Du 6. Mars 1667 (Robinet
Dans le Tumulte & la Rumeur « Bmsiao D'un Peuple en sa mauvaise humeur ;
215 Les autres , qu'une Apoplexie A mis des bornes à sa vie , Et les autres , que le Poison A la Pologne a fait raison De ce grand Rebelle hypocrite ,
aao Lequel , faisant la Chate-mite , Regnardoit néantmoins sous main Pour détrôner son Souverain.
Quoi qu'il en soit , le Ciel châtie , Ou tôt ou tard , la Perfidie ;
«5 Mais , avant que de raisonner Et que de rien déterminer, Attendons sur cette matière Plus d'asseurance & de lumière.
Le grand Balet Impérial ,
«3° Balet que l'on danse à Cheval Et préparé selon les Régies Pour la Souveraine des Aigles , Fut dansé , la première fois , Un jour du pénultième mois ;
*J5 Mais Ignace , l'amoureux Sire , Ne partageant pas bien l'Empire Avec le Seigneur Jupiter , Il lui plût le déconcerter Par certaine fâcheuse Pluye ,
Mo Qui mouilla fort la Compagnie , Qui chiffonna tous les Habis Couverts de Perles & Rubis , Qui défrisa blondes Perruques Qui couvroyent quantité de Nuques,
345 Détrempa Plumes & Capots , Sans doute très mal à propos , Et , d'une funeste manière , Fripa la petite Oye entière De ces Equestres Baladins ,
2 5» Ainsi que de leurs Guilledins ; Si bien que tel fut le dommage Que causa cet humide Orage .
Que , selon ce qu'on en écrit (Dont I'Empereur fut moult contrit),
*35 On mit de belle & bonne sorte Le Ballet derrière la Porte , C'est à dire qu'il fut surcis Pour des jours , je croy, plus de six. Mais , après aussi ledit terme ,
260 On s'en divertit fort & ferme , Et ce beau Divertissement
Agréa d'autant plus vraiment Aux Spectateurs & Spectatrices Que le Temps , sujet aux Caprices , **5 Alors plus complaisant pour eux , Ne fut point du tout pluvieux.
La Saison dite Carnavals Ayant été fort joviale Dans toutes les tranquiles Cours ,
370 Elle a gayement fait son cours Aussi chez le Duc de Lorraine , Encor un peu d'humeur mondaine.
La Comédie & le Balet Par Gens triez sur le Volet ,
275 Le Bal avec la bonne Chère, Les Jeux & Combats de Barrière , Courses de Bague & du Sceau<TEau, Où maint se mouilla le museau , Les Feux remplis de Pétarades ,
280 Et , bref, les belles Mascarades Furent , durant les trois jours gras , De cette Cour-là les Ebats.
Je me sens l'Ame toute gave , Sçachant qu'enfin c'est à la Haye
285 Que l'on doit traiter de la Paix , Et que , pour remplir nos souhais , Le Roy des Anglois l'a choisie.
Car, quoi qu'on glose & quoi qu'on Dessus un Chois si surprenant , [die
*9° J'en augure bien maintenant , Et je croi que ce sage Sire Tout de bon cette Paix désire.
En finissant , n'oublions pas L'Hymen de la belle Brancas ,
395 Que dans nôtre dernière Lettre , Faute d'avis , je ne pus mettre.
Je dis donc que cette Beauté , Chef-d'Œuvre de la Volupté , Est I'Epouse d'un jeune Comte , >
300 Lequel y trouva bien son compte :
C'est le beau Comte de Mon-Lor , Qui l'aime cent fois plus aue l'Or, Et sans doute elle en fait ae même , Ce qui rend leur plaisir extrême.
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