‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 242 sur 317 · Du 26. Juin 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 26. Juin 1667 (Robinet

Quelle devoir être sa route.

Mais , ayant çà de-là tourné , On l'arrêta devant Tourné , Afin de sommer cette Ville 50 De vouloir être assez civille Pour y laisser entrer nos Gens , Et , comme le Goc de Léans

Y répondit par négative , Etant de nature rétive ,

55 On fit ce qu'on fait en tel cas , Et , pour moy, je ne doute pas Qu'à Jubé l'on ne le réduise Et que la Place ne soit prise , Voire que bien d'autres après

^o Ne suivent son Destin de prés.

Cependant , ce que je puis dire Et très-certainement écrire Est que , tout depuis Darius , Bien moins méchant qu'OuBRius ,

65 On ne peut avoir vu d'Armée Si pompeuse & si bien armée , Et qu'enfin il n'est rien si beau Lorgné du sublime Flambeau , Dedans ses Routes éclatantes ,

70 Que le Parc de nos riches Tantes.

Mais il faut ajouter ceci Qu'Alexandre est en celle-ci , Et que Soldats & Volontaires

Y sont tous de grands Militaires.

ib D'autre costé , chaque Officier

Si fort s'applique à son Métier Qu'en Bote (c'est sans menterie) On n'en void nul d'Infanterie , Et que tous , à leur Poste allans , 80 Ainsi qu'en état d'Assaillans , Ont un Valet avec la Pique , Et cela pour faire la nique A qui , croyant par trop en l'air , Groiroit les surprendre sans vert.

^5 Au reste , c'est une merveille Qui n'a pas non plus sa pareille De voir comme , pour les Soldats Et les plus fieffez Goujats , Le Butin a si peu de Charmes

*^ Qu'ils laissent jusques sous leurs Ar- Venir paître Brebis & Bœufs , [mes Et les Poules faire leurs œufs , Sans regards de concupiscence , Non plus , en saine Conscience ,

95 Que si c'étoient Dépots sacrez Et pour les Autels consacrez ; Tellement que , d'un bout à l'autre ,

L'ordre est tel dans ce bel Ost nôtre Que c'est , à dire vérité , 'oo La mesme Régularité.

Encor un mot de nôtre Sire , Dont jamais trop on ne peut dire.

Il n'est Mortel si vigoureux Que ce Monarque généreux.

»o5 II est , dés le point de l'Aurore Jusqu'où l'on void le Jour se clore , Sans relâche sur son Cheval , Plus fier cent fois qu'un Bucephal , Et , s'il faut qu'enfin il sommeille

'ïo Apres une trop longue veille, Cet infatigable Héros Gomme un Soldat prend son repos Et sur la Paille , en grand volume , Se couche , ainsi que sur la Plume ;

» '5 Si qu'alors chacun est , ma foy , Couché de même que le Roy.

Mais qu'est-ce qu'on m'a dit eii-

[core ?

Monsieur , qu'après lui l'on adore , Se mêle aussi semblablement

120 D'agir infatigablement ,

Afin qu'en tout on le remarque , Au second Rang , prés du Monar- Apres cela , que diroit-on [que Si quelqu'un chantoit sur le ton

'25 De B MOL en cette Rencontre , Et, bref, s'il ne faisoit pas montre D'une masle & forte Vertu ?

Ah ! d'Honneur il seroit perdu !

De Furne, en mon autre Ecriture, 130 Je devinay bien l'Avanture.

Depuis six jours , cette Cité

Etoit à nôtre Majesté ,

Et le Fort de Saint François même,

Tant , avec diligence extrême , ^5b D'AuMONT sçait , en expert Guerrier,

Cueillir un belliqueux Laurier.

Mais , à propos d'Exploits de

[Guerre , Sur la Mer & non sur la Terre , Le sieur Chevalier de CicÉ , 140 Au Métier de Mars tres-versé, Avoit , n'aguére , avecque gloire , Réduit presque sous sa Victoire Un Navire de Guerre Anglois , Mieux monté que le Sien trois fois ;

Chevalier de Nostre-

Dame

et de S. Lazare

de Jérusalem

891 237- — Du 26. Juin 1667 '^RobinetI

•45 Mais une insolente Grenade

Lui vinst , par un coup trop maus-

Emporter la Main & les Yeux [sade,

(O quel accident , justes Gieux !) ,

Puis une Baie meurtrière , '50 Ne pouvant lui rompre en visière ,

Le frapa tellement au Chef

Qu'il tomba mort de ce méchef.

Jamais l'inhumaine Bellonne

Traita-t'elle plus mal Personne ?

i35 Le Chevalier de Villemor ,

Désirant vanger cette Mort ,

Fit , ce m'a-t'on dit , des Merveilles,

Lesquelles ont peu de pareilles

Et , quoy qu'il fût percé de coups , 160 Persistant dans son beau courrons ,

Il combatit sans nul relâche

(Voyez si c'estoit estre lâche) ,

Jusques à ce que le Destin

A leur Choc furieux mit fin.

165 Faute de place , en ma dernière ,

Où me surmontoit la Matière,

Je n'y pus narrer ces Explois ,

Et j'en rechignay mille fois ,

Car c'est à tels Fais pleins de gloire '7° Qu'on doit un beau Rang dans

[l'Histoire.

Les Troupes que le Duc Lorrain Envoyé à nôtre Souverain , Par zèle , par reconessance , Et comme bon Ami de France ,

• 75 N'aguère, ont passé par Arras , Et , laissans , de peur d'embarras , En ce Lieu-là tout leur Bagage , Qui bien souvent nuit au Courage , Elles prirent , en bon arroy ,

'80 Leur Marche vers le Camp du Roy.

Le cher Dauphin de ce grand Sire, Que de plus en plus on admire , Cet aimable Enfant (que Dieu gard!) Est à présent sain & gaillard ,

185 Et , d'aise , chacun à la Joye Abandonne son cœur en proye.

C'est avecque raison aussi , Car , VERAMENTÉ , jusqu'ici On n'a vu nul Dauphin en France

'90 Dont l'on eût plus grande espérance.

L'autre jour , ce Prince charmant Envoya faire Compliment ,

Par Homme qui des mieux s'expli-Massig A nôtre Reyne Britanique , [que , ^^^^

duR

Second Fij

Duc d'Yo

193 Sur le DÉCEDS triste & fatal Du beau petit Duc de Kendal , Sans oublier l'illustre Altesse Pour qui je fais rouler la Presse A qui l'on dit que cette Mort

200 L'avoit , certe , touché bien fort.

Nôtre auguste Reyne , sa Mère , A ces Princesses a fait faire Des Condoléances aussi , Envoyant tout exprés Ici 205 Un Harangueur de bonne sorte , Car c'étoit , comme on le rapporte , Le sieur Marquis de Hautefort , Seigneur pieux <& tres-accort.

Voila pour les Nouvelles nôtres ; 2ÏO Ajoùtons-en un peu des autres.

La DiÉTE des Polonois Est terminée à cette fois , Et , sur le point d'être achevée , On résolut une Levée 2 '5 Pour le payement des Soldats , Qui seront contans en ce cas.

Lors que le Pape eut rendu l'Arae, Dont si forte parut la Trame , On fut reconétre son Corps ,

220 Comme on fait à tous Papes morts , Et , selon ce qui se pratique Par un Usage assez antique , L'Aneau du Pescheur fut rompu Et , de plus , comme je l'ay sceu ,

225 On difforma le Plomb desBuLES , Qui demeurèrent ainsi nules.

En suite , ce Corps sans vertu , Quoy qu'en Pontife encor vestu , Fut , avant qu'être mis en Bière ,

230 Conduit, dedans une Litière, Au Vatican belliquement Et comme on eut conduit vraiment, Autres-fois , défunt Alexandre , Dont il ne nous reste os ni cendre ,

235 Sept belles Pièces de Canon Suivant ce Pape de son nom.

234 nous est suppléé.

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