A Mais qu'importe? il sçait son affaire
Et n'est pas un Prince ordinaire.
Jamais, quand un Héros comme luy tient son rang, La Couronne ne manque à tous ceux de son sang.
107 i5i. -^ Du 29. Juillet 1666 (Subligny). 108
30 Une nouvelle qui fait rire
Les ennemis de nos Estats !
Apres qu'en cent fameux combats Le grand Comte d'Harcourt a conservé sa vie , Le grand Comte d'Harcourt est mort d'AppoPLEXiE. 33 La mort, qui ne Festonna pas
Et qui devant ses yeux n'osoit jamais paroistre Que quand elle partoit de grands cous de son bras , N'osa le prendre aussi qu'en traistre.
C'estoit l'inévitable sort 40 De celuy qui cent fois a fait trembler la terre ,
Et qu'on reconnoissoit pour un Foudre de guerre , De faire encor peur à la Mort.
Laissons en parler nos Histoires , Et disons de luy seulement 45 Qu'il va porter au Jugement
Moins de péchez que de Victoires.
On dit aussi que Biscaras En mesme jour passa le pas.
Peut-estre que je vous estonne 50 De vous dire ainsi qu'il est mort ?
Mais je vous avertis d'abort Que je n'ayme à tuer personne Et que rien ne m'oblige à le faire mourir , Si la fièvre en son lict ne l'a pas fait périr. 35 Vous , que chaque jour l'on révère
Et que l'on va voir chaque jour Apres qu'on a paru chez le Roy Vostre Père , Vous pourrez voir s'il manque à vous faire sa Cour. Mais , s'il est mort de fièvre chaude , 60 Comme m'a dit un Raisonneur ,
La Mort , qui l'a surpris ailleurs qu'au lit d'honneur , N'est , sur ma foy, qu'une Maraude.
Si , comme je le croy, vous estes curieux De sçavoir ce que fait le Comte de Vivonne , 65 II fait le Diable à quatre & donne
Sur tout ce qui s'offre à ses yeux.
Encore , depuis peu , sa valeur fortunée Trouva , fort à propos , quatre Vaisseaux Anglois Dans la Mer Méditerranée, 70 Qu'à la faveur d'un calme il prit tous à la fois.
Avec un peu de temps , nous en apprendrons d'autres , Car, de toute façon , personne, chez autruy,
Quand on a guerre avec les Nôtres , Ne cueille des Lauriers plus grassement que luy.
73 J'apprens une galanterie
?8 -^ A la fin ne l'a pris qu'en traistre. j 73 galantrie.
41 /^ 11 estoit d'un Foudre-de-guerre. |
i5i. — Du 29. Juillet 1666 (Subligny).
Qu'a faite Monsieur de Munster ,
Qui mérite qu'on la publie ,
Et que je vay vous raconter.
Cet EvESQUE , durant ses guerres ,
Avoit pris , dans quelques combats
Qui s'estoient donnez sur ses terres
Quelques Officiers des Estats ,
Et , comme , par faveur très-grande , Il eut dit à l'un d'eux , dont Brasser est le nom ,
Qu'il pouvoit choisir sa prison Et qu'en riant ce Chef eut choisi la Hollande ,
Il le renvoya sans rançon , A la charge pourtant qu'après quelques semaines
Il viendroit reprendre ses chaînes.
Pendant ce temps , on fit la Paix ; Mais , quoy que l'on cessast d'ensanglanter la Terre , Les contraires partis n'estans pas satisfaits , On y retint encor les prisonniers de guerre. Ainsi d'y retourner Brasser fut obligé ,
Suivant qu'il s'estoit engagé ;
Il le fit , <& sa Destinée , Luy faisant rencontrer ce Prince en son chemin , Pour prix d'avoir tenu sa parole donnée , Il en revint encor les presens à la main.
Cet effet n'est pas ordinaire , Et , lorsque ce Prélat dans son Camp se trouvoit , On avoit bien raison de dire qu'il sçavoit
Autre chose que son Bréviaire.
Naples ne se peignit pas mal Quand il prit autrefois un cheval pour ses Armes ;
Il est en effet , un Cheval
Pour qui le frein n'a point de charmes ,
Car ses peuples à tous momens ,
Y font de nouveaux remuemens.
Mais d'où peut en venir la faute ?
Est-ce que l'on luy tient la bride un peu trop haute ? L'Espagnol est pourtant assez bon Escuyer
Et ne sçait pas mal son mestier.
Ah ! Prince , si Louis en faisoit le manège , Loin d'en porter la charge avecque de l'ennuy, Ce grand Cheval , tout fier d'un si beau Privilège ,
N'iroit qu'à courbettes sous luy.
Par Lettre de I'Abbé-des-Roches , J'apprens qu'ayant sceu les approches De Chaulnes , nostre Ambassadeur , Le Cardinal Antoine , avec un Equipage