200,000 ducats pour cette ambassade.
— L'impératrice entre dans le Trentin. — Le roi accorde un privilège à la manufacture de tapis d'Aubusson.' — Translation des reliques de saint Florian et de saint Félicien dans le couvent des Feuillantines à Paris.
Sermon de dom Gôme. — Harangue du premier président de Harlay
et de l'avocat général Talon à l'ouverture du parlement. — Nettoyage des rues de Paris. (Robinet.)
196. — Du 2. Décembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Le bruit court que la reine de Pologne a perdu un œil. — On parle d'un nouveau soulèvement en Pologne. Le général Doroszenko marche contre les rebelles avec cent mille chevaux. — Les Suédois ont abandonné le blocus de Brème. La ville a obtenu, par l'intermédiaire de la Hollande, une suspension d'armes de trois semaines.— On espère que M. Gourtin saura rétablir la paix entre l'électeur Palatin etl'électeurdeMayence. — Le Palatin, ayant attaqué un château de l'évêque de Spire, est repoussé par le prince de Vaudemont et par le comte de Lillebonne. — Fait d'armes d'un capitaine lorrain, M. de Salins. — Intervention du roi de France. — Fêtes à la cour de Danemark à l'occasion du mariage de la fille du roi avec le prince de Saxe. — L'impératrice est sur le point d'arriver à Vienne. — L'amiral vénitien qui croise dans l'Archipel prend sept vaisseaux turcs.
— La Porte fait de grands préparatifs pour s'emparer de Gandie. — Le duc de Saint-Aignan revient à la cour. De nombreux services sont célébrés en Touraine pour son fils , le comte de Séry. — Dom Thomas Du Ghesne, barnabite, couvertit deux protestants. — Éloge du café, que des Arméniens viennent d'introduire à Paris. (Subligny.)
197. — Du 5. Décembre 1666. — A Madame. — Analyse d'une thèse soutenue à l'école de médecine sur les signes de la grossesse et de la virginité. — Guerre entre l'électeur Palatin et l'électeur de Mayence. Le Palatin attaque un château ennemi , mais il est repoussé par le prince de Vaudemont et le comte de Lillebonne. M. de Salins, capitaine des mousquetaires du duc de Lorraine, soutient avec quarante homme le
Table Analytique.
choc d'un fort détachement de l'armée de Mayence. — L'impératrice est arrivée à Trente. — Les Barnabites célèbrent un service pour le comte de Séry, à Loches. Le professeur de rhétorique du collège prononce l'oraison funèbre du défunt.— On prépare à la cour un grand ballet (le Ballet des Muses). — Publication des Lettres de M™'^ la comtesse de Brégy et de la Description de Cayenne de M. de La Barre. (Robinet.)
198. — Du 9. Décembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — La maladie qui met en péril les jours du duc de Valois fait hâter le baptême du jeune prince. Le parrain est le roi d'Angleterre , représenté par le duc d'Enghien ; la marraine est la reine , représentée par Mademoiselle. — 11 pleut continuellement en France et en Italie. — Le duc d'Albuquerque , qui a conduit l'impératrice jusqu'à Milan , retourne en Espagne. — L'empereur est irrité contre la république de Gênes qui n'a pas fait complimenter l'impératrice. Les Génois se préparent, pour arranger les choses, à envoyer une ambassade à Vienne. — L'impératrice doit entrer prochainement dans sa capitale.
L'empereur est délivré de tout souci, car un traité vient d'être conclu entre Brème et la Suède. — Les États de Hollande votent quatorze millions pour faire de nouveaux armements.
— Les juifs éprouvent une grande déception en apprenant que Sabbathaï-Sebbhi s'est converti à l'islamisme. — Le duc de Valois est
mort. (SUBLIGNY.)
199. — Du 11. Décembre 1666. — A Madame. — Maladie du duc de Valois.
11 est baptisé en présence du roi, d'Henriette de France et de tous les princes et princesses. Le roi d'Angleterre, qui devait être parrain, est remplacé par le duc d'Enghien , et la reine , qui devait être marraine , est remplacée par Mademoiselle. Le jeune prince s'éteint trois jours après;
il est enterré à Saint-Denis. — Relation détaillée du Ballet des Muses, donné à la cour Ip 2 décembre. — Représentation de Mèlicerte de Molière. (Robinet.)
200. — Du 17. Décembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Suite de l'histoire de Sabbathaï-Sebbhi. — Les Jésuites font des conversions parmi les Turcs. — Découverte du tombeau de Furius Camillus à Rome. — La foudre tombe sur les armes du pape à Castel-Gandolfo. — Le duc de Longueville arrive à Rome et entre dans les ordres. — Les cardinaux se disputent le siège archiépiscopal de Naples, vacant par la mort du cardinal Filomarini. — Mort de l'ambassadeur vénitien en Morée , Ballarini.
— M. Courtin réconcilie l'électeur Palatin avec l'électeur de Mayence.
— Fondation de Charleroi en Flandre. — Nouveaux troubles en Pologne. — Le roi Casimir demande le chapeau de cardinal pour l'ambassadeur de France Pierre de Bonzi. — Par un édit du mois de novembre, le roi accorde des pensions aux familles comptant dix ou douze enfants. — On dit que M. Pellot, intendant de Guyenne, est nommé premier président au parlement de Rouen. — Funeste aventure d'un paysan messin, aimé de quatre femmes. (Subligny.)
201. — Du 19. Décembre 1666. — A Madame. — Funérailles du duc de Valois. La voiture des filles d'honneur de Madame verse pendant le convoi et M'^*^ Du Bellay est blessée à la tête. — Nouveaux troubles en Pologne. — L'impératrice n'est pas encore à Vienne. — Grand incendie à Melisech, près d'Elbing. — Traité de paix entre Brème et la Suède. — Histoire de deux couples d'amoureux dont le mariage est défait et refait.
(Robinet.)
202. — Du 24. Décembre 1666. — A Mgr. le Dauphin. — Le roi , la reine et le dauphin doivent , dit-on , ren-
Table Analytique.
trer à Paris au commencement de janvier. — Le roi visite les travaux da Louvre. — Le roi d'Angleterre réprime une révolte des Écossais ; il négocie avec la Hollande. — M.
Gourtin doit retourner en Angleterre, comme ambassadeur de France. Les États hollandais arment 36 vaisseaux neufs. — M"*^ Boreel , fille de l'ambassadeur de Hollande à Paris , est arrêtée par des voleurs non loin de son hôtel. — Une jeune fille tue son père qui l'avait emmenée dans la forêt d'Orléans pour la tuer. — Mort du marquis de Sourdis. — Le marquis d'Alluye a la survivance du gouvernement d'Orléans. — Le duc de Beaufort arrive à la cour. Le chevalier de Vendôme demande au roi la permission de repartir avec lui. — Le comte de Caylus est arrêté ; il devait être jugé par les grands-jours du Puy, mais la noblesse du Velay, conduite parle marquis d'Espinchal, essaie de le délivrer. Les mousquetaires se jettent alors sur Caylus et le tuent, de peur qu'il ne leur soit enlevé. — Arrivée de l'impératrice à Vienne. — Un Espagnol, appelé Menise, se proclame roi en Amérique.
2o3. — Du 26. Décembre 1666. — A Madame. — La diète polonaise travaille au rétablissement de l'ordre.
Oborski est nommé grand maréchal de Pologne — Le roi Casimir a peine à s'entendre avec les Moscovites.— L'impératrice fait son entrée à Vienne. Le pacha de Bude lui envoie un berceau. — Les Camaldules de Frascati, en faisant les fondations de leur couvent , découvrent le tombeau du dictateur Camille. — Révolte des Écossais. — L'évêque de Périgueux consacre l'église des Augustins, à Paris. L'archevêque Hardouin de Péréfixe , y célèbre la première messe. — Le roi fait continuer les travaux de l'église Notre-Dame-des- Victoires. — L'abbé Colbert de Saint-Pouange est sacré évêque de Mâcon. — Mort du marquis de
Sourdis, gouverneur d'Orléans. — Nouvelles représentations du Ballet des Muses. (Robinet.)
204. — Du 2. Janvier 1667. — A Madame. — Situation de l'Orient et de l'Occident à la fin de l'année 1666. — Développement du commerce des Indes. — Barbarie des Japonais et des Chinois. — Richesse du grand Mogol. — Défaite des Persans. — Préparatifs militaires des Turcs. — Les Moscovites menacent la Pologne , toujours en proie à des querelles intestines. — Alliance du Danemark avec la France. — Politique agressive des Suédois. — Arrivée de l'impératrice à Vienne. — Rixes entre les Hongrois et les Turcs. — Nouveaux armements en Hollande.
— Les Anglais veulent prolonger la guerre. — Les Vénitiens se disposent pour entrer en campagne au printemps. — Le pape est mieux portant.
— Naples est désolé par une éruption du Vésuve et par le brigandage. — Les Portugais fêtent leur jeune reine.
— L'Espagne continue la lutte avec le Portugal. — Bonheur des Français. — Le libraire Ribou publie le Misanthrope et le Médecin malgré luy de Molière. (Robinet.)
2o5. — Du 9. Janvier 1667. — A Madame. — Madame reprend son rôle dans le Ballet des Muses. — La reine accouche d'une princesse (Marie- Thérèse de France). — Réjouissances à Saint-Germain et à Paris. — Le Ballet des Muses est repris, le mercredi 5 janvier, avec une pastorale de Molière (La Pastorale comique). — Le 1^'" janvier, l'abbé Le Tellier a prêché avec succès son premier sermon, en présence d'un grand nombre de personnages de distinction. — Baptême d'un juif. Monsieur lui sert de parrain et la duchesse de Noailles de marraine. — Traité de paix entre la Moscovie et la Pologne. — L'armée polonaise prend ses quartiers d'hiver. — L'impératrice fait son entrée à Vienne avec grande pompe.
Table Analytique.
— Histoire d'un faux ermite qui vole le dîner destiné à un prédicateur.
•Robinet.)
206. — Du 16. Janvier 1667. — A Madame. — Le gazetier corrige une faute d'impression qui lui a fait parler de paix entre les Russes et les Polonais ; il faut lire : entre les Russes et les Suédois. — La Pologne est toujours déchirée par l'insurrection. — La Suède reste armée. — L'impératrice est fêtée par l'empereur ; elle doit être couronnée reine de Hongrie à Presbourg, au mois de mars. — La reine et la petite princesse vont bien. Iris [M"® Henriette de Visé] est attachée à la personne de la princesse.
— Le roi donne une fête à Versailles.
— Monsieur, Madame et les filles d'honneur de Madame se masquent et se rendent ensemble à un bal donné par M"° de Forcadel , ancienne fille d'honneur , devenue M"'*^ Des Jouis.
— Madame donne chez elle un bal masqué. — D. Jean de Saint-Laurent, provincial des Feuillants, fait paraître sa Carte historique et généalogique des rois de France. — Quiproquo d'un apothicaire qui confond les remèdes destinés à deux malades différents.
(Robinet.)
207. — Du 25. Janvier 1667. — A Madame. — Au bal de Monsieur et de Madame on a remarqué la duchesse de Mazarin , sa sœur, la duchesse de Bouillon , ainsi que le prince et la princesse de Mecklembourg. — Cette dernière princesse, autrefois duchesse de Ghâtillon , assiste à un bal chez les Sainctot. Le bal, dont M"^^ de Dreux faisait les honneurs , est troublé par un commencement d'incendie. On y a remarqué Monsieur, Madame et la duchesse de La Ferté.
— Beaucoup d'autres bals sont donnés à Paris. — La cour se divertit à Saint-Germain , où l'on donne le Ballet des Muses. — Mort de l'abbé de Sainte-Geneviève, du grand prieur de France et de l'intendant de Machault. — Bout-de-l'an d'Anne d'Au-
triche. L'abbé Bossuet et l'abbé de Drubec prononcent son oraison funèbre.— Mauvaises nouvelles de Pologne. — Querelle survenue entre l'ambassadeur d'Espagne et les Allemands à une chasse donnée par l'empereur Léopold. — Le bruit court que le vice-roi du Pérou s'est révolté contre l'Espagne. — On parle de paix entre l'Angleterre , la Hollande et la France. (Robinet.)
208. — Du 3o. Janvier 1667. — A Madame. — La diète de Pologne est dissoute par les factieux. — La querelle qui avait éclaté entre l'ambassadeur d'Espagne à Vienne et le comte de Khevenhûller est heureusement aplanie. — Ce n'est pas le vice-roi du Pérou, mais le gouverneur de La Plata , qui s'est révolté contre l'Espagne. — Une cloche qui sonne d'elle-même , à Vatilla , fait craindre aux Espagnols de grands malheurs. — Le duc de Savoie, pour égayer le carnaval , fait représenter en grande pompe la Joute de r Amour et de la Fertu. — La cour de France fait une collation à Versailles et se donne le plaisir des grandes eaux. On continue les représentations du Ballet des Muses. — Le roi passe une revue. Il nomme M. d'Artagnan lieutenant de la i'"® compagnie des mousquetaires, et M.
de Visé enseigne des gardes du corps.
— Le roi s'occupe de la réforme de la procédure. — Le commandeur de Souvré est nommé grand prieur de France. — Mort du P. Simon Le Moine , jésuite , qui a longtemps habité la Nouvelle-France. (Robinet.)