II. il
LETTRE EN VERS A MADAME
Par Cnarlis ROBINET.]
Du 26. Septembre 1666.
Dites-nous , charmante Princesse , Dites-nous si Clion & Moy Ne tenons pas nôtre Promesse Avec zélé & de bonne foy ; Dites-nous si , chaque Semaine , Nous manquons d'ouvrir nôtre Veine Pour vous payer vôtre Tribut , Et , bref, si aans vos Mains si blanches Vous n'avez pas , tous les Dimanches , Un petit Préambule , ou Prélude , ou Début.
Dame , nous sommes de parole , Et voici , pour vous le prouver, D'auiourd'huy nôtre nouveau Rôle , Qu'il vous plaira donc approuver.
Sus , vous , la Déesse emplumée , Que l'on nomme la Renommée 1
Vistes révélez-nous ce qu'on fait , ce qu'on dit .
Et , pour mieux divertir nôtre illustre Henriette , Ajoutez quelque Historiette
Aux autres Nouveautez de ce présent Ecrit.
Le grand Duc à Perruque blonde, Devenu l'un des Dieux de l'Onde Et que l'on y craint des plus fort (C'est le preux Hfaos de Bbaufort),
25 Après avoir, à la Rochelle, De façon magnifique & belle , Eté plusieurs jours régalé Par un Seigneur tres-signalé , A sçavoir le Duc de Na vailles ,
30 Un vrai Lion dans les Batailles , Est droit à Diépe arrivé , Ayant , à Belle-Isle , trouvé La belle Escadre fortunée Sur qui 1' Amour & I'Hyménée
35 Ont conduit chez les Portugais Leur Reyne féconde en attrais.
On peut donc à présent vous dire.
Sans qu'on puisse en faux s'en ins-
Jcrire, lit
40 Et sûr rapports en l'air écrit , Que cette Reynb belle & bonne A fait son Entrée à Lisbone ,
' Où le Potentat tient sa Cour , Et vous cotter même le Jour ,
43 Qui du Mois dernier fut le douze.
Je croi que I'Epous & I'Epouse L'auront comme il faut célébré , Et c'est très-bien fait, à mon gré ; Mais attendons plus de lumière
50 Sur cette* amoureuse matière.