‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 97 sur 317 · Du 12. Septembre 1666 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 12. Septembre 1666 (Mayolas

73 En une large & longue Plaine , Fort proche du Bois de Vinceine , Le fameux Régiment Royal Qui , sans mentir, n'a point d'égal , Et s'êtoit campé dans des Tantes

80 Amples, nombreuzes & brillantes.

Le Marquis Danjau, sur le champ, Du Régiment Mestre de Camp , Qu'il fait reluire d'importance , Avec grande manificence ,

85 Politesse & profuzion , Fit donner la colation A ce Prince, de qui la grâce, Aussi bien que l'esprit , surpasse^ Tout ce qu'on peut dire aujourd'huy

90 Des Princes plus âgez que luy ; Et sa valeur, comme on espère , Secondera le Roy son Père.

Si-tôt que le Duc de Beaufort Entra dans le Rochelois Port 95 Avec la Flote belliqueuze ,

Gaillarde , brillante & pompeuze , En état de servir fort bien Nôtre Monarque Trés-Chrétien , Ce Prince de mérite rare jpitaine Envoya Monsieur d'EsxEMARE dadne A la Cour, cu donner l'avis A nôtre Souverain Louis Et recevoir son Ordonnance, Qu'avec beaucoup d'impatiance 103 II atend, & puis il ira

Par tout où le Roy luy dira , Jaloux de bien servir la France Et de témoigner sa vaillance.

Je ne puis obmétre en ce lieu MO Que le Chevalier de Groslieu , Dont le renom beaucoup éclate , Partit avec une Frégate , De celles que l'ordre fameux Et le Grand-Maître généreux 113 Du Mont-Carmel & Saint Lazare, Par un soin & zélé très rare Et par permission du Roy, Fait équiper en bel-aroy.

De Saint-Malo quitant la terre , 1 20 Dessus les côtes d'Angleterre, Il fut jeté tout franc & net Vers la Baye de Montrebet Et prit quatre puissans Navires ,

Qui, certes, n'êtoient pas des pires ,

123 Sur les Ennemis envieux , Dont il resta victorieux.

Après avoir donné maint signe De son courage très-insigne , Le lendemain, par ses coups bons,

130 II en fit couler deux à fons , Etant obligé de se batre Et de nouvellement combatre Contre deux autres des Anglois , Et par deux diférentes fois ,

135 Pour les empêcher de défendre, Ou , pour mieux dire , de reprendre Ce que sur eux il avoit pris.

Dans ce combat , il fut occis , Couronné de mainte victoire ,

140 Et si fort jaloux de sa gloire

Qu'il aima mieux m.ourir sur Mer Que de leur demander quartier.

Avec six autres qui , sans doute , Suivoient sa valeur & sa route ,

145 Aussi-bien que ses Oficiers , A l'exemple des Chevaliers.

Je croy que la Troupe ennemie , Alors nulement endormie , En ayant repris un ou deux ,

130 Nous en a laissé deux d'iceux :

Le premier s'abyma dans l'onde, Un peu plus large que profonde ; Le Chevalier de Villemor Qui le montoit , & vit encor,

135 Sceut se garantir du naufrage Et sauva tout son équipage.

Le second court vers Grénezay, Avec le Chevalier Brizay ; Mais Krassaliou le Vicomte ,

160 Chevalier, le troiziéme monte.

Et , par un favorable sort , Il doit le mener à bon Port ; Enfin , le quatrième nage A Saint Malo , près du rivage ,

163 Conduit par Monsieur de Léons , Suivy de quelques bons garçons.

L'action qu'ils viennent de faire Dit que cet Ordre militaire N'est pas moins zélé pour le Roy

170 Que s'il combatoit pour la foy.

Le six du beau mois de Septambre, Au Palais & dans la Grand'Ghambre De nôtre Auguste Parlement , On receut agréablement

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