Du S* Décembre 1666 (Rorinet
i7;Deui Comtes, qu'on dit de haut
[rang , L'un Anglois & l'autre AJemand.
Le Général & Major même , A qui le teint en devînt blême , En eut pour un Bras fracassé ,
180 En danger d'être Trépassé. [me , Cependant Salin, comme unTfiER- Dans son Poste demeurant ferme , Envoya le reste bouillir, Sans qu'on l'osât plus assaillir ;
185 Et , pour lors , quelque Infanterie , Toute preste à faire Tuerie , S'approchant pour le soutenir, On ne l'attendit pas venir.
Les Palatins se retirèrent
190 Et vers leur Camp s'en retournèrent. En suite , Monsieur de Salin , Quoy que de gloire déjà plein , Eut ordre , poursuivant sa Pointe , Apres que l'Armée il eut jointe ,
195 D aller ataquer le Château ; Et , l'ayant fait très-bien & beau , Apres encor quelque escarmouche, Où plusieurs eurent de la Touche , ' Il se rendit , ce mande-t'on ,
300 Doucement à discrétion ;
Et, dés le lendemain , les Troupes Furent manger en paix leurs soupes, Chacunes chez soy, bien s'entend , C'est jusqu'où mon sçavoir s'étend.
305 J'avertis toute Ame enquerante Que I'Impératricb est à Trente , Et qu'avec exultation Une belle Collation , Avecque grand soin préparée ,
210 Luy tut là faite à son Entrée , Par un magnifique Seigneur Lequel en eut beaucoup d'honneur.
Entr'autres friandes Pâtures , Force charmantes Confitures
315 (Que j'aymerors mieux qu'un Ragoût) Chatouillèrent le plus son Goût.
Mais , las 1 à quoy s'amuse-t'elle ?
C'est pour Elle une bagatelle :
Des Bon-bons bien plus délicats
320 A Vienne attendent ses Appas :
Mais , cette , il n'est qu'un mot qui
[serve :
C'est r Amour qui les luy reserve , Et par tout il l'en sevrera , Désirant qu'Elle en goûte là.
235 Les Barnabitbs , dedans Loches , Au triste Carillon des Cloches , Ont fait un Service chez-Eux , Magnifique autant que pieux , Pour Séei , cet avmable Comte
3jo Que la Barque n eut point de honte De ravir n'aguére à sa Fleur.
De chez-Eux un grand Orateur Qui dans leur Collège régente Fit une Oraison excellente
sj5 Dans la Langue de Gcéron , Qu'il parle comme Luy, dit-on , Et sept Ecoliers de sa Classe Dirent aussi de bonne grâce Quatorze Eloges, bien tissus ,
340 Sur les éclatantes Vertus
De ce cher Défunt, dont le Père Ces Religieux considère , Avant procuré mêmement Illec leur Etablissement.
345 Or, à cette Cérémonie
Nombreuse fut la Compagnie.
On y veid même tous les Corps , Qui , par de louables accords , Voulurent la rendre plus belle ,
350 Et , bref, y signaler leur zèle Envers cet Illustre Seigneur De Saint-Aigjun, leur Gouverneur.
A présent la Réjouissance Est grande dans la Cour de France 355 Et l'on en chasse tout à fait Le Chagrin par un grand Balet.
Lors que j'en sçauray davantage , Vous le verrez dans nôtre Ouvrage.
Je sçais un rare Evénement 360 Qui vous plairoit asseuréiqent , Mais c'est pour la prochaine Lettre, Ne pouvant pas Icy le mettre.
A propos de Lettre , il en court Qui sont dignes du plus beau Jour, 365 Et jamais Balzac & Voiture N'y firent œuvre , je vous jure.
Rien n'est plus fort ny plus coulant, Et , pour tout dire , plus galant.
Elles sont aussi d'une Dame ,
Réiorlqoe
Madame
la KarvotM
270 Toute-Belle & de Corps & d'Ame. £*$£]
555 197. — Du 5. Décembre 1666 {Robixbt). 534
Vous les verrez , sçavez-vous où ?
C'est chez le Libraire Rdou ,
an Palais, fls-è-Tis la Sctnto Chapelle, ànmafedeS.L0Ql8
Avec un at&t Livre rare Ecrit par le Sieur de la Babe , 175 Sur la CaÏbnhe , beau Pals A nôtre Roy par Luy conquis.
Le Papier me manquant d'écrire aussi je cesse , tuhaitant tout bon-heur à l'Illustre Princesse.
Au quart jour de Décembre , en l'an soixante-six , 280 ' Je grifonné cecy, d'un sens des plus rassis.
A Péris, CJu{ F. Muguet, rue de la Harpe t aux trois Ans. Avec privilège du Roy.
(Biblioth. ntt., Le1, 22. Réf. — Biblîotb. Mazarine, 396. À*. — Biblioth de T Arsenal , B. L. ilSot. — Biblfoth. At M. le baron James de Rothschild.)
LA MUSE DE LA COUR
[Par PERDOU m SUBLIGHY.]