‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 278 sur 317 · Du 22. Octobre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 22. Octobre 1667 (Robinet

D'Architecture , très-complet , Où paressoit, sans menterie.

Tout ce que l'Art d'Ophévrerie Peut montrer de rare aux Humains;

150 Mais, sur-tout, vingt-quatre Bassins Y jettoient les Gens en extases , Avec pareil nombre de Vases Et tout autant de beaux Brancards , Du Dessein de ce Maitre ez arts ,

is5 De ce le Brun , de cet illustre , Qui se couvre d'un si beau lustre.

Mais ce n'est pas encore tout , Et je ne suis pas même au bout , Ajoutant deux grandes Cuvettes ,

160 Aussi très artistement faites ,

Deux Chenets , quatre Guéridons , Ornez de petits Cupidons , Et vingt-quatre autres puissans Va- Pour servir de superbes Cases [ses

165 A des Orangers fortunez , Pour plaire à Louis destinez.

Tous ces grands Ouvrages, au res- Formans un Spectacle céleste , [te , Dont l'on étoit émerveillé ,

170 Sont d'un bel Argent cizelé , Et d'un Travail dont la manière De beaucoup passe la Matière , Encor qu'elle soit (par Saint-Marc) Du poids de vingt-cinq mille un Marc.

175 Sa Majesté, pour lors suivie D'une nombreuse Compagnie , Dont étoit le fameux Condé , Qui va bien-tôt avoir le Dé , Passa de ce pompeux Spectacle ,

180 Qui paressoit un Tabernacle , En d'autres endroits de Léans , Où se font , par diverses Gens , Les superbes Tapisseries , Les charmantes Marqueteries ,

183 Les Sculptures & les Tableaux, Autant de Chefs-d'œuvres nouveaux; Puis , Elle vid , & fut ravie , D'autres Pièces d'Orfèvrerie , D'un second Bufet commencé ,

190 Sur un autre Dessein tracé ; Et tout cela servoit de marque De la Grandeur de ce Monarque , Qui peut faire de si grands Frais , En Guerre comme en pleine Paix ;

195 Ce qu'il faut que Monsieur I'Ibére Sérieusement considère.

Monsieur , par un digne souci , Vinst, n'aguère, à Lutéce aussi, Pour assister au Val-de-Grace

200 (Où des Cieux coule toute grâce) , A l'Anniversaire pompeux , Autant que dévot & pieux , Qui s'y fait pour la Reyne-Mére , Dont la Mémoire nous est chère.

205 Après , il fut , tout net & franc , Dîner chez le Sieur de Boisfranc ,

Contrôleur Général des Finances de son Altesse Royale

En son beau Palais de plaisance , AS.Ouen Où je diray, sans complaisance , Qu'à sa charmante Altesse il fit 210 Un Festin qui fort l'ébaudit , Tant ce propre & galant Régale Lui parut fait à la Royale.

Je me souviens que, l'autre-jour, Cette jeune Source d'Amour,

215 Mademoiselle , vôtre Fille ,

Brilloit comme un Ange à la Grille Des Carmélites du Bouloy, Prêtant en un très-bel-arroy, Et c'est comme dire à merveille ,

220 Au Père Mascaron l'Oreille, Qui , des mieux , panégyrisa La grande Sainte Thérésa , Et dist mainte chose jolie En parlant de la Jalousie.

225 Toujours en nôtre grand Faux-

[bourg.

Prés le Palais de Luxembourg , A l'Assaut d'un Fort on s'exerce , Mais sans qu'on tue & que l'on per- Ni qu'on y fasse mal ni peur, [ce ,

230 Mardy, Beaufort, Homme de cœur,

Ledit Sieur de Beaufort est Fils de celuy qui a montré les Exercices de Guerre au Roy.

A son tour attaqua la Place ,

Et de Chapat, avec audace ,

Entreprit , suivi de ses Gens ,

De jetter un Convoy dedans 235 Et , pource , de forcer les Lignes ,

Par des eforts de lui bien dignes.

Mais , quoi ? ce brave de Beaufort ,

Qui vouloit emporter le Fort ,

De telle sorte le mal-traite 240 Qu'il le contraint à la Retraite,

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