‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 47 sur 257 · Du *2. Juillet 1666 (Subliomt · texte numérisé non relu

Du *2. Juillet 1666 (Subliomt

Que de mourir de jalousie Lorsque quelqu'autre est de moitié Du plaisir cjue fait la pitié , N'en déplaise à la belle Brune , La folie en est importune.

Cependant , il n'est rien si vray Que cette Dame pitoyable , Aux environs de Foktenay , Fit une escapade incroyable.

Contre une autre , après un Cartel , Elle s'y battit en Duel , Et • si l'autheur de ces querelles N'eut dit , en se mettant entr'elles , Qu'il estoit assez mal-heureux Pour estre plaint de toutes deux Et pour contenter leur envie , L'une ou l'autre eut perdu la vie.

De grâce , mon Dauphin charmant • Prenez soin que l'on expédie Cet Arménien promptement , Car, si le Roy n'y remédie , Comme il n'a fait aucun Edit Contre ces Duels d'importance , Je prevoy que, sans contredit , La mode en va venir en France.

Je n'entens parler à Paris

Que d'une simple Caravelle ;

On n'en a jamais veu de telle :

Tous les vaisseaux Anglois , je pense , en seront pris.

Mais , à bien consulter 1 affaire ,

Croyez-vous qu'un tel Bastiment ,

Armé d'un canon seulement ,

En puisse si souvent tant faire ?

Il n en sçauroit venir à bout ; Ce n'est pas luy qui prend tout ce qu'il voit paroistre : On sçait que Saint- Agn an seulement en est Maistre

Et c'est son nom seul qui fait tout.

Au grand plaisir de sa Province , De son Espoux & de sa Cour, L'Elegtrice de Brandebourg A mis au Monde un jeune Prince ; Madame de Bouillon , depuis , Est accouchée en ce pais - D'une Fille quy lui ressemble.

Comme ils naissent en mesme temps , Je voudrais , quand ils seront grands ,

[Louis, DtnriTfede Brands»

boar», ndleflSJolBieSS]

[KarMUaabetb, dite HUs de Bouillon]

39 A Dans an endroit que je tatray.

41 A BC an autre.

56 A La mode en viendra dans la France.

76-78 A Je ne açay pas encor si j'en seray dédit ; Mais , du moment qu'on me l'a dit , Je les ay maries ensemble.

81 148. — bu *s. Juillet 1666 (Subligny). 84

Que l'on les mariast ensemble.

Qui fut surpris? ce fut I'Anglois , 80 Quand il sceut que le Hollandois

Sous I'Amiral Ruiter estoit à la Tamise ;

Ce n'estoit pas son sentiment Que cette Flotte en Mer se fut si-tost remise , Et ce dernier coup là le presse estrangement. 85 Ce grand Chef , à son arrivée ,

Luy prit quelaues batteaux d'avis , Qui des plus grands Vaisseaux auraient esté suivis , Si l'Escadre d'abord ne s'en Ait pas sauvée ; Mais elle s'enfuit bien avant 90 Dans cette Rivière fameuse ,

Qui , peu de jours auparavant , Faisoit tant la nique à la Meuse ( . Et luy laissa , pour se poster , Le temps qu'il pou voit souhaitter.

95 Quand par Calais il prit sa route ,

Le Comte de Charrost, sans doute t Eut raison de l'y bien traiter, Car j'aime , en vérité , ce Monsieur de Ruiter. Aussi m'a-t'on mandé qu'il luy fit un regale 100 Qui fut superbe au dernier point

Et d'une beauté sans égale ; Mesme on ne vous oublia point , Et Monsieur de Ruiter luy mesme Y but vostre santé dans un respect extrême. 105 Faites-luy raison , Monseigneur :

Prenez un verre , qu'on le rince , Et , vous montrant un galant Prince , Daignez luy faire cet honneur.

Toute la perte d'Angleterre 1 10 Ne l'empesche pas de s'armer ;

On tient qu'elle doit mettre en Mer

Cent quatre grands vaisseaux de guerre.

Cela doit faire un beau fracas ,

Contre une Flotte de Hollande 1 1 $ Qui ne compte pas moins de Mâs

Et qu'un victorieux commande I

On veut déjà qu'ils soient aux mains , Et de nos Ports on nous assure Que des Pescheurs ont dit qu'ils estoient bien certains

nS-iao^ Et de nos Ports on nous avise Que des pescheurs ont dit qu'ils estoient bien cer- [ Qu'on se battoit vers la Tamim.

[tains

85 148. — Du a?. Juillet 1666 {Subliowt). 86

iao Qu'on se battoir vers I'Embouchure.

Les vagues , depuis quelques jours , Aporfent de certains Droits sourds Dans tous les endroits de la Rade , Et l'on ne sçait si c'est tonnerre ou canonade. 1 25 Mais on s'y trompe avec raison ,

Car, de l'air qu'on a veu la Hollande en découdre , On peut faire comparaison De ses canons avec la Foudre.

La Peste quitte Lomdre , à ce que l'on m'a dit , 1 30 Ou n'y paroist plus si pressante ;

Mais on y craint le mal maudit D'une dangereuse descente Qui tueroit en un jour quatre fois plus d'Anglois Que la Peste n'a fait dans le cours de vingt mois. 135 Vous devinez , je croy, sans que je vous le die ,

Que c'est de I'Admiral Ruiter Qu'ils craignent tous de remporter Cette fascheuse maladie ; Elle ne peut pas leur manquer :

140 II est tout prest à débarquer

Six mil hommes dans l'ANOLETKutB , Et Nort-bay mesme croit qu'ils ont mis pied à terre.

Est-il vray que nostre Beaufort

Ait rendez-vous à la Tamise ?

145 Tout le mondé en parle à sa guise ,

Et peut-estre mesme est-ce à tort.

Les uns veulent que dans I'Irlande

Il soit depuis peu descendu ,

Et d'autres , qu'il se soit rendu 150 Près de la Flotte de Hollande.

Entre nous , je sçay ce qu'il fait

Et le lieu qu'il tient en effet ;

Mais , pour complaire à tout le Monde ,

Qui le place selon son goût , 155 Je veux croire qu'il est dans tout les coins de l'Onde ,

Et que ses pareils sont par tout.

Un jeune Prince , que j'estime Pour mille charmes des plus dous , Et dont , si j'en pouvois aimer d'autre que vous . 160 Je ferois mon cœur la victime ,

Le Comte de Saint Pol enfin , A ce qu'on dit, charmant Dauphin , Estoit dans Amsterdam , la cornière semaine ; C'est pour estre icy la prochaine :

165 Et je veux demander à ce beau Voyageur

Ce que l'on fait chez L'Empereur.

137 de m. dams BC. \ 161 A Sauct-Paul.

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