Du 19. Aoust 1666 (Subligny
Ce poly, cet inimitable ,
Dont Louis aymoit tant les aymables Vertus , Renonce à Cour, à Monde , à Gloire Pour s'enfermer dans I'Oratoire ?
L'autre jour, quand on me le dit , J'en eus l'esprit tout interdit, Et je ne le croy pas encore.
Pourquoy quitteroit-il une Cour qui l'adore ?
La raison de cela , Monseigneur , la voicy :
La liberté pour luy jusqu-icy fut un titre , Et vous verrez qu'il fuit ainsi De crainte d'avoir une Mître.
Avecque vous , sans doute , est icy de retour Nostre Chevalier de Lorraine , Qu'enfin la bien-seance humaine Avoit forcé d'aller en Cour.
Que dit-il , & qu'ont dit nos Belles , D'apprendre tout ce qu'il a fait En quinze jours qu'il fut loin d'elles ? Il est un Cavalier parfait ; L'histoire du Brûlot en rend bon témoignage.
Cependant , mon Prince , je gage Qu'avec quelque valeur qu'il ait pu , sur les flots , Sauver un Amiral de sa perte certaine , Il ne s'est peu sauver luy-méme qu'avec peine De quelques yeux de Cour, pires que des Brûlots.
On m'en écrit encore un exploit de remarque. Le Canon avoit fait un grand trou dans sa barque ;
De peur qu'elle ne fist de l'eau ,
Il le boucha de son chapeau , Et , voyant un Pilote en une peur extrême (Je rougiray peut-estre en vous disant cela) , Il mit dans ce chapeau , pour le mieux tenir là ,
Les fesses du Matelot mesme.
Je promis la dernière fois De vous dire en détail le choc des deux armées ; Je le répète encore ; on y fit moins d'explois
Que l'on n'y fit voir de fumées.
L'Amiral de Zelande , mort Après avoir long-temps résisté sous l'effort
Que fit sur luy la Flotte Angloise ,
Fut cause que , malgré le feu Que faisoit de son bord 1' Escadre Zelandoise ,
RuiTER la vit ployer un peu.
67 y^ Ah ! ma foy, j'en tiens la raison.
69 A Qu'il fuit ainsi par trahison.
84 6 pire. [que