‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 113 sur 257 · Du 4. Novembre 1666 (Subugky · texte numérisé non relu

Du 4. Novembre 1666 (Subugky

On dit que nôtre puissant Rot Leur donna , l'autre jour , un bal de conséquence ;

Mais dansent-elles en cadence Apres avoir esté prés d'un an sans danser ?

Pour moy , je ne l'osois penser, Et cependant on dit qu'elles firent merveilles.

Entre nous , Dauphik plein d'appas ,

Quand les Dames font de faux pas,

Ce n'est guère par les oreilles.

Voyez-vous , depuis son retour ,

Le Comte d'Auvergne à la Cour ?

Je le croy, car cette semaine ,

Je le vis, qu'il partoit d'icy,

Et son oncle le grand Turennb f

Pour voir Louis & vous aussi.

Qu'aurez-vous dit de sa personne?

Vous l'aurez veu frais , gros & gras :

Mais l'embon-point n'empesche pas

Que, s'il faut donner, il ne donne ,

Et si vous le faisiez parler

De ce qu'il a fait en Hongrie

Où l'on le vit se signaler ,

Vous verriez si c'est flatterie.

Vos braves Dauphins , l'an passé , Eurent prés du vieux bois leur part de sa victoire ; Demanaez-leur un peu s'ils eurent de la gloire Quand le Mcnsterien fut par luy repoussé Et qu'il quitta, voyant un tel Prince en colère, Deux chasteaux usurpez dessus sa Belle-Mere.

Peut-estre l'accuserez-vous D'avoir esté long-temps sans revoir sa patrie ?

Mais pardonnons-luv, je vous prie :

On sçait qu'il est l'illustre Espous

D'une Princesse jeune & belle ,

Et l'absenpe est un peu cruelle Quand il faut quitter Bergue & des charmes si dous : Du moins c'est ma pensée et c'est sans raillerie.

Comme tout peut-estre icy bas ,

S'il arrive qu on nous marie , Ne fût-ce qu'un moment je ne vous quitte pas.

On parle encor du faux Massœ Que depuis peu le grand Visir Avoit sauvé pour son plaisir, Encor qu'il eust troublé la moitié de I'Asib. Lassé de le voir sans raison , Et de ses sottises nouvelles ,

ISeJ&afhal lSebbhi]

162-163 A On dit que l'autre jour le Roy Leur fit un bal de conséquence

169 A des faux pat.

193-196 A Mais , outre que, depuis la ruèrre de Les Estats le choisirent tous [Honoris,

Pour Chef de leur Cavalerie , Le secret est qu'il est l'eapous D'une Puhcbssi jeune Se belle Et que l'absence est fort cruelle.

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On Ta remis dans la prison , A ce qu'on dit , aux Dardai<nbllrs , a 10 Et , si le Grand Sultan persiste en son humeur,

Le Prophète bien-tost ne sera qu'un rameur.

Le Grand Visir est fort en peine :

La Peste est par tout dans son camp Et fait là mourir sur le champ 215 Les meilleurs soldats à centaine.

On compte qu'en deux mois de temps Il a perdu , par cette peste , Dix mille braves combattans De trente qu'il avoit dans un estât fort leste. 220 Le Sultan est en peine aussi , de son costé ,

D'un fort grand peuple révolté, De ceux qui continent la Perse.

Une secte en est le sujet :

Un Bassa mécontent en conduit le projet , 225 E* Ie Messie encore ajloit à la traverse

Et pour croistre le remuement , Lors que l'on s'en saisit fort politiquement.

On dit je ne sçay quoy de la paix de Venise , Mais je n en trouve pas la Nouvelle de mise. 230 Le Chancelier Ballarini ,

Son Ambassadeur à la Porte , Dit que le grand Visir s'y porte Et que le grand Seigneur ne diroit pas nanny. Il a quitté Constantinople , 235 Pour se rendre dans Andrinoplb ,

Sur l'ordre du mesme Visir ; Mais , qu'à loisir on luy propose Et qu'on la, conclue à loisir.

Il me reste à dire autre chose.

240 Le Traitté de Bremen est fait

Et le Suédois satisfait • Du moins asseure-t'on bien fort cette Nouvelle.

, Entre-nous , je la crois aussi Et , dés que j'apperceus liguer pour sa querelle , 245 Je me doutay tous jours qu'il en iroit ainsi.

A Dieu , je vous attends sans faute Pour le vingtième de ce mois.

Amenez avec vous le plus puissant des Rovs , Avec cette Maman de qui l'ame est si haute. 250 Vous ne sçauriez vous figurer

Avec quel excez d'allégresse Et quelles marques de tendresse

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Paris attend ce bien qu'on luy fait espérer. Tout y rit déjà par avance «55 Et gouste le plaisir de revoir son grand Roy,

Mais , s'il trompe cette Espérance , C'est fait de Paris & de moy.

de SUBLIGNY.

A Paris , Cher Alexandre Lesselin , au coin de la rue Dauphine , devant U Pont-neuf. Avec Privilège dm Roy.

La signature et T adresse du libraire ne se trouvent que dam A.— BC placent ici la date.

(A La Mute de Cour 1666 (voy. tome I , col. 909) , pp. 189-196. B La Muse Dauphine 1667 — 212-221.

C La Mute Dauphine 1668 — 212-221.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Chailii ROBINET.]

Du 7. Novembre 1666.

Par deux ou trois mots de harangue , Jeune & belle Divinité Digne de l'Immortalité , Ma Clion , derechef, vient de vous prendre langue;

5 Elle vient , 6 son cher Support ,

Prendre de vous un Passeport Pour ses Productions nouvelles.

C'est luy qui luy porte Bon-heur Et qui mit qu'avec tant d'honneur

10 On l'écoute aujourd'huy dans les belles Ruelles.

« Ah I c'est la Muse de Madame , »

Dit-on , c qui nous vient visiter ; » Paix-là , chut ! il faut l'écouter, » Car elle doit avoir esprit , brillant & flâme.

15 » Cette Princesse , » ajoute-t'on ,

«r A le Goût fin , a le Goût bon , » Elle n'est rien qu'Intelligence;

» Il faut , donc , nécessairement » -

Vous voyez leur Raisonnement ,

ao Madame , & quelle en est pour moy la conséquence.

Je sçay que fausse elle peut estre , Quoy que les Principes soyent vrais ;

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