Du 19. Juin 1667 (Robinet
240 Par honneur ample & non succint, En Procession les Reliques ; On lui fit huit Panégyriques , Sçavoir un en chacun des jours Pendant lesquels I'Octave eut cours;
245 On alluma des Feux de joye , Dont maints des Gieux prirent la
[voye ; Les Canons , Clairons & Tambours S'y firent ouir aux plus sourds , Et l'Assistance y fut nombreuse ,
230 Ainsi que célèbre & pieuse.
J'ay sceu , le jour d'avant-hier , «sire Que Monsieur Domingue d'YxHiER .
unique Digne Episcopus de Glandéve , ^®^ Avoit idequoi bien fort j'endéve) 255 Eté taillé dernièrement ,
Car , ô Ciel , quel cruel Tourment , Et qu'à ce Prix l'humaine Vie Mérite peu de faire envie !
Mais , d'ailleurs , j'appris aussitôt Que le sieur Jérôme Collot , Qui , d'une addresse nompareille , Sçait tirer la Pierre à merveille , Avoit fait l'Opération Avecque tant d'heur , tout de bon , 265 Encor que celle-là fut grosse Et , par conséquent , plus atroce , Qu'on reverroit ce bon Prélat Bien tôt en son premier état , Et , de cela , je sens de même 270 En mon ame une joye extrême.
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► •ateiir Roy Dur ierre
Le pénultième Jeudy , itoier L'Abbé Testu , d'un air hardy , lame Ayant éloquence & lumière ,
Prit , dit-on , noblement Carrière 275 Sur la Matière de ce Jour , Devant Madame , avec sa Cour ,
Au Palais Royal
Si bien que , la chose est notoire Il en sortit couvert de gloire.
En Juin , le dix-huit justement , 280 Je fis cet Ecrit prestement Et dans mon ordinaire stile , Avec le suivant Apostile.
Je veis à mon aise & très-bien , Dimanche , le Sicilien.
285 C'est un Chef-d'œuvre, je vous jure, Où paressent en Mignature Et comme dans leur plus beau our, Et la Jalousie & l'Amour Ce Sicilien , que Molière
290 Représente d'une manière Qui fait rire de tout le cœur , Est donc de Sicile un Seigneur Charmé , jusqu'à la Jalousie , D'une Gréque , son Affranchie.
295 D'autre part , un Marquis Fran- Qui soupire dessous ses Loix, [cois, Se servant de tout stratagème Pour voir ce rare Objet qu'il aime (Car , comme on sçait , l'Amour est
[fini .
300 P'ait si bien qu'il l'enlevé enfin , Par une Intrigue fort jolie.
Mais , quoi qu'Ici je vous en die , Ce n'est rien : il faut sur les Lieux Porter son Oreille & ses Yeux.
305 Sur tout, on y void deux EsclavesMademoi- Qui peuvent donner des Entraves : Molière Deux Gréques, qui, Gréques en tout, mo^lnf Peuvent pousser cent Cœurs à bout, ^e Brie Comme étans tout-à-fait charmantes,
310 Et dont enfin les riches Mantes Valent bien de l'argent , ma foy :
Ce sont , aussi , Prèsens de Roy.
A Paris , CAe;^ F Muguet , rue de la Harpe, aux trois Rois. Avec Privilège du Roy.
(Biblioth. nat., Lc^, 22. Rés. — Biblioth. Mazarîne, 296 A^. — Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 11802.)
Du 26. Juin 1667.
A Part tout autre soin , pendant cette Journée , Que celui qui me comble & de joye & d'honneur ! Avant que le grand Astre ait sa Course bornée Et dans les Flots éteint son ardante Splendeur ,
Je dois avoir borné la Lettre (Qu'en de divines Mains j'iray demain remettre.
Ah ! pour lui mériter un tel excez de gloire , Que n'ai-je les Talens de tant de beaux Esprits Qui sont les Favoris des Filles de Mémoire , Qui charment l'Univers par leurs rares Ecrits ,
Et qui, d'une immortelle Rime, Au delà du Tombeau font vivre leur Estime.
Mais je croi que ces Vœux me seront inutiles : Trêve donc de Souhais , que nous ferions en vain , Et , laissant prendre cours à nos simples Reptiles , Suivons , Muze , suivons nôtre ordinaire Train ,
Et débutons par des Nouvelles Dignes d'entretenir les plus belles Ruelles
On comprend bien , comme je
[croy , 20 Que ces Nouvelles sont du Roy , Et , certe , l'on devine juste , Car c'est d'abord de cet Auguste Que je veux , de belle hauteur , Entretenir nôtre Lecteur.
25 Sa Majesté si magnanime , Qu'une ardeur équitable anime , Ayant enfin vu Charle-Roy En état de donner la Loy A plusieurs Places ses Voisines , 30 Qui ne seront pas ses Cousines Si ce n'est que , bien sagement , Elles se rendent doucement, ^^inois de^ A décampé le dix septième , Juin Avec une alaigresse extrême ,
}5 Laissant dans ce Poste Royal , Pour Gouverneur, le sieur Montal, Avec maint autre excellent Homme
Le sieur deMornas,en qualité de Lieutenant de Roy, le sieur de Gazau, comme Major, et le sieur de la Haye pour commander la Garnison de quatre mille hommes
Et bonne Garnison , en somme , Si bien qu'on n'y sçauroit aller ^^ Sans qu'on y trouve à qui parler.
A ce départ , la belle Armée , Merveilleusement animée , Se munissant contre la Faim , Pour huit jours , dit-on , prit du
[Pain , 45 Sans qu'on scêut lors , sinon par
[doute ,