‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 250 sur 317 · Du 16. Juillet 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 16. Juillet 1667 (Robinet

Qui dans l'Honneur cherche son

[compte, Allant dans ces lieux comme au Mail, 8 la leste Poussa tellement le Travail

desSuisses ^ ,.. . • . 1 1 •

155 Qu il en a mente la gloire D'avoir avancé la victoire.

Capitaine Q^-j ajoùte que d'APREMONT ,

Régiment Faisant ce que les Vaillans font , Ga?des Y montra si bien son courage , 160 Passant le fossé même à nage , Que le Monarque , justement , L'a pourvu du Commandement De la susdite Place prise , Ce qui montre comme on le prise.

de'SiS^e ^^^ ^^^ ^^^^^ YiWe & son Fort Eurent suby la loy du Sort , Qui les range à l'obéissance Du brillant Héros de la France , Monsieur le Maréchal d'Aumont,

170 Qui, sans faire le Rodomont, Sçait à jubé mettre une Place , Quoy qu'elle die & qu'elle fasse , Alla faire sommer Courtray De vouloir imiter Douay,

175 Non en faisant la meurtrière , D'une façon aussi guerrière , Mais en se soumettant au Roy Prestement & de bonne foy.

Le dix , on ouvrit la Tranchée ,

180 Dont , témoignant être fâchée , Elle gronda par son canon.

Mais cessa-t'on pour cela? non.

On continua sa cariére D'une belle & verte manière ;

185 Et j'oserois bien protester

Qu'on la fait maintenant chanter, C'est-à-dire , en stile de Guerre , Parler de se rendre belle-erre.

Peut-être en est-ce déjà fait

190 Et que , selon nôtre souhait , Avant qu'avoir iîny ma Lettre , J'auray l'alaigresse d'y mettre Que ces Postes rimans en ay, Sçavoir: Courtray, Douay, Tournay,

195 Sont sous le légitime Empire De nôtre victorieux Sire.

En atendant ce bon avis , Changeons maintenant de devis.

Le Conseil du Roy Catholique ,

De Finance un peu famélique , Ce qui luy cause en ce temps-cy, Avec raison , profond soucy, A son recours à Gens de Banque , Tandis que son Pérou luy manque; Et l'on dit que les plus hardis Quelques milions ont fournis , Qu'on destine à Castel-Rodrigue .

Afin qu'il puisse , avec l'Intrigue , Arêter ces trop vastes Pas Que nous faisons aux Pays-Bas.

Mais je dis en cette ocurance , Que son intrigue & sa finance Sont au dessous , en bonne fov, De I'Etoile de nôtre Roy.

215 J'ay sceu que l'on a vu, n'aguére, Le sien en noble habit de guerre , Id est de pié-en-cap armé , Et qu'étant ainsi gendarmé , Il écouta plusieurs Harangues

220 Qu'on luy fit , en diverses Langues, Sur sa parfaite guérison :

Mais je puis dire avec raison Que son beau petit Equipage N'étonnera pas le courage

225 Des Nôtres , si loin de Madrid , Et ce Point est sans contredit.

On tient qu'à présent la Pologne A sur les bras moins de besogne ; Mais son Roy, par juste amitié ,

230 Pleure sa Défunte Moitié , Avec une telle amertume Que dans son deuil il se consume.

L'autre-jour, pour le consoler, On hazarda de luy parler

235 D'en prendre promptementun'autre; Mais, mon cher Lecteur, c'est la

[vôtre :

Il rompit les chiens brusquement Et , sanglotant amèrement , Parla de retraite Claustrale.

240 O la forte amour conjugale , De qui la cendre du Tombeau Ne peut éteindre le Flambeau !

Le Premier Vizir , en Candie Son espérance congédie 245 Et se trouve tout rebuté

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