Du 22. Juillet 1666 (Subugny
On y parle , dit-on , d'un beau feu d'artifice ;
On y fait de rares apprests ,
Et mille ressorts y sont prêts
Pour régaler l'Impératrice.
On représente pour ce temps
Mes Soeurs , Pégase , le Parnasse , Le Mont-Ethna dessous , avec Vulcain dedans ,
Qui forge uhe lourde cuirasse ,
Et 1' Amour descendant des Cieux
Pour chasser Vulcain de ces Lieux ;
En suitte , l'Ëthna doit paroistre
Armé de feux de tous costez ,
Avec cent autres raretez
Qui sont autant de coups de Maistre ;
Et l'artifice finira
Par un Phénix qui brûlera.
Chacun à son gré , dans Vienne ,
Donne ses explications
A ces représentations , Et l'Empereur , dit-on , y donne ainsi la sienne :
Qu'Amour, croyant que pour ses traits
Il luy viendra du fer d'EsPAGNE , Dit , en chassant Vulcain de ces Antres secrets , Qu'il n'aura plus besoin du fer de l'Allemagne.
Mais Amour n'est rien qu'un enfant
Qui se trompe le plus souvent,
Et je croy, bien plus tost, qu'lGNACE
Ne Sût exiler par l'Amour
Ce Dieu forgeron de sa Cour, Que pour mettre la joye & la Paix en sa place.
aïo
Parlons de nos Braves François.
On dit que nostre grand Monarque Ne veut plus que pas un s'embarque ,
Ou diffère du moins leur départ pour un mois. Mais , mon Prince , je vous demande Ce que ces gens ont fait au Roy,
Pour les mortifier d'une peine si grande Et reculer tant leur employ.
S'il vouloit souffrir qu'un La Mothb ,
Que vostre Mareschalle appelle , avec raison L'Espérance de sa Maison , Des Ennemis courût la coste , Ce que le brave. & digne Espoux De cette Maman accomplie A fait mille fois en sa vie Luy respondroit de ses grands cous.
Enfin leur colère est extrême De se voir tous ainsi remis ,
167-170^ J'ay déjà sceu par un mémoire Qp'on y fait de rares apprests Et que mille ressorts sont prests
Pour à riMPiRATsiCB en faire plus de gloire. 178-179 Ces deux vers m. dans B C.
196 A dans. — 212 B C respondoit.
8g * 148. — Du 32. Juillet 1666 (Subughy). 90
215 Et , pour vous parler franc , je crains que le Roy mesme
Ne soit d'intelligence avec ses Ennemis.
L'Ambassadeur de Varsovie [m. a*y]
Entra hier dans Fontajne-Bleau , Et d'un cortège grand & beau no Son Excellence y fut suivie.
Il vous verra , Prince , je croy, Soudain qu'il aura veu le Roy ; Surprenez-le aussi bien qu'un autre f Et semblez-luy déjà tres-diçne de régner : 225 II n'aura jamais veu d'Espnt comme le vostre ,
Et c'est encor un cœur que vous allez gagner.
Trabuc , un fameux Secrétaire Dont le Roy Casimir faisoit tout son trésor, Partant pour suivre icy cet Homme extr'ordinaire , 2*o Receut Je ce Roy là mille bons Ducats d'or ,
Un très-beau cheval Turc & quelques samopales : Ce sont des pierres sans égales Qu'en ses doits ce bon Roy portoit.
Tant mieux pour luy , Dauphin , c'est qu'il le meritoit.
235 Avec un peu de patience
Nous entendrons parler de Chadne à nostre gré ; On me mande qu'il est entré Dans' Rome avec magnificence.
Remerciez un peu pour moy 240 Vostre Maman , la Maréchalle ;
Je suis confuse , en bonne foy,
De sa bonté toute Royale.
Si cet avantage si doux
Suit toujours ma flâme fidelle 9 245 Je mouray de respect pour elle t
Comme je meurs d'amour pour vous.
de SUBLIGNY.
A Paris, Ouç Alexandre LtsseUn, a» corn de la me Dauphin*, devant le Pont-neuf, Avec Privilège dm Rcy.
*,-,,,. r** k«it «#r« */«i ttMr«À ^>«( nr \ U signature de l'auteur et V adresse dm libraire ne
227-234 Ces huit vers sont suftrmés dans BC. | u /nM|WJ|/ qu€(UnsA^BC pUcgut & u àmU%
(A Là Muse de Cour 1666 (voy. tome I , col. 909), pp. 65-74. B La Muse Dauphine 1667 — pp. 74-82.
C La Muse Dauphine 1668 — pp. 74-82.)