‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 57 sur 257 · Du 8. Aoust 1666 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 8. Aoust 1666 (Mayolas

En Eté principalement On doit hayr l'embrazement , Et brûler une Ville entière C'est agir d'étrange manière.

115 Le Sieur Trubbrt a prézenté A nôtre Auguste Majesté Le Traité de la Paix conclue Et par la France rézolue Avec le Royaume d'Alger,

120 Qui nous laisse libre la Mer.

Il ne faut pas que nôtre Plume Obraéte la bonne coutume Qu'en ce temps elle a chacun an ; Ecrivons-donc comme Gusman ,

125 Tragédie en tout achevée , Fut reprézentée ou Jouée Dans le Colége de Clermont, Où de grands Personnages sont Enseignans , instruizans sans cesse

130 La plus florissante jeunesse.

Les Danseurs du Balet du Temps Donnèrent bien du passe-temps ; Ils dansèrent tous d importance , Et le Maître de cette dance ,

13 L'adroit Chicaneau , qu'on vanta , Fort 'dignement s'en aquita.

Les Violons & les Trompettes Touchoient d'aimables chansonnet- Et force Gens de qualité [tes ,

140 De la Cour & de la Cité ,

Mardy dernier, là se trouvèrent , Et divers plaizirs y goûtèrent , Admirans tous , sans fiction , La riche décoration

145 De ce Téatre maniaque

Où parut l'Ouvrage Héroïque.

Il sufit de dire le nom De cet Auteur de grand renom Pour sçavoir si la Pièce est belle :

150 C'est l'éloquent Père Ridelle , Qui n'est pas moins grand Orateur, Qu'il est bon Versificateur, De qui le génie & le stile Ne doivent rien à feu Virgile.

155 Les Acteurs , richement parez Et tout-à-fait bien préparez , Avec pompe , avec grâce extrême , Récitèrent ce beau Poëme.

! 18 Avec la France. — 1 19 Entre le Royaume.

daa afaona

FDa du Roj

Brequighy, qui faizoit le Roy, 160 Le faizoit fort bien , sur-ma-foy ;

Le second joua bien son rôle

Et du geste & de la parole :

C'êtoit l'aimable de Breteuil ,

Qu'on voit en tous lieux de bon œil ; 165 Ce Fils d'un très-illustre Père

Et d'une très-parfaite Mère ,

Le septième de leurs Enfans m***

Qui sont en vertus trionfans ,

Dont l'ame se voit ocupée 170 Et dans la Robe & dans l'Eçée ,

Ce Fils emporta les cinq Prix,

Récompense des beaux Esprits ,

Et ces cinq en font ving-&-quatre ,

Dont il n'en faut que deux rabatre v 175 Qu'il a dignement moissonnez ,

Dont ses travaux sont couronne*.

De La ferté , dans son jeune âge , seneottrre

Y fit fort bien son personnage ,

Dansa de plus fort galament 180 Et receut un Prix justement-,

On voit bien par ce qu'il sçait faire

Que c'est le Modèle du Père ,

Comme Manican & Poncet, ^

Qui , sans mentir, ont fort bien fait, 185 Et tous enfin , que dans ma Lettre

Entièrement je ne puis mettre :

Rouvroy, Langeron & Crissé ,

Et de Vil£ne ont bien dansé.

Quantité d'autres , que j'honore t 190 Eurent alors des prix epeore ,

Quoy qu'Acteurs ds ne fussent pas

Dans cet Acte remply d'apas ,

Dont j'êtois le témoin à l'ombre ;

Et , parmy ce rang & ce nombre , 195 En ce beau champ si bien ouvert ,

J'ouys nommer Seignelay-Colbert,

Digne Fils d'un Père sublime ,

Qui s'aquiert une haute estime ,

Et les Trompetes à ce Nom 200 Rehaussans leur ton & leur son ,

Jouans & faizans des merveilles ,

Flatoient doucement les oreilles

De ce grand nombre d'Assistans

Qui s'en allèrent fort contans.

205 Thereze , ma Grande Princesse, Se porte bien dans sa grossesse.

Le Roy, qui fait tout justement ,

i55. — Du 8. Aoust 1666 (Maxolas).

Reconnoissant le jugement , L'esprit & le sçavoir insigne 2 10 De 1 Abbé de Grignan , trés-digne , Et les services merveilleux De ses deux Oncles vertueux , Assavoir, d'Arles l'Archévesque ,

[François Adhômar de MontaU de Grlanan]

Et d'Uzez encore l'Evesque ,

[Jaoqoes Adhémar de Montefl de Grignan]

215 A choisy pour Coadjuteur d-Ariee De la Sorbone ce Docteur , Dequoy content est tout le monde , Conoissant sa vertu profonde.

Dois-ie croire ce que l'on dit , 23o Que la Princesse de Madrid , C'est-à-dire l'Impératrice , Qui ne fait rien qu'avec justice , Doit diférer son partement , Son voyage & débarquement 225 Jusques à la fin de Septembre ?

Si c êtoit jusques en Novembre , Tant d'Envoyez, tant de Seigneurs , Légats , Princes , Ambassadeurs , Ayans fait beaucoup de dépence , 330 Mourraient , je croy, d'impatience , Et l'Empereur, qui m'est fort cher, Iroit luv-même la chercher, Mais , étant à prézent fort seine , Elle épargnera cette peine.

335 Le charmant Prince Piémontois ,

[Vlctor-Amédée-Praoçois de Savoie]

Encore qu'il n'ait que deux mois , Semble qu'il en ait plus de quatre :

Son teint est plus blanc que l'albâtre;

Il est déjà si gros , si gras , 340 Et l'on voit en luy tant d'apas ,

Que toute la Cour de Savoye

Nage dans une mer de joye.

Je vous le dis pour le certain ,

Car je le tiens de bonne-main , 245 Et même bien-tôt on espère

Qu'il sera secondé d'un Frère.

Monsieur le Procureur du Roy, RjgSf Qui fait sa Charge , en bonne-foy, CJ

Aussi-bien qu'Homme du Royaume,

250 Agissant en juste Econome , Alla , d'un air fort jovial , Jusqu'à l'Hôpital général ; fgeoizes , Devant vingt Bourgeois & Bour- Qui sont bons François & Françoi-

255 Fit faire à divers Boulangers , [zes , Entendus , gaillards & légers , L'essay du pain , de la farine , Qu'on cuit, qu'on paîtrit, qu'on

fr'afine.

Par son soin, on trouve au Marché

260 Tout le pain à meilleur marché, Et son zélé en tout se remarque Pour le Peuple & pour son Monarque.

Altesse , ces Vers fort récens Iront vous récréer aux champs.

265 J'ay fait mon Epître historique Trois jours après saint Dominique.

A Paris , Chef C. CJunault, Imp. à Ub., Aux Armes dm Roy, rut de la Huckctie. Avee Priv. de S. M.

(Biblioth. de l'Arsenal , B. L. 11800 — Biblioth. de M. le baron Jamea de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte la date du 1 1 août , mais l'adresse du libraire n'a pas été changée.)

LETTRE EN VERS A MADAME

Du 8. Aoust 1666.

Les Philosophes l'ont bien dit , Il est certain , en conscience , Que l'Objet émeut la Puissance :

L'Axiome ne peut souffrir de contredit.

Oui , cet Objet émeut sans peine , Soit pour l'Amour, soit pour la Haine , Selon qu'il se peint à nos yeux ; Et quand la belle Gloire on aime , Elle passionne bien mieux

Dans un divin Sujet qui semble être Elle-même.

Ah ! ma Muse , qui n'a d'ardeur

Ni ne fait de Vœux que pour Elle ,

Le reconest bien à ce zeîe

Qui croît sans cesse dans son cœur.

C'est que la charmante Déesse

Se peint en sa Royale Altesse

Avec tant de brillans Attrais , Qu'en Elle on jugeroit qu'EUe soit Incarnée ,

Ou que Madame , ayant ses Trais , Soit sa Cadette , au moins d'autant d'Appas ornée.

Parlant dans un autre jargon Et d'un Epistolaire ton , En pouvoit-on dire autre chose Quand , plus vermeille que la Rose

35 Et plus blanche aussi que le Lys , Dont sur son Teint des plus polis Il se fait un si beau mélange , On la veid briller comme un Ange, En ce Grand Cercle de Lundy,

30 Où Monsieur Rey, tout ébaudv , Eut de son Altesse Audiance r Non , je le dis en conscience , On ne pouvoit en dire moins ; Et j'aurois entre mes Témoins

35 Cet Ambassadeur de Pologne , Mortel , certes , de grave Trogne , Pour vous assurer qu'on crut voir, Non sans en sentir le pouvoir,

1 Ce vers , omis à T impression , a êiê rétabli par nue mai» du temps sur l'exemplaire de la Bibliothèque nationale.

La Gloire Elle-même en Personne ,

40 Avec l'éclat qui l'environne.

Autour d'Elle , maintes Beaotez , Ou subalternes Déitez , [mes ,

Faisoyent un doux Assaut de char- Qui mettoyent les Cœurs en allar-

45 Et mes licentieux Regards , [mes ; S'émancipans de toutes pars , Tombèrent surplus de vingt Gorges Où r Amour sçait faire ses Orges , Je n'en doute point, à gogo.

5° La Princesse de Monacho Etoit l'une de tant de Belles Qu'ainsi lorgnoyent mes deux Pru- Item, la mignarae d'Elbeuf , [nelles ; Objet encor tout clinquant neuf,

55 Et l'éclatante de Soubise , % Qui n'est , ma foy, nulement bise :

Item , Madame d Arpajon , De 1' Amour autre beau Donjon ;

i56. — Du 8. Aoust 1666 (Robinet).

Et de Grammont, gente Comtesse , Ayant la taille d'une Altesse ; Dune Item, Madame de Gourdon , MiSlune6 Qui des Cieux a receu maint Don , Et du Bellay, l'Illustre Fille, Dont le visage & l'esprit brille ; Item, du Ludre... ah f non vraiment,

{mbHm° *-a Belle étolt en ce mo™ent raies Dedans sa Chambre retenue 'de1Mnr Pour légère déconvenue ,

RoySe*. ^c V1* rav*t asseurément

70 A ce Cercle quelque Ornement ; Mais enfin d'AMPiBRRE & de Fiknne, Par qui maint cœur encor s'allienne En faveur du plus beau des Dieux , Montroyent aussi là leurs fins Yeux.

75 L'Ambassadeur trouva ce Cerèle (Et laissons là la Rime en ercle) Eclatant & beau tout à fait , Et s'en alla fort satisfait, A quelque trouble près, dans l'Ame, 80 Et d' Amour un petit de flâme , Car, à vrai-dire , helas ! comment S'échaper de son Elément Sans en sentir quelque étincelle , Eust-on l'Ame la plus rebelle ?

85 II avoit eu pareillement , Honestement , civilement , De Monsieur publique Audiance , Avec un concours d importance De ceux qui composent la Cour

90 De ce Prince digne d'amour, Lequel , d'obligeante manière , Entendit la harangue entière Qu'il lui fit dessus le Déceds Qui nous cause encor des regretz ;

95 Car c'estoit , parmi d'autres choses , Qui pour moy sont des Lettres clo- Le sujet qui de son Pais [ses ,

L'amenoit en celui des Lys , Pour faire la Condoléance

100 Aux deux Majestez de la France , De la part de ses Souverains (Avec , je croi , leurs Baise-mains) dur la Mort de la Reyne Mère , Qui nous sera long-temps amére.

59 L'imprimé porte Duchessb. Nous adoptons la correction faite par une main au temps (probablement par Robinet lui-même) sur V exemplaire de la Bibliothèque nationale. Vey. la Table alphabétique, article Giamomt.

105 De Chaume , habile & sage Duc , Dont les Discours sont pleins de Suc, A fait fort belle Entrée à Rome Et même , de par le Saint Homme , Du bel air été régalé ;

1 10 Mais c'e?t en gros ce que j'en sçai , Et dedans la prochaine Lettre Tout le Détail s'en pourra mettre.

Nous n'avons pas encore sceu Qu'à Lisbone l'on ait receu

115 La jeune Reyne Portugaise , Et , comme ce seroit fadaise D'en aller , dessus de faux bruits , Faire des récits mal construits , Il en faut la Nouvelle attendre

120 Pour en parler sans se méprendre : Je juge , Lecteur curieux , Que vous direz que c'est le mieux.

A l'égard de I'Imperatrice , Elle éprouve encor le Caprice

125 De l'incirconspecte Fébris , Qui chasse les Jeux & les Ris D'autour de sa belle Personne , A présent dedans Barcelone.

Cela met , je pense , en fureur

130 Son illustre Épous , I'Empereur , Et c'est avec raison , sans doute.

Quoi ? tandis qu'il est à l'écoute Et qu'il attend entre ses bras , Depuis si long-temps , ses Appas ,

135 II faut que Madame la Fièvre , A ce point insolente & mièvre , En jouisse en dépit de lui Et la lui retienne aujourd'hui !

Ah ! daignez vous mettre en la place

140 De l'infortuné Prince Ignace , Et vous sentirez la douleur Que lui peut causer ce malheur ; Mais il n'est vraiment pas en chance, Et Dieu lui donne patiance 1

145 Un Feu cruel , un Feu goulu , Beaucoup plus qu'on auroit voulu , Dévora ae Turnau, n'aguére, La Crré , dit-on , toute entière ; Bravant , par ses brandons épars ,

150 Grand nombre d'HsYDUcs & Hussars Qui tâchoyent de lui couper broche,

1 56. — Du 8. Aoust 1666 (Robinet).

II fricassa Bois , Pierre & Roche ;

Sa Dent ârdante fut par tout ,

Et rien , de l'un à l'autre bout , 155 De s'en sauver n'eut privilège

Qu'un Docte & célèbre Collège

Des Associez de Jésus ,

Et la Cathédrale de puis.

Or ce feu , qui si bien dévore, 160 N'estait de Sodome ou Gomore t

Ni, ma fov, non plus Feu Grégeois,

Mais , helas ! un vrai Feu Turcois ;

Car des Turcs la maudite Engeance

L'avoit mis exprés par vangeance 165 Et pour le refus , ce dit-on ,

De quelque Contribution.

Au Collège des Jésuites , Pères Sçavans , bons Casuites , Bref, Artisans des beaux Esprists ,

i7oMardy, l'on délivra les Prix Fondez par le Roy nôtre Sire , Qui des Lettres chérit l'Empire , Pour animer les Studieux , ] Qui se font grands Hommes chez

175 Une Tragédie excellente , [Eux. Dont la Scène étoit fort brillante , Et même le Balet du Temps , Des plus moraux & plus galans , Cette Action accompagnèrent

180 Et tous les Spectateurs charmèrent.

£™|jj- Le Sieur Trubert, & non Roger, An*» Présenta le Traité d'ALGER , ïïy N'aguére , à ce rare Monarque , Etant , comme Acte de remarque 185 Et pour les Marchands de grand En Arabe, Turc & François ; [poids, Et , de manière tres-civile , Au nom du Bassa de la Ville , Il receut , entr' autres Présens , 190 Deux Lions robustes & grans , Une Autruche, &, pour mire blindes, Force Chocolaté des Indes , Avec un Bassin bien mignard , Fait de Filigrane avec Art.

193 Je brûle que je ne raconte im* Une Histoire , & non pas un Conte , *• *1 Que j'ay sceu d'une belle Iris , Dont le mérite est de grand Prix.

Si vous l'entendiez d'elle-même ,

Comte Robert

*oo Vôtre plaisir serait extrême , Tant cette Pucelle d'Esprit Dit des mieux tout ce qu'elle dit.

Mais, quoi qu'avec bien moins de Cette Histoire je vous retrace, [grâce

to; S"il vous plaît , vous l'écouterez , Ou la ferez lire ou lirez.

Deux Religieux des Minimes , Ordre digne de nos estimes , Retournans, l'un des derniers jours,

a 10 Un peu par delà nos Fauxbourgt ,

En l'un de leurs sacrez Repaires *Riie (Ce qui veut dire Monastères) , Quatre francs Détrousseurs de Gens, Deux desquels sembloyent Païsans ,

215 Ayans entendu , dans leur manche , Sonner Monoye , ou jaune ou blan- Qu'ils avoient receue a Paris , [che , Comme l'on croid , pour des Obits , Se proposèrent , je vous jure ,

220 D'en faire promptement capture , Pensans que la Bource ils rendroyent D'abord qu'ils la demanderoyent.

Mais ces deux Minimes, non Pérès, Ains, sur mon ame, deux bons Fré-

225 Encor fraîchement émoulus , [res Hauts-taillez & tres-résolus , Jugeans bien , à leur contenance , Qu'ils étoyent Gens sans Conscience Et qui , sans doute , avoyent dessein

230 De les décharger du Dindin , Bien loin d'en changer de visage , Amassèrent tout leur courage , Et résolurent , en courroux , De bien recevoir les Filoux.

235 En effet , lesdits quatre Hères , Qui les avoyent pris pour des Pères A l'ombre sous leurs grands Cha-

[peaux, Bien plus doux à tondre qu'Agneaux, Et qui s'étoyent dit en leur stile :

240 « Ce sont de pauvres mangeurs

[d'huile » Qui vont leur argent nous donner » Sans aucunement barguigner » , A peine eurent ouvert la bouche , Avec un ton assez farouche ,

245 Pour leur demander le Magot , Qu'eux , faisans ferme sur l'argot , Durent à ces félons Apôtres :

« Si vous voulez des Patenôtres ,

i56. — Du 8. Aoust 1666 (Robinet).

» C'est deqeux de nôtre estoc ,uoci 250 » Qui n'ayons de plus que le Froc ,

» Un peu de Bure & la Sandale ,

» Peuvent vous faire ample régale ;

» Mais , si vous n'en estes contans ,

» Messieurs , nous sommes peu vos

[Gens , 255 » Et partant , pour de la Pecune ,

» Quelqu'autre part busquez For-

[tune. »

Les Sieurs Escrocs, un peu camus,

Ayant oui tel Orémus ,

Montrent deux Pistolets de poche , 260 Par qui la Mort son Trait décoche ,

A dessein de leur faire peur;

Mais ces grands Fratres , pleins de

En faisans une raillerie [cœur,

De leur petite artillerie , 265 Se jettent dessus le Collet

Des deux Filoux à Pistolet ,

Les desarment & s'en saisissent.

Leurs Camarades , qui frémissent De voir des Moines si vaillans ,

270 Cessans aussi d'être Assaillans , Tâchent d'enfiler la venelle ; Mais , oui da , pure bagatelle.

L'un des bons Frères court après , Et , sans se mettre en fort grands

275 Pareillement il les arreste ; [frais , Puis , tous deux , l'esprit en grand'-

[feste f Mennent, comme de francs Archers, En triomphe leurs Prisonniers , Que l'on met à l'instant en cage

280 Dedans le plus prochain Village.

C'est , ce m'a-t'on dit , à Gros-Bois , Où bien-tôt à quelque Haut Bois , Et croyez-le sur ma parole , Ils pourront terminer leur rôle.

J'ay fait cecy trois jours avant la Saint-Laurens , A qui l'on fait des vœux pour la douleur de Dents.

A Paris, Cheç F. Muguet, rue de la Harpe , aux trois Rois Avec Privilège du Roy.

(Biblioth. nat, Lca, 22. Ré*. — Biblioth. Maiarine, 296. A2.)

LA MUSE DE LA COUR

[Par PERDOU di SUBLIGNY.J

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