Du ta. Septembre 1666 (Robinet
Ce jeune , di-je , & brave Cornu , Pour trouver comme il faut son
{compte Chez les Doux cTHymxm & d Amour,
150 Donna la main , le dernier Jour, Je pense, à la Sagesse même, Epousant , par un heur extrême , La Fille du grand Lamoignon , Qui s'acquiert un si beau Renom ,
155 Tenant avecque sa prudence L'illustre Epée & la Balance De la vénérable Thémis , Au premier Parlement des Lts.
N'en ayant pas eu le Mémoire ,
160 Je mets plus tard dans mon Histoire Cette chère Solennité :
C'est là la pure vérité , Et je puis même chose dire De ce qu'encor je vais écrire
165 Dans les Deux Chapitres suivans , Et Dieu me damne si je mens.
La Criminelle Lieutenance , Charge de grande Conscience Que possédoit le Sieur Tarmbu ,
170 Depuis plus d'un an devant Dieu , Est en de bonnes Mains passée Pour être à merveille exercée ; Car hier on me débita Que c'est à Monsieur Dépita
175 Que l'a remise nôtre Sire , Et dire Défita , c'est dire Un Exemplaire Magistrat , Un Juge incorruptible, exact, Et dont la claire intelligence
iSoSçait du Crime & de 1' Innocence Faire un juste discernement , Nonobstant tout déguisement.
Or c'est vraiment comme doit être Un Homme que l'on fait le Maître
185 De nôtre Vie oc nôtre Mort , Ainsi que par un divin Sort.
Un autre habile Personnage , Eclairé, vigilant & sage, Et qui harangue <5omme il faut 190 (C'est Monsieur 1' Avocat Foucaut, , Dont le mérite est ample & large) , Lui succède dedans sa charge , Qu'il exercera bien, je croy, Sçavoir de Procureur du Rot,
166 Diou.
195 Charge que l'on fait aux RBQUESTES*rHtut Où se trouvent de bonnes Testes.
Jbudt, le Régiment Royal ,
Aussi nombreux & martial
Qu'est le. beau Régiment des Gardes, aooOù l'on void peu d'Ames couardes,
Parut, comme en son plus beau Jour,
Dedans le verdoyant Séjour [vummodm]
De nôtre Cour si ravissante.
Là , sa Miuce florissante , 205 A l'aspect de nôtre Héros ,
Fit , avec un merveilleux los ,
Les Exercices ordinaires;
Et l'un de nos grands Militaires,
Le nompareil Marquis d'ANJAU , a 10 Qui d'ApoixoK a le Cerveau,
Comme le Cœur du Dieu de Thrace,
Et oui fait d'aussi bonne grâce
Un Vers qu'un belliqueux Exploit,
Fit voir combien il est adroit a 15 Et combien, certes, il mérite
D'avoir de ce Corps la conduite.
Le Soleil achevant son tour,
C'est à dire au déclin du Jour,
Toutes ces Milices Pimpantes ax> Vinrent gister dessous des Tantes ,
En un plein Champ, par tout ouvert.
Où nul ne sera pris sans vert ;
Et , là , dessous la Principale ,
Une Collation Royale 335 Attendoit ce Dauphin charmant
Qui de tous les Cœurs est l'aimant ,
Et qui vint joliment la prendre ,
Non sans mille grâces en rendre
Au susdit merveilleux Marquis , 330 Qui, comme en tout un Homme
[exquis,
Sçait faire une belle Dépence
En si glorieuse Occurance.
L'illustre & célèbre Varin , Qui non seulement du Burin ,
335 Comme l'on sçait, fait des merveilles Qui nule part n'ont leurs pareilles , Mais produit avec le Pinceau, Et mêmes avec le Cizeau , Des Chefs-d'œuvre de la Peinture
340 Ainsi que de I'Architecturb , Vient de couronner celle-ci ; Et c'est dorénavant Ici