‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 277 sur 317 · Du 22. Octobre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 22. Octobre 1667 (Robinet

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Et, sous leurs tons, les Sens languis- Par le sentiment du plaisir [sent ,

50 Qui vient doucement les saisir.

La Scène est pompeuse & brillante , Plus que n'est la Sphère roulante D'où chaque jour naît la Clarté , Et nôtre auguste Majesté ,

55 Guerrière comme un DieudeThrace, Des Pas de Souverain y trace , Parmi ceux de ses Courtisans , De Complimens grands Artisans.

Le grand Bal s'y donne à l'issue , 60 Où maints Objets charment la vue , Tant par leurs Attraits gracieux , Leurs rouges Bouches, leurs beaux Et le reste de leurs visages , [yeux Que par leurs riches Equipages.

65 Nos deux exquises Majestez , Toutes couvertes de clartez , En font les Démarches premières Avec leurs Grâces coûtumières , Et tous leurs Pas , en noble-arroy, 70 Sont des Pas de Reine & de Roy.

Le Fils de ce Couple adorable , Nôtre Dauphin incomparable , Avec quelque Grâce , à son tour,

Y parêt plus beau que l'Amour.

75 Monsieur , qu'on void si fier en

[Flandre , Reprenant illec son air tendre ,

Y danse , non coussi coussi , Tout ainsi qu'un Mars radouci , Et , pour tout dire , en fin finale ,

80 En ce Bal, on sert un Régale, Et de Bonbons & de Liqueurs , Pour ravitailler les Danseurs , Et (quoy q ue tous très-jeunes Couples) Leur rendre les Jambes plus souples.

85 Grande Héroïne à qui j'écris , Vous sçavez tout ce que je dis , Car, en qualité de Bergère, Et la plus belle & la première , Vous avez , dedans le Balet ,

90 Vôtre Entrée & vôtre Rôlet , Où vous semblez une Déesse Bien plutôt qu'une humaine Altes- Mais , sous vôtre Permission , [se; Je fais cette Narration

78 Tout.

79 enfin.

95 Pour tous ceux qui lisent ma Lettre, Où je vais encor ainsi mettre , Sous vôtre bon Plaisir aussi , Quelques Chapitres que voici , Contenant , certes , maintes choses

100 Qui ne vous sont pas Lettres closes.

Louis , le dernier Samedy, Vinst Ici , dessus le Midy, Voir son Palais des Tuilleries , Jadis Lieu des Galenteries

105 De la Bourgeoise & du Bourgeois ; Et ce plus grand de tous les Rois Pût voir que l'Art & la Nature (A tous Etrangers je l'assure) Ne sçauroient , joignans leurs èforts

1 10 Par leurs plus ravissans Accords , Lui faire un plus beau Domicile Pour le gîter en cette Ville ; Car même les douze Maisons Où loge le Roy des Saisons

1 15 Ne sont au prix , chose certaine , Que des Maisons à la douzaine.

Qu'il y vienne, donc, pour l'Hyver, Sans faute, après la Saint Hubert ; Dans ce Palais, où rien n'est mince,

120 II sera logé comme un Prince , Et tout le Peuple de Paris D'aise en poussera mille cris , Car avec ardeur il désire De revoir ici ce cher Sire ,

125 Que l'on considère, en tout Lieu, Tout ainsi qu'un franc Vice-Dieu.

Delà, passant par le vieux Louvre, Un tant soit peu distant de Douvre, Il alla voir les Gobëlins ,

130 Dans le Faux-bourg des Marcelins , Où CoLBERT, le grand Major-dome »

Des Finances digne Econome , Avoit tout fait mettre en état De charmer nôtre Potentat.

135 De ce beau Lieu-là donc l'Entrée D'un grand Arc étoit illustrée , Avec les Tableaux de le Brun , Dont le Pinceau n'est pas commun, Et maints Reliefs aussi fort rares ,

140 Le tout exempt des moindres tares.

Item , la spacieuse Cour De ce divertissant Séjour, Etoit superbement tendue , Et , là , pour enchanter la vue ,

145 Dans le fonds étoit un Bufet

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