Du 16. Aouit i665 (MAYOLàs
Pu* le poison de ses recards Y lançant de funestes dEU^ , Et qui mesme, sans qu'on la voye , De ceux qu'elle void tait sa proye ,
tt5Etoit pour certain, ce dit-on , De la grandeur d'un gros -mouton, Ayant £ût mourir dix personnes Par ses cruautez trop félonnes ; Ce serpent, êttuit aperceu ,
2|oDes Habitans fut mal receu.
L'un, d'un coup de sa halebarde , Ou l'estropie ou le canarde :
L'autre avec une pesle à feu Ne le blesse pas pour un peu ;
i55Celuy-là , prenant mainte pierre , Le faizoit pirouéter sur terre, Et ccluy-cy , brave Garçon , L'occit d'un coup de mousqueton ,
Si bien que la vilaine Beste 240 Ne leur donne plus mal de teste.
En humeur de versifier , Je peste contre le papier, Trop court pour parler d'un'histoire Et d'un Hymen digne de gloire.
245 Ce sera pour une autre fois ; Maintenant ma Muze & ma voix N'en peuvent dire davantage , Etant à la fin de la page. Princesse qui, selon mes voeux ,
250 Avez dans ce moment heureux Une santé bonne & parfaite.
Pour cent ans je vous la souhaite.
J'ai piny ma Relation
La veille de l'Assomption.
ÀRmk,Cket CkârUs Chemmli , lmp,à Ub,, auboui du P<mi $, Mkka , à rentrée deiarwedeU HukÊik , smx Armes dm lUff. Avec Privilège de S. M,
(Biblioth. de rAnenal, B. L. 11800.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pas Charlbs ROBINET].
Du 16. Aoust i665.
Pensez à vous, aujourd'hui, Muze, Vous allez être bien camuse , Si , saluant , à son retour , Ma&ame au milieu de sa Cotm ,
5 Vous ne lui présentez des Carmes Qui soyent dignes de ses grands
TCharmes Et de parétre à ses beaux Veux Capables d'enflamer les Dieux.
Pensez à vous , vous di-je encore ;
10 Autrement , passant pour Pécore , Chacun au doigt vous montrera »
Et quelque Envieux en rira , Car on n'est pas en cette vie Sans Envieux & sans Envie.
15 Là donc , ramassez vôtre Esprit, Et faîtes voir en vôtre Ecrit Qu'en Vers, ainsi que dans la Prose,
Vous sçavez quelque peu de chose.
Enfin nôtre Brillante Cour 20 Est revenue en son Séjour , Et c'est-à-dire dans LurécB , Qui d'un doux excez d'allégresse , Est comblée , il est très-certain , Revoyant son grand Souverain , 25 Avec(jue ses Reynes augustes A qui nos Encens sont si justes , Revoyant Madame & Monsieur, Vrais charmes des Yeux & du Cœur Et la florissante Noblesse 30 Qui les accompagne sans cesse , Y compris cent jeunes Beautez Qui , suivans de tous les costez , Nos ravissantes Souveraines , Semblent d'autres petites Reynes
27* — Du 16. Aoust i665 (Robinbt).
35 Nous retenons donc nôtre Cour , Le cher Objet de nôtre amour ; Elle a laissé, la chose est vraye , Le Château Saint Germain en Laye, Où , certe , elle s'égayoit mieux
40 Que Cour qui soit dessous les Cieuz; Jugez-en , car , sans me méprendre, Voici , comme j'ai pu l'apprendre , Tous ses Ebats alternadîs Depuis trois mois consécutifs :
45 Les ravissantes Mélodies , Les agréables Comédies , Les grands & délicats Festins , Si bons Amis des Intestins , Les Branles de l'Escarpulette ,
50 Où mainte charmante Poulette , Qui la Cascade ne craint pas , Faisoit baller ses chers Appas ; Item, les belles Promenades Où régnent les claires Nayades,
35 Et c'est à dire sur les Eaux , Dans des Nefs, Berges, ou Bateaux, Que du vent de leurs tendres Ailes , Les Amours , en faveur des Belles , Mouvoyent doucement sur les Flots,
60 En la place des Matelots ; Item , les autres Promenades , Où Flore & les vertes Dryades Produisent , ainsi qu'à l'envi , Des beautez dont l'on est ravi ;
65 Auquel lieu, sur mainte Calèche , Qui les yeux plaisamment allèche , Les Grâces avec les Amours Rouloyent sous différens Atours , En un mot, la Chasse diverse ,
70 Où nôtre Potentat s'exerce Pour se délasser quelquefois Des nobles Fonctions des Roys , Mais où ce plus grand des Monar-
[ques Nous fait voir par de bonnes marques
75 Qu'il s'entend & réussit mieux Que jamais n'ont fait ses Aveux Ni tous les Souverains du Monde , Tant sa Sagesse est sans seconde , ' Et certe tout cela se void
80 Et, comme on dit, se touche au doigt.
Passant , au retour , à Colombe , Maison d'une illustre Colombe , Ou d'une Retne dont le cœur De la Colombe à la douceur.
85 Là ce charmant , là ce Grand So Si digne du plus vaste Empire , Fut receu cordialement , Et traité magnifiquement , Aussi bien qu'avecque liesse »
90 Par cette grande et noble Hôtesi Qui ne voulut oublier rien Pour le régaler autant bien Qu'il l'a régalée à Versaille , Où tout alla , le Blé , la Paille ,
95 lo EST proverbialement Où tout alla Royalement.
La Reyne-Mére vint descende Où son Cœur héroïque & tendre ' L'emportoit agréablement ,
100 En ce Val célèbre & charmant Que sa Piété libérale , Que sa Piété sans égale , A rendu si pompeux , si beau , Qu'il n'est Couvent , vieux ni no
105 Qui puisse entrer en paralelle [ve Avec une Maison si belle.
Imaginez-vous les transports Les plus tendres & les plus forts Que puisse causer l'allégresse ;
1 10 Tels furent ceux que la PRmcESS] Put causer dans les chastes Cœui Tant des Mères comme des Soeh Qui sont les Vestales Sacrées, lUec à I'Agneau consacrées ,
115 Et qui n'ont dans ce cher Séjour D'autre zélé ni d'autre amour , Après Dieu, que pour l'illustre An D'où leur vient la meilleure Man Mais Elle aime avecque raison
120 Cette auguste & sainte Maison Et toutes ces dévotes Nonnes , Du divin Epous les Mignonnes , Car on y prie incessamment Et mêmes eficacement
125 Pour nos DiviNrrEz visibles.
Oui , les effets en sont sensibles , Et je croi qu'à leurs Oraisons Nous devons tant de Guérisons.
Quoi que journellement le Trou 130 Dans la Pologne se redouble, Mars n'empêche pas que l'Axoui N'ait là pour lui quelque bon Je Ce Dieu n'aguére & l'Hymenée, Par une heureuse Destinée , 135 Fixa les belles Amitiez