EPITAPHE
)65 Ci-git un tres-<}rand Magistrat, Que redoutoit tout Scélérat, Homme de Bien, bon Oeconome , S'il en estoit dans le Royaume ; Qui • n'estant superbe ni vain ,
sToFouloit aux pieds l'éclat mondain , N'ayant, c^noi qu'il fût à son aise , Cheval , m Carrosse, ni Chaise, n fit de son célèbre Employ Les Fonctions en bonne foy ,
i75Ju8ques mesmes après sa vie.
En dépit de la noire Envie, Ce que je dis est très-certain , Car , par un Tragique Destin , Sur la Roue il fit rendre l'Am^
i8oA ceux qui finirent sa Trame.
Madame sa chère Moitié , Tres-digne de son Amitié , Pour estre en ses mœurs si semblable Qu'il paressoit indubitable
385 Que l'un Dour l'autre ils furent faits. Ainsi qu'Originaux parfaits , Git en la mesme Sépulture ; Et, par une mesme Avanture Estant, morts en mesme moment ,
390 On ne fit qu'un Enterrement.
Ainsi la Fortune bien sage.
Ayant conu le bon ménage Qu'ils avoient fait de leurs Trésors , A permis que pour les deux Corps
395 On n'ait rien fait qu'un seul Service. Pour leur estre toujours propice , Pour retrancher encor les fi'ais Et leur épargner des Regrés , Par une Lésine pleniere ,
300 II n'auroit falu qu'une Bière • Mais pour ce point fort prudam- On les a mis séparément , [ment De crainte qu'il leur prist envie
De s'entrepicoter comme pendant leur
[vie.
305 Puis qu'il faut justement dater, Cette Lettre, à bien supputer , Fut, je vous proteste, rimée Deux jours avant qu'estre imprimée.
A ?mk, Chi^ P, Muguet, nu de la Harpe , aux trois Rois, Avtc PriviUge du Roj^.
(Biblioth. nat., Lc^, 23. Rés. — Biblioth. de l'Arsellal , B. L. 11802.)
[Appendice aux Lettres du 3o. Aoust i665.]
Li PrISB DB deux maudits SGBLBRAST & MEUBTRIBR, LESQUELS ONT TUÉ & ASSASSINÉ MONSIEUR LE LiEUTENANT-CrIMINEL & SA FEMME, DANS LEURS BfAISON, EN PLAIN-MIDT.
Sur le cbtnt : Adibu Nimphbs des Boys.
Grand Dieu, Rov des humains, Autfaeur du ^enre numain , Faut-il que je recite Un sujet estonnant , Barbare & trop sanglant ?
Or entendes la suitte.
Jour Sainct Barthélémy , Un des fidelle amy De Jesus-Christ aymable , Un jour de grand renon , Et par tout ce sainct nom Est fort recommandable,
15 Les Parques, qui nous font la moue, L'ont tant faite au Duc de Mamoue, Que, l'ayant blessé rudement.
Il en est mort fort promptement; Sans respecter vertu , naissance ,
lo Hauts-faits, richesses, ny puissance, D'un petit coup de leur cizeau Elles l'ont mis dans le tombeau.
L'Italie en est fort touchée , Et la France en est bien fâchée ,
15 Puis-qu'elle connoissoit son prix .
El qu'il êtoit de ses Amis.
Ces vieilles laides , cette année .
Par leur furie empoizonnée .
Et d'une terrible façon , 1 ijoA nos dépens font la moisson.
La Mort, cette étrange félonne, A pris encore une Personne D'une parfaite intégrité Et d'une insigne piété .
j5 Dont les vertus considérables Et les œuvres trés-charitables Ont jusqu'aux Cieux porté le nom Et semé par tout son renom , C'est la Comtesse de Brienne.
140 Qui mérite qu'on s'en souvienne Et que nos immortels crayons Gravent ses belles Actions.
Comme cite Stoit juste & parfaite .
Toute nôtre Cour la regraite .
I4J Et ses Enfans & son Epoux La regrétent par-dessus tous .
Quoy que son ame précieuze Doive être à présent bien-heureuze.
L'aimable Roy des Suédois .
i;oNay pour faire de beaux Explois .
De qui l'esprit & le courage Du grand Gustave sont l'image .
A fait donner, par sa bonté Et par sa libéralité . i;^ Charges de ségle plus de mille HUkDpinf Aux Habitans de cette Ville
Qui par un prompt embrazement