Du 29. Octobre 1667 (Robinet
Enfin , les Cantons Protestans Se sont mêlez des différans
253 De Genève avec la Savoye , Et , par une amiable voye , L'on croid qu'ils se termineront , Et qu'en Paix ils demeureront.
Déjà la suspension d'Armes
260 Fait le Prélude de ses charmes.
On attend bien-tôt à Paris , Avecque les Jeux et les Ris , Le Rétour de la Cour Francése , Dont chacun de Nous est bien aise ,
265 Faisant incessamment des Vœux Pour ce jour, de nos plus heureux.
Cependant , le Sieur la Reynie , Dont la louange est infinie , Fait toujours dans cette Cité
270 Observer tant de propreté Que c'est une rare merveille De sa constance nompareille.
Mais nous en verrons, pour certain, Encor, une autre après demain ,
275 Pour le moins autant admirable , De sa Police incomparable :
C'est que , vrai comme je le dy, Il fera , comme en plein Midy, Clair la Nuit , dedans chaque rue ,
280 De courte ou de longue étendue , Par le grand nombre des clartez Qu'il fait mettre , de tous cotez , En autant de belles Lanternes.
Je ne dis point des Balivernes ,
285 Et ces Messieurs , nommez Filous , Ne les verront pas sans courroux; Mais je m'en moque , & Dieu bénie Le merveilleux de la Reynie !
Un galant sujet Pastoral 290 Se fait voir, au Palais-Royal , Sur le Théâtre de Molière ; Mais , mon Epitre étant pléniére , Je vous remets ailleurs le Plat Contenant ce Mets délicat , 295 Quand j'en auray tasté moi-même , Car de tels Mets je suis friand plus que
[de crème.
pas
Dur de
Octobre tiroit à la fin , Lorsque je fis ces Vers pour un Objet divin.
A Paris, che:( Ch. Chenault, Imp. & Lib. rue de la Hucheite. Avec Privilège de Sa Majesté .
274 un autre.
(Biblioth. nat. , Lc^, 22. Rés. - Biblioth. Mazarine,, 296. A3.)
[Par Charles ROBINET J
Du 5. Novembre 1667.
Attendant qu'on retourne en Flandre , au , . . Biouac ,
Et qu'il y fasse chaud tout autant qu'en Affrique ,
Par le feu des Canons , dont je crains la . Musique ,
Cherchons Matière ailleurs , Muzette , sans Mic-Mac ;
Allons où croissent l'Or , l'Indigo , le Tabac ,
Discourons de Morale , ou bien de Politique ,
Remuons Ciel & Terre , & Marbre , & Pierre & Brique ,
Nouvellisons enfin , <Sc ab hoc & Ab hac.
A tout , fors qu'à la Mort , on trouve du Remède ;
Au défaut de Sujets parlons de Ganiméde ,
Cherchons l'Historiette & forgeons des Rébus.
Faisons voir la vertu qu'a le jus d'une Eclanche ;
Mais , viste , commençons , nous touchons au Dimanche ;
Voici donc mon Début , qui n'est pas de Bibus.
»5 Un Marquis, d'Ame trés-guerriére, Qui commande sur la Frontière Les Troupes de Sa Majesté , Avec beaucoup d'activité (C'est de Belfons que je veux dire),
20 Me fournit ce Début à rire , Aux Dépens de nos Ennemis , Qu'en fort beaux Draps blancs il a
[mis, N'aguére , entre Monts & Bruxelle ; Lisez donc : l'Action est belle.
25 Le Seigneur Marquis de Conflant, Lequel d'orgueil s'alloit gonflant , Venoit de Cambray, vent en poupe, Sur un Courtaut à large croupe , Avec huit lestes Régimens ,
30 Tous, dit-on, pleins de braves Les trois quarts en Infanterie [Gens, Et le reste en Cavalerie :
Le tout de deux mille , à peu prés , Lesquels filoyent par les Guérets ,
35 Avec la fiére contenance
De Gens qui sont en asseurance.
Mais , à leur départ de Mignaut, Chacun d'eux devint bien penaut , Découvrant , dans une Prairie ,
40 La Françoise Cavalerie , Laquelle montroit assez bien Qu'elle n'étoit pas-là pour rien , Mais à dessein de les combatre Et , sans doute , aussi de les batre.
En éfet , nôtre de Belfons , Prudent & vaillant à plein fonds , Conduisit si bien cette Afaire , Que ce fut un mal nécessaire Aux Espagnols d'être batus
50 Et de se retirer confus ,
Excepté plusieurs de leurs Braves , Que les Nôtres firent Esclaves , Et c'est à dire Prisonniers , Parlant en termes plus guerriers.
55 Le Butin fut aussi passable
Vilage
loyi