‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 296 sur 317 · Du 3. Décembre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 3. Décembre 1667 (Robinet

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Et , ce faisant , nous ferons bien.

Ledit grand Prélat Perefixe ,

160 Par un Ordre solide & fixe , Et , bref, émané de ses mains , Défend à ses Diocésains D'acheter, ni lire , ni suivre Du Port Royal un certain Livre ,

165 Où l'on croid avoir nullement Traduit le Nouveau Testament , Quoy qu'on voye qu'avec emphase On n'ait fait qu'un beau Paraphrase, Au lieu d'une Traduction

170 De la naïve Diction. [baise

Pour moy, très-fort les mains je Au Port-Royal , ainsi qu'à Bése , Et qu'à Calvin & qu'à Luther ; Et je dis , tout net & tout clair,

(75 Que , certe , il est certaines choses Qui doivent être Lettres closes

Et des NOLI-ME-TANGÉRÉ

A l'Esprit le plus éclairé ,

Et que sinistre est la méthode

180 De vouloir tout mettre à la mode.

Ainsi je signe , avec Séguier , Sur ce Point pieux Chancelier , L'Arrest du Conseil donné contre ; Et qu'on sçache, en cette rencontre,

183 Que je veux éviter le Sort D'aller faire Naufrage au Port.

Lundy dernier, de compte juste, Dedans nôtre Sénat auguste , On ouyt deux rares Discours

190 Qui n'étoient pas d'à tous les jours : L'un de ce Personnage insigne , Son Premier Présidant si digne Et de si célèbre renom , Sçavoir Monsieur de Lamoignon ,

195 L duire de cet excellent Homme Qui n'a point , d'ici jusqu'à Rome , En Eloquence son égal , Talon , l'Avocat Général.

Or, le Sujet ou la matière ,

•îoo Sur qui tous deux prirent carrière Aussi dignement que jamais , Etoit l'Ouverture des Plaids.

Mardy, le Bal , la Comédie Et la Chère & la Mélodie ,

203 Continuèrent chez le Roy De parètre en fort bel-arroy.

La belle Dame Renommée N'ètoit pas des mieux informée Quand , n'aguére , elle rapporta

2ioCe que Clion vous raconta Touchant le Siège de Candie , Et faut qu'ici je m'en dédie ; Car les derniers Avis , enfin , Dont j'ay l'esprit assez chagrin ,

215 Disent que la Cent Otomane, Cornue ainsi que l'est Diane , Et Monsieur son Premier- Visir , Ainsi donc plein d'un grand loisir, Tient encor bon contre la Place ,

220 Malgré disgrâce sur disgrâce , Qui rend leurs efforts sans vertu , Ainsi que du Cogne-Festu.

On nous assure que I'Espagne , Craignant la prochaine Campagne ,

225 Commence de rendre la Paix Le cher Objet de ses souhaits , Et de vouloir avec la France Rentrer en bonne intelligence.

Elle fait bien , il est certain ,

230 De mettre de l'eau dans son vin , Et le Parti qu'elle va prendre (On le peut aisément comprendre) Dérobera bien des lauriers A nos redoutables Guerriers.

233 Ce n'est pas pourtant chose faite ; Je feray plus d'une Gazette Avant qu'on en arrive là ; Mais laissons ce Chapitre-là.

LE COMMIS DUPPE.

Un Commis , féru d'une Dame 240 Qui de plus d'un Homme étoit Fem- Faisant près d'elle le Poupin [me , Et mangeant tout son saint-crépin.

S'avisa , dedans sa folie , Pour la rendre un jour plus jolie , 243 De l'orner de quelques joyaux Qu'il avoit , dit-on , assez beaux , Consistans en Boucles d'Oreilles , Lesquelles brilloyent à merveilles , Une Croix & , bref, un Poinçon , 230 Qui lui donnoyent mine & façon.

IM

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