ROBINET
Du 24. Avril 1667.
Altesse , plus belle cent fois Que Nocret ne sçauroit vous peindre , ^ Quoy oue , le Pinceau dans les Doigts , Il n'ait de ses Rivaux que la Nature à craindre ;
Altesse , bien plus sage aussi Qu'en Prose & Vers on ne peut dire , Quoy que Ton mist tout son Souci A dire sur cela ce qu'en vous on admire ;
Altesse , d'Ame grande encor Plus qu'on ne sçauroit le comprendre , Quand on feroit tout son effort Pour aller aussi loin que ce Point peut s'étendre ;
Altesse d'Esprit élevé Comme une pure Intelligence , En un mot , Chef-d'Œuvre achevé ,
Où les Dieux font briller leur adorable Essence , Voicy ce qui vous appartient
Et que Clion vous doit , lors que Dimanche vient.
Ayant, comme j'ay dit, Commerce Dans la Cour du Sophy de Perse , Où va ma Lettre , en son Circuit , J'ay sceu qu'il n'étoit rien du Bruit Qu'on faisoit courir que la Parque Avoit moissonné ce Monarque , Et que son Fils & Successeur.
Ayant abjuré son erreur , Dedans la Capitale Ville , Pour suivre le Saint Evangile , Le Peuple , en Lutin dechainé ,
joS'étoit contre luy mutiné.
J'aurois voulu que la Nouvelle Eût esté vraie autant que belle ; Je l'écrirois en bon Chrétien , Ainsi qu'en franc Historien :
)5 Je vous dis , d'une ame ingénue , La Chose comme je l'ay sceue ,
Et comme elle est certainement Par un infaillible Argument , A sçavoir que les Jésuites ,
40 Ces grands & sages Casuites , Ne sçavent rien , en vérité , De la susdite Nouveauté , Quoy que les chers Missionnaires De ces zelez & fameux Pères
45 Soyent là , dedans Hispan , postez , Pour, de leur zèle transportez , Tâcher, par maint ftsçavant Prône, D'élever la Foy sur le Trône.
A propos de Religion , 50 La fâcheuse Combustion Qu'elle causoit dans la Russie , Où l'on croid au divin Messie ,