Du 29. Octobre 1667 (Robinet
Et Ton void cela tous les jours :
Des choses c'est l'ordre & le cours.
Ainsi , des Aigles le beau Sire ,
60 Tandis que Cazimir soupire , De son côté , se réjouit Et d'un charmant plaisir jouit , Voyant le Fils qu'a mis au Monde Son Epouse belle & féconde.
65 U poussa , d'aise , maint élan Lors que, par le Grand Chambellan, U apprit de cette Naissance La Nouvelle de conséquence , Et fit au cher Porteur, de plus ,
70 Un Présent de dix mille Ecus.
C'est une assez honnête Somme , Et je croi que ce galant Homme Feroit volontiers , dans neuf mois , Même rapport, une autre-fois ,
75 Pour tel Prix & pour tel Régale De la Faveur Impériale.
Si je lis bien dedans le Cœur De cet excélent Empereur , U voudroit bien aussi , je gage ,
80 Dans neuf mois, un pareil Message; Mais je proteste , en bonne-foy, Qu'il ne tiendra du tout à Moy.
Le petit Prince en belle Chambre Naquit, le vingt-huit de Septembre ,
85 Sur les huit heures du matin , Et (de cela je fais certain Tout Maître Faiseur d'Horoscope , De peur qu'en la sienne il ne chope), Le lendemain aussi , vingt-neuf,
90 II fut fait un Chrétien tout neuf, L'Impératrice Douairière Et Monsieur 1' Empereur , son Père, L'avans vu tenir sur les Fonts Et baptiser de six beaux Noms ,
95 Pour les Majestez Catoliques (Que Dieu gard de toutes Coliques!).
De ces Noms si vous m'enquerçz, Tous six ici vous les aurez :
Ce sont Venceslas , dont la gloire 100 Triomphe encor dans la mémoire , Ferdinand, Léopold & , bref, Michel , Eléazar , Joseph , Noms de Patriarches , d'Archanges Et d'Empereurs, pleins de louanges.
105 Ainsi , cet Enfant est, de Nom , Déjà Prince de grand Renom.
Ici , le Résident de Vienne A fait voir l'allégresse sienne , En faveur de ce nouveau Né ,
110 Par un Feu bien imaginé ,
Qui rendit la Nuit de Dimanche , Devant son Hôtel , toute blanche Et plus luisante que le Jour, Tant il en voloit à l'entour
1 15 De claires & belles Fuzées ,
Qui , prenans au Ciel leurs visées , Semèrent l'Air d'Astres nouveaux Et de cent brillans Serpenteaux , Lesquels, par leur bruit, sembloient
[presque
120 Publier en Langue Tudesque Tout ce qu'ici je vous ay eut Du petit Archiduc susdit.
Mais il ne me faut pas obmettre Que , pour la gloire de son Maître ,
125 Qu'il soutient assez clignement, Ce Ministre traita vraiment D'une manière magnifique Une Compagnie authentique , Et de François & d'Alemans ,
i^oAvecque les Concerts charmans Des Violes , Hauts-bois & Trompet- Fifres , Tymbales & Muzettes, [tes, Et mêmes des Tambours du Roy, Qui sembloyent aussi faire foy
135 De la part que ce rare Sire Prend aux liesses de l'Empire.
D'ailleurs , les Boëtes & Mortiers Poussèrent des Tons fort altiers , Par Tordre du Traitant encore ,
140 Qui , si bien je m'en remémore (Car on m'a dit ce que j'écris).
Traita force Gens de Paris , En leur faisant donner des Tables Tous les Reliefs , trés-manducables,
145 C'est à scavoir : Viandes & Fruits, Les uns cruds & les autres cuits, Et , pour rendre la bonne Chère Plus accomplie & plus entière , Du Bec d'un Aigle , ce dit-on ,
150 Et du gros Mufle d'un Lion U sortoit une ample Vinée , Dont , par gaillarde Destinée , Sans s'épargner aucunement , Plusieurs burent tudesquement.
155 J'apprendqueleDucdeCHEVBEUSE,
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