Du 19. Aoust 1666 (Subligny
Les EvERTZENs sont gens estranges De vouloir tous mourir ainsi pour les Estats
Parmy la chaleur des Combats !
Quoy qu'un si beau dessein mérite des louanges ,
Ce dernier eut pu se passer D'obliger par amour à ne luy pas survivre
Trois cens qui l'avoient voulu suivre , Et cent autres encor à se faire blesser , Qu'on ne peut envoyer que se faire penser. L'Anglois , fier d'un succès qui luy vient de la faute De cet EvERTZEN trop tost mort , Juge que sous le mesme effort
Il faut que le General saute.
Pour cela , trois Vaisseaux environnent Ruiter Et font aller sur luy ce Brûlot effroyable , Que par un coup hardy, que l'on prendra pour fable, Le fils du grand Harcour sceut si bien arrester ; Mais ce Brûlot, destruit , rappelle la victoire , Qui sembloit se jetter du party des Anglois ; Le Souverain , pressé des canons Hollandois , Sauve le mieux qu'il peut le reste de sa gloire ,
Et , perdant son Voile & son Mât , Par le mesme Ruiter est mis hors de combat.
Ensuite un brouillard tout semblable A celuy qui de Juin termina les explois , Croyant à l'un des deux estre encor favorable , Les cacha l'un à l'autre une seconde fois.
Le Général de la Hollande , De son Lieutenant Tromp ignorant le destin ,
Se retira vers le Wilin ,
Et les Anglois auprès d'OsTENDE , Où tous deux , à l'abry de la fureur des Eaux , Firent raccommoder le bris de leurs Vaisseaux.
Je dis , la dernière semaine ,
Quelque Nouvelle assez certaine
Du succès de tout ce Combat ,
Et je croy qu'on peut faire estât
Que I'Angleterre & la Hollande N'ont jamais fait sur Mer une perte moins grande. Quelqu'un dit que 1' Anglois fut maistre de la Mer
Dans cette dernière bataille ,
Et le soutient , vaille que vaille ;
Mais on nous le deust confirmer :
Comme , durant cette deffaitte ,
Un vent fâcheux se soulevant
Força Ruiter à la retraite ,
Autant en emporte le vent.
104 A tous ainsi mourir.
MX A sinon faire penser.
I 14 /4 croit que dessous.
l\() A Celuy dont j'ay parlé.