‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 144 sur 257 · Du 17. Décembre 1666 (Subughy · texte numérisé non relu

Du 17. Décembre 1666 (Subughy

Ces femmes , jettant feux & fiâmes , Voulurent là , sans différer.

L'obliger à se déclarer.

Le sot le fit pour l'une d'elles , Mais en mesme temps il fut pris Par ses trois Compagnes cruelles Qui , pour se venger du mépris .

Le garoterent sur un chesne Et , là , le mirent hors de peine D'estre de pas une l'Amant.

Il en mourut , dit-on. Adieu , Dauphin charmant.

de SUBLIGNY.

A Paris, Char Alexandre Lesselin, au coin de la rue Dsuphùu, devant le Peut neuf. Avec Privilège du Rot.

La signature de routeur et Vadresse dm libraire ne se trouvent que dans A. — - ifc placent ici la date.

(A La Muse de Cour 1666 (vàyei tome I, eot. 909), pp. 157-344. B La Muta Dauppine 1667 — ' 179-981.

C La Muse Dauphine 1668 — 272-981.)

LETTRE EN VERSA MADAME

[Pai Chailii ROBINET.]

Du 19. Décembre 1666.

fO

De plein pied v Muze , commandons Sans complimens & sans façons.

La juste Douleur de Madame Occupe toujours sa grande Ame Et la plonge dans les Ennuys Sur la perte de son cher Fils , Et contre toute Bien-séance J'en croirais avoir Audiance.

En attendant donc que les Dieux Luy rendent l'Esprit plus joyeux .

Addressons encor la parole A nôtre Lecteur Bénévole , D'autant plus que nostre Discours Sur le même Sujet doit reprendre son Cours.

>5 J'obmis en ma dernière Lettre Ce qu'en celle-ci je vais mettre , Qu'on avoit avecque splendeur

De ce Prince porté le Cœur Prés Celuy de la Reyne-M£re , 20 Au Val où sa Mémoire est chère ,

La Val 4e Oraoa

20i. — Du 19. Décembre 1666 (Robinet).

Tout ainsi que les Intesiims En I'Eguse des C£lbstins , Pour estre mis dans leur Chapelle , Et si magnifique & si belle , 15 Consacrée aux Ducs d'OniJLufs ,

rntBid ^C01111116 Ie P*n** » <te tout Temps, conwo] Le digne Evbsque de Valance , Mettant en Deuil son Eloquence , Parla sur ces deux chers D&posts

30 Aussi fortement qu'à propos , Et , bref, par de funèbres charmes Des Yeux plus secs tira des larmes.

Ce grand Prélat, des plus bénis , En fit autant à Saint Dents ,

35 Présentant à la Sépulture Ce petit Corps où la Nature S'estoit plue à peindre 1* Amour , Pour charmer toute nôtre Cou».

Or, comme aussi dans l'autre Epitre

40 Je passé tout court ce Chapitre, Ignorant l'Ordre du Convoy, En Ecrivain de bonne foy, Je vais présentement l'étendre Comme depuis j'ay pu l'apprendre.

45 Quatre Ordinaires de Monsieur ,

Les tlean Detpon , Desmmhos t Btflll et 8nmean

En deuil jusques au fonds du cœur, L'ayans jx>sé dans un Carrosse , Lors le Char de la Mort féroce , Sous un Poêle de qui les Coins 50 Etoyent , par de lugubres Soins , Soutenus d'autres Gentils-hommes ,

LeSteord* FouUteo, premier Qfwilllhnmme ordinaire, et tes Stenre de Jony, de VDHere et du Verdier, GentUskommee de le Ckembre

Tous certes de tres-galans Hommes.

Ledit Prélat monta Léans Avec plusieurs honnêtes Gens ,

55 Tous nécessaires à cet Œuvre , * Sçavoir : de Saint Pol & de Ccbuvre, Ces deux choisis , en bonne foy, Pour faire l'Honneur du Convoy ; L'Abbé de Montaigus encore ,

60 Qui mérite bien qu'on l'honore ; Item , le tres-pieux Pasteur De la Paroisse de Monsieur , Et , bref, la Dame Gouvernante , Avecque la Sous-Gouvernante.

Le Merqoise de Seint Chaînent et le Deme des Cornes

65 Ce Carrosse estoit devancé , Et d'Original je le sçay.

De ceux des Ducs & des Duchesses ,

De Ceux des Princes & Princesses , Et , pour n'oublier rien enfin .

7» De Ceux de nôtre Grand Dauphin Et de la Revne & du Monarque , Lequel , par une tendre marque , Avoit , en son Dueil violet , Estant afligé tout à fait ,

75 Esté donner de I'Eaû Benîtb Au Défunt, dans son Royal Gîte.

Tous les Gardes Suisses suivoyent, Et derrière le Char marchoyent.

Les Gardes du Corps de I'Altesse ,

80 Moins noirs d'Habits que de Tristesse.

Maints Gentils-hommes, Officiers, Tous montez sur leurs Destriers , Alloyent aussi devant les Suisses , D'un grand Dueil donnant les Itidi-

85 Et des Pages infinité , [ces .

Tant de chacune Majesté Et des deux Royales Altesses Que des Princes, que des Princesses, Et des Dames & des Seigneurs ,

9<>Portoyent, en ces tristes Honneurs , Avec Valets de Pied sans nombre , Des Flambeaux pour dissiper l'Om- Mais qui» se mêlant à leur Jour, [bre, Lui formoit un lugubre Atour,

95 Si que cette Lumière blême Sembloit estre en Dueil elle-mesme

Leursdites Altesses, ayans Ici receu les Complimens De tout le grand & le beau Monde ,

100 Dessus leur Perte sans seconde , Lundt, reprirent le chemin Du beau Château de Saint Germain, Pour, auprès des Porte-Couronne Qu'un parfait Bon-heur environne ,

105 Donner un peu plus aisément Le change à leur ressentiment.

Mais j'ay sceu que, dessus la route.

Le Sort , alors ivre sans doute , Avoit fait rudement bercer

s »e Et , qui pis est , même verser Les Filles de nôtre Héroïne , Et , dont j'ay l'Ame fort chagrine , Que 1 l'une en a receu méchef A son habile & sage Chef.

■ 15 Je souhaite que sa Disgrâce Ait esté sans suite ni trace ,

Car Mademoiselle du Bellay

Mais non , à propos , je me tay *

loi. — • Do 19. Décembre 1666 (Robinet),

Comme d'Insulte elle s'irrite »*> Quand on parle de son Mérite.

Laissons-la donc , & dans le Nom , Bien loin d'Elle t prenons l'Essor.

La Pologne, en mauvaise assiéte,

Est réduite encor à la Diète ; "5 Après cela , veuillent les Cieux

Qu'elle se puisse porter mieux !

Mais , ce Coups estant plein de Bile,

Sa Guérison est difficile ,

Et cette Diète , mémement , ^Au bilieux Tempérament

Est , ce me semble . très-contraire

Et l'échaufe pour l'ordinaire.

Mais le beau Médecin d'Estat !

Ne suis-je pas un plaisant Fat , >35 En ignorant les grands Mystères ,

De raisonner sur ses Affaires?

Entretenons les Curieux

De choses que nous sçavons mieux.

L'Impératrice & belle Infante , 140 Dans ses Amours toute galante , A fait tenir à son Epoux Pour vingt mil Ducats de Bijoux , Avec un Damer fort superbe (Je puis user de cet Adverbe ) ; '45 Mais , par un cas bien déplaisant , Il manquoit à ce beau Présent Toute la principale Dame , Ce qui d'iGNACE affligea l'Ame , Ne pouvant s'en servir alors 1 50 Sans tenir cette Dame au Corps.

Mais elle luy sera venue , Et Je croi qu'il l'aura receue A Bras ouverts & qu'en un mot Il joue au Damier comme il faut.

>55 Des Elémens le plus mobile, ***** S'estantprîs en certaine Ville Proche Elbing , en a mal usé , Car tout par luy fut embrasé , A la Troyenne ou la Lonqkoise ,

160 Sans qu'il y restât une Ardoise.

Ouais ! l'on n'entend présentement Parler que de cet Elément.

Ahl je croi que, pour chose vraye, Par ces Préludes , il s'essaye

165 Pour ce terrible Embrasement

Qui doit , au dernier Jugement , Servir d'ardante Sépulture A toute la pauvre Nature.

Encor deux petits mots du Nord.

170 A la fin , par un bon Accord , Ceux de Brème ont fini leurs noises Avec les Troupes Suédoises.

Les Assiégez , les Assiégeans , A présent fort tranquiles Gens,

175 N'attendent plus de l'Assistance Pour l'Ataque & pour la Défence , Se disans , comme en leur Débat • Le Proverbe : A bon Chat, bon Rat.

Non , ils abjurent cet Adage

180 Et se disent en doux langage :

€ Beuvons ensemble désormais s Et vivons en étroite Paix 1 s

Une Nouvelle est en Campagne , Qui chante que le Roy d'EsPAGNE 1S5 N'est pas en très-bonne Santé :

Quand j'en sçauray la vérité Je vous la diray toute nette.

En attendant. Lecteur, voici l'Histo-

[riette.

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