Du 29. May 1667 (Robinet
La DiÉTE des Polonois Est finie , ainsi que je crois ,
>95 Mais quel le Succez? je l'ignore, Car on y disputoit encore Dessus le plus épineux Point , Lequel au Roy ne plaisoit point , Touchant I'Election , je pense.
200 Lecteur , ayez donc patience Jusqu'à l'Ordinaire prochain , Où tout se sçaura plus à plein.
Pour la Paix avec I'Angleterre Cette Affaire ira très-belle erre 205 Et , dans Breda , l'on va bien-tôt Pousser le Traité comme il faut.
Mais , quant à nous , avec TEspa-
[gne Je voi qu'on parle de Campagne Et que chacun , de son côté , Remet la Rapière au costé.
Qui rompt donc ? Ce n'est pas la
[France , Et la Chose est en évidance :
Elle demande seulement , Justement , équitablement , Les Droits de son aimable Reyne , De son auguste Souveraine , Et l'on les lui refuse : Ergo , N'en d-éplaise à Dom Rodrigo , C'est I'Espagne , je l'en assure, Qui seule fait cette Rupture.
Ce Gouverneur des Pays-Bas Ces raisons-là ne goûte pas Et , craignant fort qu'on lui demem-
[bre De son Régime quelque Membre , Se trémousse par Monts, par Vaux, Et dans ses Postes principaux Essaye de mettre tel Ordre Que le François n'y puisse mordre.
Il n'obmet rien enfin, mais quoy?
Que fera-t-il contre un grand Roy Couvert de splendeur & de gloire, Qu'a toujours suivi la Victoire Aux Lieux où sa Majesté va Et qu'il auroit conquis déjà Si I'Amour , par de divins Charmes , N'eûtdesesmains fait choir les Armes.
En lui faisant voir les beaux Yeux De Thérèse , Fille des Dieux.
[Le
larquis
Castel-
odrigo]
2ib
Ce majestueux & beau Sire , 240 Digne d'un Monde pour Empire , Ayant , avec sa grande Cour , Fait dans Amiens quelque Séjour , Est venu giter vers Péronne , Et par tout ses Ordres il donne 245 Avecque tant d'activité Qu'on admire sa Majesté.
Nôtre Dauphin , plus beau qu'un Et digne de haute louange , [Ange Avecque sa brillante Sœur ,
250 Qui régnera sur maint grand Cœur, A C0MP1ÉGNE , honorable Ville , A fait chois de son Domicile , Où le Lieutenant Général Lui fit un Compliment royal ,
255 Auquel sa digne Gouvernante , Maréchale illustre & charmante , Avecque grâce , avec esprit , Et du fort bel air répondit.
Cet Héritier de la Couronne , 260 Que déjà la Gloire environne , Ayant passé par Champlatreux , Un Présidant des plus heureux L'y régala de belle sorte , Ainsi qu'une Lettre le porte , 265 Comme il avoit aussi traité Et l'une & l'autre Majesté , Avecque leur Suite , à trois Tables Où les Mets les plus manducables Furent servis profusément 270 Et même aussi trés-galamment.
Le beau Premier Monsieur de
[France , Prince d'une rare excellence , Impatiant de prendre part Aux Travaux de notre Cezar , 275 Partit , Jeudy , dés que I'Aurore Par ses pleurs vinst enrichir Flore , Pour aller , en guerrier estât , Joindre l'auguste Potentat.
Deux jours auparavant, ses Pages, 280 Bien morigénez & bien sages ,
270 Tret-galamment.
Monsieur
le
Président
Mole