Du 4. Septembre 1666 (Mayolas
Et , n'en déplaize à l'Angleterre , Ce coup n'est pas de bonne guerre
235 La Reyne Christine, à Hambour, Traita le Duc de Meklebour Avec grande manificence , Dizons à la mode de France , Et la muzique & le concert
240 Suivirent de prés le dessert.
L'Impératrice , sans reproche , Est à Final , ou s'en aproche.
Altesse , pour qui je traduis Les Nouvelles que je déduis , 245 Avec mon ordinaire joye Mon Epître je vous envoyé.
Fait le quatrième du mois ou le raizin nous pend aux doigts.
A Paris, Che:( Ch. Chenault , Imp. & Lib., Aux Armes du Roy , rue de la Huchette. de S. M.
Avec Priv.
(Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 11800. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte la date du 7 septembre, mais l'adresse du libraire n'a pas été changée.)
[Par Charles ROBINET.]
Du 5. Septembre 1666.
Princesse si blanche & si belle , Noble Image d'une Immortelle,
A qui j'ay consacré mes Vers Episloliers , Voici les nouveaux dont ma Veine Vous régale cette semaine ,
Par un juste Tribut de ses soins réguliers.
Que vôtre Faveur éclatante Envers eux soit aussi constante ,
Et répande toujours ses rayons dessus eux ; Sans cela , le Dieu du Parnasse Voudroit en vain me faire grâce ;
On me verroit muet avec ses plus beaux Feux.
Un petit mot de cette Bouche Qui peut animer une Souche ,
Ou bien , que sçai-je , l'un de ses moindres souris . Et quelques regards favorables De ces Yeux qu'on croid adorables ,
Sont bien , n'en doutez pas , d'un autre effet au prix.
i68. — Du 5. Septembre 1666 1 Robinet).
Je débute , au premier Chapitre
20 De cette Gazetiére Epître , Avec un ton exclamatif , Par un très-juste Admiratif , Pensant aux nouvelles Merveilles Que l'Esprit humain, par ses Veilles,
25 Produit chaque jour à nos Yeux , Au grand plaisir des Curieux ; D'autant que j'y dois parler d'une Tout-à-fait rare & non commune , Et qui peut bien , en saine foy,
30 Après avoir ravi le Roy
Et les plus huppez Philosophes , Ravir Gens de toutes étofes ; Mais la voicy, sans plus long-temps Tenir le Lecteur en suspens :
33 C'est un Feu que l'on fait de Terre , Aussi pur que I'Elémentaire , Un feu de qui l'active ardeur Est sans fumée & sans odeur, Et qui , sans bruit même , consume
40 Le Corps sphérique où l'on l'allume. Ce beau Feu , qui n'a nul défaut , Etant parvenu jusqu'au haut.
Montre une flâme qui délecte , Scavoir une flâme violette ,
43 Ayant , vrai comme je l'écris , Toutes les couleurs de l'Iris ; Et puis ce nouveau Météore Prend aussi celles de l'Aurore , Et prés d'une. autre heure ainsi luit
50 Et l'œil doucement réjouit.
En suite , sans que rien ne bouge , Tout devient en un charbon rouge , Qui conserve , avec sa chaleur, Deux heures la même couleur ;
33 Puis , déclinant , la chose est seure , Encore trois heures il dure , Sans un brin sa Forme altérer, Si qu'on peut à lors retirer Le Corps fait ainsi qu'une Boule ,
60 Sans que rien du tout s'en éboule , Et laissant le Foyer si net Qu'il n'a pas besoin du Balet, Autre admirable circonstance De ce Feu remph d'excellence.
63 Mais ce n'est pas néantmoins tout, Et , pour le dire jusqu'au bout , Ecoutez-moy, Gens de Lésine :
Il est fort propre à la Cuisine , Aux Braziers, dedans les Fourneaux,
70 Et mêmement sur les Vaisseaux , Et, nonobstant cela, j'ajoute
Que moins des deux tiers presqu'il
[coûte Que Feu de Bois & de Charbon.
73 Après cela , qu'en dira-t'on ?
Que le Pauvre en sera bien-aise , A nos bons Marchands n'en déplaise; Mais, s'il ne leur plaît, peu lui chaut. Pourvu que son Foyer soit chaud , 80 Et qu'au temps de glace & de neige, Il ait enfin le privilège D'avoir le petit Feu gaillard , Ainsi que Monsieur le Richard.
Les Servantes pourroyent se pendre, 83 Sçachans que de ce Feu la cendre Aux Lexives ne convient point , Mais consolons-les sur ce point , Pour empescher un tel dommage , Les asseurant que leur usage 90 Est certainement des meilleurs Pour les Plantes & pour les Fleurs , Et que , comme en parle un Oracle , Elle fait pour cela miracle.
Or Louis , ayant vu l'effet 93 De ce Feu , ce vrai Feu violet , Dont même la vue est charmée , Ce Feu , bref, qui va sans fumée Et de la sorte contredit Ce que le vieux Proverbe dit ,
100 De plein Pouvoir ledit Grand Sire A donné Parchemin & Cire , Ou le Privilège, en un mot, A noble Sieur Bernard Perrot, Franc Gentil-homme d'iTAUE ,
105 Qui souffle bien en Verrerie, Pour seul le faire débiter Et seul trente ans en profiter Par tout le Royaume de France Et Lieux de son Obéissance.
1 10 II lui donne aussi , par bonté , Lettre de Naturalité , Qui le confirme en sa Noblesse Par une frase toute expresse , Ayant voulu vivre François
113 Sous ce plus grand de tous les Roys, Pource qu'il doit , comme il publie , Ce Chef-d'œuvre de la Chimie A l'Esprit vif & nompareil Et brillant comme le Soleil
120 D'une de nos Dames illustres, Qui mérite Place aux Ballustres , Dame vraiment de beau Renom Et dont Saint Airhile est le Nom.
i68. — Du 5. Septembre 1666 (Robinet).
Enfin, le Duc de Chaune, à Rome, S'est fait écouter du Saint Homme ,
125 Et c'est à dire , en bon François , Qu'il a pour la première fois Eu de Lui publique Audiance , Au nom du Potentat de France.
Or, le Pontife , tout ravi
130 De son Discours très-bien suivi, Et plein de prudence & de zélé , Sortant d'une bonne Cervelle , Lui répondit en vérité En tres-digne Paternité ,
135 Et témoignant, pour vous tout dire. Beaucoup d'amour pour nôtre Sire, Dont il n'ignore pas aussi Les grands mérites , Dieu-merci.
Mais de ce paisible Alexandre 140 Que nous fait-on toujours entendre?
Une cruelle Infirmité Sans cesse accable sa Santé , Dont mainte Eminence vermeille A déjà la Puce à l'Oreille.
145 Monseigneur Chigi , son Neveu, En cette occurance , a fait vœu De n'abandonner point l'enceinte De la susdite Cité Sainte , Et , renonçant au grand éclat
150 Du Caractère de Légat,
De laisser I'Espagnole Infante , Qui de la Fièvre est triomphante , Achever sans lui le chemin Qu'elle doit faire avec beau Train
155 Jusques en la Ville de Vienne , Où , las ! attendant qu'elle vienne , L'Empereur , il faut l'avouer.
Ne sçait plus à quel Jeu jouer.
IM. Rey] L' AMBASSADEUR de la POLOGNE ,
160 Où plus enfin l'on ne se cogne, Prit , Samedy, congé du Roy Par un Discours de bon aloy, Ainsi que de la belle Reyne , Qui son Poste de Souveraine
165 Sçait remplir d'un air si divin ; Puis , il fut voir nôtre Dauphin , Qui , je croi , sans trop de louange , Est encore plus beau qu'un Ange.
Mais , s'il admira sa beauté ,
170 II ne fut pas , en vérité ,
Moins surpris de la gentillesse , De l'accortise , de l'adresse , Du jugement & de l'esprit Qu'en ce qu'il fait & ce qu'il dit ,
175 Tout ainsi qu'un grand Homme, il
[montre En chaque célèbre Rencontre.
Mais c'est l'effet des heureux soins , Qui n'ont que d'illustres Témoins , D'une tres-diffne Maréchale, P»"^
180 A Minerve en sagesse égale, La^
Et qui, dans ce Prince charmant, ^coi Se dresse un brillant Monument, Qui fera bien mieux voir sa gloire Que ne pourroit faire I'Histoire.
185 Cet Ambassadeur fut aussi , Par l'effet d'un juste souci , Visiter Monsieur & Madame , Qu'unit une si noble Trame ; Où le brave de Saint Laurent,
190 Qui du Martyr n'est point Parent, Le receut , exerçant sa Charge Qu'ici prés je cotte à la marge.
d'il duc à< Ami de au{
Il faut vous faire un petit Plat de i De ce qu'un digne Magistrat aoj
195 Me dist le Jour même , à Vinceine , En l'Appartement de la Reyne , Et qui par conséquent est seur.
La Veuve d'un feu Fourbisseur , Qui , vivant , travailloit aux Armes
200 De nôtre Dauphin plein de charmes, Ayant certain je ne sçai quoy A mettre les coeurs en émoy, Un Quidam, beaucoup féru d'Elle , Pressé de son amoureux zélé,
205 Fut la prier de son Honneur , Et , comme effronté suborneur, Vouloit , faute de déferance , Faire à cet Honneur violance ; Mais la Veuve , sans s'étonner :
210 « Vous voulez donc en dégainer, » Beau Primprencau , » ce lui dit- Prenant une claire Alumelle [Elle , Que le Fils de sa Majesté Avoit portée à son côté ,
215 « Hé bien, voila comment je pare I » Et , dans l'instant , sans dire gare , D'un coup défenseur de 1' Honneur,
188 un.
i68. — Du 5. Septembre 1666 (Robinet),
Perce mortellement le cœur
Où ses Yeux avoyent ja fait brèche
330 Avec une invisible Flèche.
Vrai Dieu , quel Remède d'Amour !
A ce spectacle chacun court , Et la Veuve qui si bien tue Dans la Prison l'on constitue ;
335 Mais le Magistrat fort légal , Dont j'ay sceu l'encombre fatal , Ayant du Mort sceu la folie , A la Prisonnière élargie , Et ce qu'on augure , en ce cas ,
230 Par l'instrument de ce Trépas , Est que nôtre Jeune Pompée , Comme Thémis , n'aura l'Epée Que pour vanger & pour punir :
Ce que prouvera TAvenir.
335 Comme au dernier Choc des deux
[Flûtes , Quoy qu'on s'y fut poussé des botes Tant soit peu plus fortes que Jeu, On avoit fait bien moins de Feu , Au rapport de la Renommée,
340 Que de bruit & que de fumée , Le Chevalier Holmes, dit-on, Pour lui faire changer de ton , S'étant avancé vers le Vlie, Par une assez brusque saillie ,
245 Vouloir faire un Feu des plus grands De cent tant de Vaisseaux Marchands; Mais , malgré sa boutade fiére , Etrangement incendiaire , La pluspart de l'Embrasement,
350 Sauvèrent leur Bois prestement Et les Brandons les plus avides
Rencontrèrent maints Vaisseaux vui- Ou chargez de Caillons au plus, [des, Contre lesquels ils firent flus.
255 Mais du Havre la Caravelle , DuJhesse] Qui par tout fait tant parler d'Elle , S'occupe bien contre I'Anglois , Cependant , à d'autres Explois.
Elle a , je l'écris sans méprises ,
360 Déjà fait jusques à cinq Prises, Tant , au désir de son Héros , Le Bon-heur la suit sur les Flots.
Monsieur le Duc des.
Agnan
Les Maîtres des Manufactures Et des magnifiques Verdures
263 Qui se font, par l'ordre du Roy, A Beauvais , en moult noble arroy.
Firent faire de beaux Services Et de tres-pompeux Sacrifices Le Jour Saint Louis , leur Patron ,
270 Et l'on peut dire , tout de bon , Que jamais Feste Solennelle Ne fut plus brillante & plus belle , Tant superbe étoit I'Appareil , Lequel n'avoit rien de pareil ,
275 Pour les Riches Tapisseries , Les Clartez , les Argenteries , Et la Musique à divers Chœurs Qui charma tous les Auditeurs.
Plût aux Dieux, ma grande Patro- 380 Que ma Lettre fût assez bonne [ne, Pour vous charmer pareillement; • J'en aurois joye asseurement.
Le quatre du Mois des Vandanges , Je la fis en fleurant souvent des Fleurs d'Oranges.
A Paris , Che:( F. Muguet , rue de la Harpe , aux trois Rois. Avec Privilège du Roy
(Biblioth. nat., Lc^, 22. Rés — Biblioth. Mazarine, 296. A2. — Biblioth. de l'Arsenal , B. L. i 1802 )
LA MUSE DE LA COUR
[Par PERDOU de SUBLIGNY. J
XVP SEMAINE.
Du Jeudy neufiesme Septembre 1666.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Comment appellez-vous cette jeune Personne
Qui vous a peint ces jours passez
Et de qui la main est si bonne
Qu'on ne peut Tadmirer assez ?
Son adresse est, dit-on, extrême D'avoir pu vous tirer quand vous faisiez cent tours
Et lors que, gambillant toujours , Vous vouliez vous mêler de la peindre elle mesme. Faites que j'aye au moins un de ces beaux Portraits
Afin , Prince , qu'en vostre absence
J'y puisse contempler les traits
Que j'ayme avec tant de constance.
L'Amour veut cette complaisance
Et , pour peu qu'on s'aime ardamment ,
C'est une petite dépence
Que fait volontiers un Amant,
Je viens aujourd'huy pour vous dire
Que tout le Monde vous admire .
Et que , selon l'avis de tous , Quelque estât que le Roy fasse de sa Milice , On n'y trouveroit rien de surprenant sans vous ,
Lors qu'il luy fait faire exercice.
Quand je dis rien de surprenant ;
Voicy comme il faut qu'on le prenne ,
C'est que pour nos Gens maintenant Les titres les plus grands n'ont plus rien qui surprenne. Dire : les Gens du Roy sont fiers , nobles , vaillans , Et parmy leur fierté sont mesme fort galans ,
N'est pas une chose nouvelle, Et , depuis que le Roy n'a formé sa Maison
Que de gens sans comparaison ,
B C portent simplement XV. Semaine.
i  Je ne sçay pas le Nom de la jeune Personne. ^ A Mais Prince , ellt- a la main si bonne.
5 A est sans doute extrême.
16 A Que doit supporter un Amant.
201 i69- — Du 9. (Septembre 1666 (Subligny). 262
Cela s'en va sans dire , alors qu'on parle d'elle ;
Mais de voir un Dauphin charmant ,
A cinq ans , imiter son Père , 55 Ne respirer incessamment
Que l'exercice militaire, Ne s'aimer qu'à theval , en teste des soldas , C'est cela qui surprend & qu'on ne conçoit pas.
Tout de bon , mon aimable Prince , 40 II n'est presque point de Province
D*où l'on ne vienne tout exprés
Pour admirer avec la France
Vostre jeune audace & vos traits ,
Qui sont de si haute Espérance.
43 Dix mille Etrangers , l'autre fois ,
Formèrent dans Vincenne un bruit confus de vois
Qui disoit : « qu'il est admirable !
» O LE beau Prince que voila !
» Que son petit air fier a cheval est aymable 50 » Et qu'il se PLAisT comme cela ! »
En effet , il sembloit que vous eussiez envie
De faire voir à ces Messieurs
Que ce qu'on en disoit ailleurs
N'estoit pas une flatterie.
55 Mais vous devez estre en repos ;
On ne dira jamais rien à vostre avantage
Que , sur de semblables propos ,
L'on n'en croye encor davantage.
Mais est-il vray ce qu'on m'a dit 60 Que, malgré Maman de la Motte,
Vous voulez aller sur la Flotte
Pour vous acquérir du crédit?
Ce seroit bien une autre Histoire.
Quoy , vous importunez le Roy 65 De vous donner un tel employ.
Comme si vous manquiez de gloire?
C'est estre brave avant le temps,
Et , l'une de ces matinées , L'on vous croira , sans doute , une ame de vingt ans 70 Avec un corps de cinq années.
Sur tout ne partez pas sans le congé du Roy > Car on vient fraîchement de me dire à l'oreille Qu'il a fait arrester De Sault & Villeroy Pour avoir, dit-on , fait une faute pareille. 75 Ils avoient demandé congé
D'aller secourir la Hollande ; Mais le Roy, n'ayant pas jugé Qu'il deût souscrire à leur demande , A cause qu'ils estoient employez autre part , 80 Ne leur témoigna point d'agréer leur départ.
203 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subligny). 264
Or, pour des gens de cette sorte , Vous sçaurez que ce sont de grandes cruautez Que de les retenir lors qu'ils sont tout bottez
Et que la valeur les emporte ; 85 Cela fit que , sans l'avertir,
Ils ne laissèrent pas , les Galans , de partir.
Le Roy , sur le champ mesme , ordonne
Qu'on fasse partir des Gouriers Pour les faire au passage arrester prisonniers ; 90 ' Ce que l'on a fait à Peronne.
Ils n'en mourront pas, que je croy :
A tout péché miséricorde ; Et je ne doute pas qu'adoucissant le Roy ,
Leur grâce à la fin ne s'accorde.
95 Entre nous , toutesfois , ce sont des gens perdus :
Ils auront beau faire en leur vie
Les braves & les entendus , Tousjours de ce reproche elle sera suivie : " -
L'on ne parlera point de Flotte ny de Mer 100 Qu'on ne dise : « De Sault faisoit le Diable à quatre ;
» Un jour, ainsi qu'un Tel, il fallut l'enfermer, » Parce qu'à toute force ils y vouloient combattre. »
Entre tant de jeunes Guerriers Qui partirent l'autre semaine, 105 On m'a dit qu'un Neveu de Monsieur de Turenne ,
Chasteau-Thierry , comme eux va pescher des Lauriers. ,
A juger de la guerre ainsi qu'on en raisonne ,
En Testât que sont les Anglois , Ils en ont bien semé dans la Mer aux François, uo Et, s'ils en ont le temps , la pesche sera bonne.
Ce jeune de Chasteau-Thierry, Qu'en vray Prince qu'il est la victoire a nourry , En gagnera , sur ma paroUe , Et , comme en cette occasion 1 13 II va joindre son frère instruit en mesme Escolle ,
Le grand Chevallier de Bouillon , Les Anglois avec apparence.
Maudiront cet Esté les Chevaliers de France.
Le Rendez-vous de tous est autour de Calais , 120 Au Pas du quel on dit qu'enfin se doivent rendre,
Au gré de leurs communs souhais , Les Flottes qu'ils y vont attendre.
Le Duc DE Beaufort est party Pour y venir de la Rochelle ,
86 A Ils ne laissèrent pas Prince , que de partir. 97 A Les galans |{.
^\ A B C mouront. | 111-118 Ces 8 vers manquent dans B C.
265 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subligny). 266
Ï25 Et RuiTER est aussi sorty,
Avec une Flotte fort belle De quatre-vingts-trois grands Vaisseaux , Pour le joindre & courir à des Combats nouveaux.
Seize Vaisseaux Danois s'y doivent aussi rendre , »3o Sous un Vice-Amiral de ce mesme Climat ;
En sorte qu'on peut faire estât
Que, sans aucunement comprendre
Ny Galiottes ny Brûlots,
L'Armement contre I'Angleterre '35 Doit faire tonner sur les Flots
Cent trente-neuf vaisseaux de guerre.
Mais il faudra chercher les Anglois^ dans leurs Ports , Où , comme j'ay preveu moy-mesme , Contens de leurs derniers efforts , 140 Ils se sont retirez déz le vingt & huitième.
^ C'est un coup facile aux François : Nostre Duc de Beaufort, dans sa chaleur extrême , Est homme à s'accrocher à 1' Amiral Anglois , Au Port de la Tamise mesme.
' 45 Sçavez-vous comment fait ce Monsieur de Beaufort
Quand il séjourne en quelque Port?
Vous vous imaginez peut-estre Que , s'il est un beau logement , Il s'en rend aussi-tost le Maistre '50 . Pour s'y loger commodément?
11 n'est rien de moins véritable , Et c'est un Prince infatigable.
Durant le temps qu'il fut au Port des Rochelois , Il entra dans la Ville , il y disna par fois , >55 Mais , quelque Maison bien parée
Qui luy fust offerte d'abord , Depuis le jour de son Entrée Il ne manqua jamais à coucher dans son Bord.
Ruiter , qui tient son Origine , '60 Comme je croy, d'un Dieu Marin,
Tant il entend bien la Marine , Va perdre , en le voyant , bien viste son Chagrin ; Au moins se pourra-t'il répondre Que , fit-il dessein d'attaquer '65 L' Anglois dans la Ville de Londre ,
Beaufort le secourant, son coup ne peut manquer. On dit que Nôtre grand Monarque
129 A viennent ercor s'y rendre. | 135 A Fera tonner dessus.