Du 4. Novembre 1666 (Subugny
Croit que Monsieur un tbl est sans doute dedans
Et , pour le punir tout sur l'heure
De la colère & de l'ennuy Qu'il donnoit à sa femme en venant peu chez luy, L'enferme dans ce coffre afin qu'il y demeure.
La Dame en tremble de frayeur,
Mais cela radoucit Monsieur.
Il ne dit rien qui luy déplaise ,
Ne luy parle que de beau temps Et , pour laisser dormir Monsieur tel à son aise , La meine à la campagne avecque tous ses gens. Cependant elle croit que , par un co.up de Maître , Le Galant s'est enfin sauvé par la fenestre ; Ce penser assez doux rappelle ses attrais.
Mais on revient trois jours après , Et, comme Ton sentit, en entrant dans la chambre,
Une odeur plus forte que l'ambre , On chercha , l'on ouvrit le coffre en question : On vit Monsieur Tel mort en meschante posture, Et le mary, blasmé d'une telle action ,
S'excusa de telle avanture.
Or , on parla diversement
De ce que je viens de vous dire ;
Les Amans plaignirent l'Amant,
Les Maris n en firent que rire. '
J'ay d'autres contes & mon chois Dont nous pourrions causer ensemble.
Mais il vaudra mieux , ce me semble , Les garder pour une autre fois.
Mon Messager revient m'apporter la Nouvelle De la Chasse de saint Hubert.
Elle estoit , m'a-t'on dit , fort belle , Mais les Veneurs ont bien souffert.
L'humidité , le vent , leur donna peu de joye ;
Ce fut bien fait à vous que de n'y pas aller, Car tel , qui poursuivoit sa proye ,
Se vit luy-mesme en proye aux injures de l'air. Que je dise au Roy le semblable , Mon discours sera mal receu , Car c'est un Prince infatigable
Qui ne s'en sera pas seulement apperceu ;
Ce que j'ay dit pourtant n'est pas moins véritable Quoy qu il en soit revenu guay, J'en sçais qui , d'avoir fatigué , Se sont presque donnez au Diable
Que font vos Dames , dites-moi ?
17 A dessus l'heure.
1 31 A fort proche de la Chambre.
1 32 A plus âne que l'ambre.