‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 269 sur 317 · E)u 18. Septembre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

E)u 18. Septembre 1667 (Robinet

Ainsi , sans vous rien garantir, Je m'en tais , de peur de mentir.

Finissons par l'Historiette Que je trouve sur ma tablette , 215 Laquelle vient de Londre aussy, Telle que je la mets Icy.

LE QUAQUER AMOUREUX.

Un de ces Gens à Trogne blême Plus que d'un Jeûneur de Carême , Qu'on nomme Quaquers ou Trem-

[bleurs , 220 A cause que ces bons Messieurs De propos délibéré tremblent , Quand dans leurs Temples ils s'as-

[semblent , S'étant senty navrer au Cœur Par un Objet plein de douceur, 225 Fit croire à cette Créature , Un peu simplette de nature , Qu'il avoit sceu , ce mande-t'on ,

Par une sainte Vision,

Que c'étoit un cas nécessaire

230 Qu'il accomplist le doux Mystère Avéque ses charmans Appas.

« Hé bien ! je n'y résiste pas , »

Dit cette Belle , aussi Trembleuse , Plus niaise que scrupuleuse ,

2 53 « Faisons du Ciel la volonté. »

Lors le Quaquer , tout transporté , Eut telle accointance avec elle Que , de leur réciproque zelle , S'ensuivit certaine Tumeur

240 Laquelle causa grand'rumeur

Chez les Parens de la Trembleuse .

Qui , sans en être plus honteuse , Leur conta sa naïveté , Dont il fut mille fois pesté

245 Contre ledit Quaquer impie.

Après cela , que l'on se fie A ces francs Hypocrites-là !

O Ciel ! qu'il est de ces Gens-là Bien autre-part qu'en Angleterre;

250 Mais , las ! encor il s'en faut taire !

Traînez-vous vers Madame , en son Villers-Cottrés , Et-là , mes Vermisseaux , saluez ses Attrais.

Le dix-sept j'enfantay cette petite Engeance, Pour laquelle au Lecteur je demande indulgence.

APOSTILE

255 J'ay fait en Vers irréguliers Plusieurs Discours Epistoliers , Pour plaire à d'habiles Cervelles Qui jugeoient ces Rimes plus belles, Et , de fait , plusieurs du fin goût

260 Y rencontroyent plus de ragoût ; Mais, comme il est plus d'imbéciles, Sans doute , que de Gens habiles , Les premiers , en lisant ces Vers , Les faisoyent aller de travers

263 Et , n'entendans pas la Cézure , En rompoyent toute la Mézure.

D'ailleurs , à parler franchement , Ce fut toujours mon sentiment.

Que ces Rimes irréguliéres

270 Pour des Epîtres familières

N'étoient pas d'un succez trop seur, Et que, pour rendre en un sens pur Une Historiette ou Nouvelle , La Rime unie étoit plus belle.

275 A ces Causes donc , j'ay repris (N'en déplaise à ces fins Espris) Mon ancien petit Ramage , Hors l'endroit où je rends Homma- A la Jeune Divinité [ge

280 Qui m'a donné la liberté

De produire sous ses Auspices , Qui valent cent Astres propices , Mes nouvellistes Vermisseaux.

Ce sont ces Préludes , nouveaux

283 Dans toutes mes Lettres en rime , Qu'en plusieurs bons Lieux on esti-

[me .

Et d'où, par maints écrits charmans, Je reçois de doux complimens , Comme encor, sans en rien rabatre,

290 J'en ay receu depuis peu quatre ; L'un desquels , en Vers très-polis Et passant , certe, les jolis , Est d'une trés-charmante Muze ,

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