Du 29. May 1667 (Robinet
Tous à l'avantage ajustez Et , qui plus est , très-bien montez , Ses cent Hommes à Hallebardes , Ou cent Suisses , & ses cent Gardes
283 (Geux-cy sur de bons Destriers , De haute mine & fort guerriers) , Avoyent pris cette route même , Montrans une Liesse extrême ; Et , parmi cet assez beau Train ,
290 Etoyent force Chevaux de Main ,
Conduis par leur Valets d'Etrillés , Qui tous paressoyent de bons Drilles, Item , quantité de Mulets , Que leur Carillon rendoit gais ,
295 Nonobstant la pesante Charge Qui couvroit leur Echigne large , Et , pour tout dire en peu de mots , Grand attirail de Chariots , Pleins de Tantes & d'Utenciles
300 Pour gîter au Camp fort utiles.
Puis-je mieux que par là cet Ecrit terminer ? Non , belle Altesse , non , & je vais l'y borner.
Fait la Veille de Pentecôte , Sans me fouler aucune côte.
A Pans , Che{ F. Muguet , rue de la Harpe , aux Trois Rois, Avec Privilège du Roy.
(Biblioth. nat.. Lc^, 22. Rés. — Biblioth. Mazarine, 296. A3. — Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 11802. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 5. Juin 1667.
Naissez , Vers bien-heureux , Vers que le sort destine Pour aller divertir une jeune Héroïne En qui , certe , le Ciel & la Nature ont mis Tout ce que , d'une Main prodigue , Qui ne sçauroit souffrir de borne ni de digue , Ils versent seulement à leurs meilleurs Amis.
C'est dans son beau Saint Clou que l'on void la Princesse , Où , pour charmer aussi cette brillante Altesse , On void que la Nature & l'Art ont , à l'envi ,
Produit ce qu'ils ont d'agréable , En faisans un Séjour , comme Elle , incomparable , Où chacun des cinq Sens tour à tour est ravi.
C'est donc en ce beau Lieu qu'en vôtre humble ramage A ses rares Appas vous irez rendre hommage Et que , pour un moment , vous la divertirez.