‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 155 sur 257 · Du a3. Janvier 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du a3. Janvier 1667 (Robinet

Aussi , dit-on en haute game , 60 Que la belle & brillante Dame Soùtenoit des mieux le beau Rang Qu'à présent par tout Elle prend, Par Tordre du Rot , de Princesse .

Madame Comme chez sa Royale Altesse 65 Elle avoit fait depuis deux Jours , Sans affecter qu'un grand Concours Fût lors le Témoin de sa gloire ; Car on m'a dit , j'en ay mémoire.

Que le Cercle étoit au déclin 70 Et beaucoup plus vuide que plein Quand Elle alla prendre sa Chaise, N'étant plus fiére ni plus aise De cet Honneur qu'on lui rendoit Que d'une chose qu'on lui doit.

75 Le Soir même , cette Princesse , Qui fut de Chatillon Duchesse , Courut pareillement , dit-on , Avec son Epous, le Momon Et fut en un beau Bal de Ville ,

80 Dans nôtre aimable & riante Ile , Au logis des fameux Sainctots , Où, pour tout dire en peu de mots , Une Beauté de leur Famille , Beauté laquelle beaucoup brille,

85 Qu'on nomme Madame de Dreux , Bien digne d'Hommage amoureux , Etoit des Pas la Souveraine , Ou du Bal l'admirable Rsyne.

Aussi s'y fit-il un Concours

90 Tel qu'aux beaux Jours l'on voidaux

[Cours , Et je pourrais encor plus dire , [re, Sans au'en Faux l'on pût s'en inscri- Que 1 on y courut comme au Feu , Car le Sort , souvent Trouble Jeu,

95 Par là voulut que I'Assamblée Dans ses Plaisirs se veit troublée. Mais, presques en un Tourne main, On éteignit ce Feu malin , Et , si Ton cria davantage :

100 « Au Feu , au Feu , » ce fut, je gage, Celui que Madame de Dreux Allumoit aux Cœurs par ses yeux.

Au reste , Monsieur & Madame Qu'unit une si noble Flame , 105 Cachans leurs beaux Individus Dessous des Atours de bibus ,

Honorèrent de leur Présence Le susdit Bal de conséquence , Et pareillement, IcJeudy

1 10 C'est le précédant que je dy ; , Furent chez ce Foudre de uuerrç , Le grand la Ferté-Séneterre , Lequel , en Mortel r'adouci , Donnoit chez lui grand Bal aussi

115 Et souffrait (ô quelle merveille !) Des Violons à son Oreille , Lui qui n'écoute volontiers Que les Instrumens meurtriers [ne, Par qui , dans les Champs de Bello-

iao S'explique la Parque Félonne.

Mais ne vous en étonnez pas :

C'est le doux Effet des Appas De sa Momé , charmante & sage , Qui mitigé ainsi son Courage ;

>*5 Et c'est ainsi que Monsieur Mars , Chef de tous les belliqueux Gars , Parêt tout rempli de Tendresse Aux Pieds de la belle Déesse Qui mit au Jour le petit Dieu

«*o Qui dans tous les Cœurs met le Feu.

On compte , de cette Semaine , D'autres Bals plus d'une Vintaine Donnez avec Solemnité Dans la Parisienne Cité , 135 Et plus de cent Fredons de Masques Qui, sans commettre nules frasques, S'y sont trouvez sous divers Noms Et des Habits des plus bouffons.

La Cour, à Saint Germain en Laye, 140 Où se rencontre mainte Laye , Se divertit semblablement , Tout à fait agréablement , Et l'excellent Balet des Muzes , Qui vraiment ne sont plus camuses 145 Depuis que , de belle hauteur, Louis se dit leur Protecteur , Contient tant de choses plaisantes Et qui sont si satisfaisantes Qu'il vaut seul , par ces Agrémens «5° Les autres Divertisse mens.

A propos de Réjouissances , De Cadeaux , de Momons , de Dan- Cloton aussi ne fait pas mal , [ces ,

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