Du 4. Septembre 1666 (Mayolas
Dizons encore pour nouvelle :
P* , Comme l'heureuze Caravelle Du brave Duc de Saint-Aignan ,
140 Vigilant & grand Capitan , A fait encor diverse prize.
Aux environs de la Tamize , Voyant un bâtiment Anglois , Elle le mit tôt souz ses loix ;
145 Mais les Commandans se sauvèrent, Dans leurs Chaloupes se jetèrent , Afin de gagner le terrain.
Un autre , dés le lendemain , Remply de fine & belle ardoize
150 Pour couvrir la Maizon Angloize, Fut à fonds coulé , non d'abord ; Et sauva dans son propre bord Le Capitaine , Gentilhomme , Avec quelqu'autre gàland Homme.
155 Un moment après ce combat , Qui luy donne beaucoup d'éclat , Elle rencontre une Frégate , Qu'elle mit encore sous sa pâte , Bien qu'elle fut assurément 1 160 Plus grande que le bâtiment, ' Avec aussi le Capitaine ,
Et trois des siens qu'on nous ameine.
roSen] ^e preux Capitaine Jacob ,
Qu'on ne peut louer peu ny trop ,
165 Commande cette Caravelle Avec tel courage & tel zélé Que ses prizes & ses exploits Etonnent assez les Anglois ; Mais le susdit Duc manifique ,
170 De qui le courage héroïque A de hauts faits sçait s'ocuper, Fait une Frégate équiper [grande , Toute neuve & beaucoup plus A qui l'Anglois je recommande ,
175 Contenant quatre-vingts tonneaux Et dix canons , tous bons & beaux.
Le digne Ambassadeur de France, Le Duc de Chaune , eut Audiance Du Saint-PERE Alexandre sept ,
180 Et , comme tout le Monde sçait Son Equipage , sa dépence , Son Train & sa manificence , Avec un éclat sans égal Il se rendit au Quirinal ,
i85Acompagné d'une Séquelle
178 Chaunes.
Eclatante , nombreuze & belle , Dans ses trois Chars à six chevaux , Suivy de tous les Principaux.
Dans cette superbe demeure ,
190 Avec le Pape il fut une heure , Dont tout le monde juge bien Que fort doux êtoit l'entretien ; Et, le lendemain, le Saint Père, Par un soin extraordinaire,
193 A l'Ambassadrice envoya
Un fort beau Prézent , qu'il tria Parmy les essences plus pures , Eaux de senteur & confitures , Et cela marque assez , je croy ,
200 A quel point il aime mon Roy.
Ces jours passez, nôtre Monarque Receut la glorieuze marque De nos trionfes grands & beaux , Qui consiste en cinq grands Drapeaux
205 Pris à Saint Christophe (où les Isles Sont agréables & fertiles) Sur les entrepreneurs Anglois , Par les Victorieux François, Qui donnent avec avantage
210 Par tout preuve de leur courage.
Monsieur Auger , brave & galant , De qui le soin est fort brillant , Prézenta , d'un air agréable , Ledit Etendard favorable ,
215 Dépêché par le Gouverneur
Du susdit lieu , doux & vainqueur, De Saint-Laurent, qui la commande.
Pour la troupe soigneuze & grande Des Directeurs Occidentaux ,
220 De qui les mérites très-hauts Et soins pour la faveur Publique Rendent ce commerce autentique.
La Duchesse de Parme a fait Un Prince charmant & bien-fait ; 225 Mais la mort de cette Princesse Suspendit bien-tôt la liesse.
[Marguerite de Savoie] [Edouard Farnèse]
Quelques Anglois assez méchans Ont brûlé deux Vaisseaux Marchans, Pleins de fagots , ou de futaille ; 230 Mais cela n'est qu'un feu de paille , Puisque le Holandois m'aprend Que le dommage n'est pas grand ,
204 Conciste.