galamment pour six semaines
Luy permit d'y porter ses chaînes.
96 A mais sa Destinée.
i5i. — Du 29. Juillet 1666 (Subligny).
Fort convenable à sa grandeur, Fut bien loin au devant de ce grand Personnage ; Qu'en suitte ce Duc fut conduit , Avec grande pompe & grand bruit , Dans un Palais plus beau que n'estoient ceux d'ARMiDE Où les Romains , sçachant que nos braves François Se faisoient depuis peu servir en Piramide , Luy firent un festin digne des plus grands Roys.
De l'Angleterre l'on me mande Que la disette de Soldats S'y rencontre par tout si grande Que , pour combattre les Estats , Les Commissaires des Levées Furent contraints , dans une nuit , D'aller prendre jusques au lit Deux milles personnes privées.
Vous pouvez juger, Monseigneur , Si cela fit de la Rumeur !
Les femmes en sont enragées , Et , se tenant fort outragées Qu'on leur ait osté des Maris , La pluspart nouveaux & chéris , Jurent , en jeunes Mariées , De laisser de leur rage à Londres des témoins , Si l'on ne les rend , tout au moins , Encore pour quelques nuitées.
Je ne dis pas qu'un beau matin Elles ne fassent ce desordre Et qu'elles ne donnent enfin Aux Anglois du fil à retordre.
Mais , pour éviter leur courroux , Si les Milords m'en vouloient croire .
On les embarqueroit avecque leurs Espoux , Et cela causeroit peut-estre leur victoire. L'interest que chacune auroit De conserver celuy qu'elle aime , Les mettant en fureur extrême , Sans doute les seconderoit.
Aussi bien , au siècle où nous sommes , On éprouve assez chaque jour Qu'en des combats faits par amour Une femme tueroit dix hommes.
Un vaisseau Suédois , chargé de plusieurs Mats
Pour le service d'ANGLETERRE , Tombant entre les mains des Troupes des Estats ,
Crût estre pris de bonne guerre ;
160-163 A Et l'on sçait qu'au siècle où nous som- Lors que le cœur est animé [mes ,
Par l'Amour dont il est charmé , Une femme tueroit dix hommes.
ii3 i5i. — Du 29. Juillet 1666 (Subligny). 114
Mais le généreux de Ruiter , Qui crût que , pour venir contre la Hollandoise , 170 Ce grand secours pourroit haster
Le départ de la Flotte Angloise ,
Bien loin de l'avoir arresté , Traita son Capitaine avec magnificence
Et luy donna la liberté 175 D'aller à Londre en diligence ;
Je ne sçaj si les Hollandois
Qui demeurent dans les Provinces Ont sceu qu'il a beu mesme à la santé des Princes
Et des Amiraux des Anglois.
180 II dit encore au Capitaine
D'assurer ses fiers Ennemis
Que , quand ils voudroient qu'en Mer pleine
Le passage leur fut permis ,
Loin de boucher leur avenue, 185 II reculeroit à leur veue ,
Et, qu'afin qu'on ne doutât point Qu'il n'attendit leur Flotte avec ardeur extrême ,
Pour la reparer de tout point ,
Il leur redonnoit ces Masts mesme.
190 Je ne sçay si Ruiter est certain de courir
A quelque victoire nouvelle ;
Mais, Prince, je puisse mourir
Si la bravoure n'en est belle !
Le vent , s'opposant au dessein 195 Qu'avoient les Hollandois de mettre pied à terre ,
Sauve un beau coup à l'Angleterre , Qu'elle alloit avoir dans le sein.
Cela confirme ma pensée De croire que , doresnavant , 200 Depuis la bataille passée ,
Le bon-heur des Anglois ne sera que du vent.
Je vous dis l'autre fois , je pense , Que l'on croyoit qu'on se bâtît ; Mais , quoy qu'un pescheur en ait dit , 305 Je n'y voy pas trop d'asseurance.
Peut-estre ignorez-vous que je fus au Sermon Que Monsieur Tallemant fit de la pénitence ? Envoyez dire en vostre nom , De grâce , qu'on le recommence.
210 Vous n'avez entendu jamais rien de charmant
Comme ce Monsieur Tallemant.
177 A Qui restent dedans.
180 A mesme à ce.