Du 16. Janvier 1667 (Robinet
Aussi quelque merveilleux Jus Qui pût faire haïr Baccus.
145 Lui, sans tenir un long langage, Lui promet de même un Breuvage Pour le lendemain au matin ; Mais , par un tour du faux Destin , On vous lui donne le Remède
350 Qui faisoit aller en Suéde, Et l'on envoyé à l'autre en fin Ce qui faisoit haïr le Vin :
Ce qu'on appelle d'ordinaire Un Qui-pro-Quo d'Apoticaire.
255 Ainsi tout le jour, dans son lit , Monsieur le Gras vainement git , Attendant que la Sueur vienne ; • Mais plus grande encor est sa peine Lors que, par un contraire Effet,
260 Pensant boire un doigt de Clairet , A peine a-t'il mouillé la Lèvre Qu'il pense qu'encor on le Sévre Et qu il goûte du Chicotin Sur le bout de quelque Tetin.
265 Cependant, le Porteur de Chaise N'est pas , ma foy, plus à son aise ; Le malheureux fond tout en eau
Et succombe sous son Fardeau , Tant la sueur, sur lui féconde ,
170 Tous ses pauvres Membres inonde.
Il se croid lors empoisonné De ce Breuvage , à lui donné Par sa bonne & fine Femelle Pour le guérir de la Gravelle ;
*75 Mais , sur sa plainte au Médecin , De P Affaire ayant sceu le fin , Il grata de façon idoine A sa chère Moitié la Coine Et , de dépit , plus que jamais ,
280 Alla pinter sur nouveaux frais. * Quant au M onsieur chargé de Graisse, • Il est encor dans la détresse De ne pouvoir taster au Vin Sans s'évanouir tout soudain ;
**5 Et , par une douleur griéve , S'estant trouvé Roy de la Fève (Car l'Evénement est nouveau ) , Il ne pût qu'avec de pure eau Faire crier sa Compagnie ,
*9° Laquelle aussi , par Ironie , De toute sa force crioit :
Le Monarque des Canes boit.
J'ay mis cet Ecrit sous la Presse , Expressément pour son Altesse , Le quinze de Janvier, où nous sentons aux doigts Un vrai froid Allemand plutôt que froid Français.
A Paris , Chat; F. Muguet, rua de la Harpe , aux irais Rois. Avec PrivUdg» du Rcp.
(Biblioth. nat., Le2, aa. Rés. — Biblioth. Maxarine, 296. A9. — Biblioth. de l'Arsenal , B. L. 1 180a. — Biblioth. de M. le baron James de Rotbechild.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pas Chaklb» ROBINET.]
Du 23. Janvier 1667.
Quand Dimanche aporoche, je doit Agir de l'Esprit & des Doigts Pour faire une Lettre à Madame.
Appliquons-nous donc à ce soin , Et vous , Clion , dont j'ay besoin , Venez transmettre en moy vôtre Historique Flame.
Ah 1 j'ay déjà ce que je veux , Et vous répondez à mes Vœux Aussi-tôt <jue je vous reclame.
Mais je vais rimer prestement Sans vous en faire Compliment , Car , Ô chère Clion t c'est pour plaire à Madame ,
Et , si pour Elle encor j'invoquois vos huit Sœurs , répandroyent à l'envi leurs Faveurs.
Elles me
15 Parmi les Troupes joviales Qui chez les Altesses Royales Furent en Masques à leur Bal , Qui ne peut guère avoir d'égal .
A bon droit , je me l'imagine ,
20 Parut la Duchesse poupine Que Ton nomme Mazarini , Objet de maints Attrais munis Et qui pourroit bien, ce me semble, Avec tant de Charmes ensemble ,
*5 Rendre heureux Monsieur son Epous, Si le Sort , de son heur jaloux , N'alteroit sa Santé sans cesse , Car ce Duc rempli de Sagesse A d'ailleurs» si Seigneur en a ,
30 Provision de Mammona.
Dieu veuille donc , je l'en conjure »
Lui rendre une Santé qui dure Et , par là , remplir les Souhais Que sur ce Point j'ay déjà fais.
35 Mais , fermans cette Parenthèse , Retournons vite à nôtre Thèse.
Avecque cet Objet charmant , Sous un gaillard Déguisement .
Etoit cette autre Auzonibnnb
40 (Et c'est à dire Italienne) , Sa Sœur , qui Mariane a nom , Dont l'Espnt & le Corps mignon , La bonne Grâce & la Sagesse La rendent si digne Duchesse ,
45 Et, pour en faire tout le Plan , Epouse du Grand Chambellan Qui de Godefroy résuscite En lui le Cœur & le Mérite.
Le Prince aussi de Meklebouro ,
5° Fort estimé dans nôtre Cour , Et la Princesse sa Consorts , Laquelle a toujours pour Escorte, Les Grâces , les Ris <k les Jeux Et le plus beau de tous les Dieux ,
55 Y furent en riche Equipage, Et mêmes eurent l'avantage D'être parmi tous reconus Au grand air dont ils sont pourvus
M. le Doc
de BoolOofi
rchritttan- Lonis,dno doMeoklembourg] [BUn1w&- Angéttqa* de Montmorency]