‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 108 sur 317 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Pas la GRAVETTE db MAYOLAS.]

Du 3o. Aoust i665.

Il court certaine prophétie Qui n'est pas encor éclaircie , Mais qui pourtant , de jour en jour, Fait des progrès en ce séjour ; 5 Cet heureux & ce bon augure Charme les peines (ju'on endure ; Cette douce prédiction Flate nôtre inclination , Et de la part des Destinées

lo Nous promet que plusieurs années La REiME-Mére régnera Et que fort bien se portera.

Je déclare en mon Préambule Que je ne suis pas trop crédule,

15 Et d'ordinaire je ne croy Que les vrais Articles de Foy ; Cependant, lors qu'on nous prézage Quelque bon-heur, quelque avantage .

Je croy les biens, non pas les maux,

lo Soient-ik véritables ou faux.

Vertueuse & chère Princesse , A qui mes Epttres j'adresse Et tous les entretiens du temps , - Ceux-là sont bien plus importans

15 Que ceux du Cours & des Ruelles ; Disons donc ces bonnes Nouvelles.

Après tant de cris & de vœux Et cfes Remèdes merveilleux , Après tant de saintes Neuyaines ,

10 Qui jusqu'icy ne sont pas vaines , La RsiNE-Mére assurément , Se porte bien présentement ; Le Ciel (qui toujours la conserve !

Pour nôtre bon-heur la réserve ;

(5 Ayant invoqué tous les Saints , Ils favorisent nos desseins.

Le Roy, Monsieur avec la Reine ,

Ont tant prié chaque semaine , Ainsi que le cœur des François ,

40 Qu'ennn on exauce leur voix.

Le sieur Aliot. Homme très-rare, Qu'au grand Galien on compare , Par des secrets presque divins , Aprouves de nos Médecins ,

45 Si favorablement la traite Qu'EUe est en santé très-parfaite , Et ces surprenantes faveurs En plaisirs changent nos douleurs.

Rengaines, Mesdames les Parques,

50 Qui prenes Reynes & Monarques ; Et vous aussi , cruelle Mort, Retires-vous dans vôtre Fort , Ou bien coures vîte en Turquie Exercer vôtre barbarie ,

55 Et , tournant vers là tous vos traits , Laisses-nous ici vivre en paix.

Nôtre GrandRoY, dont la tendresse L'atachoit près cette Princesse , Se trouvant presque indisposé ,

60 Deux ou trois jours s'est reposé , Et par une heureuse saignée Sa maladie est terminée.

Cette bonne précaution , Chassant l'indisposition ,

65 Ce Prince , qu'on aime & révère , . Dont la vie à tous est si chère , Est en très-parfaite santé , Autant qu'il l'ait jamais été , Et nôtre Auguste Souveraine

70 Est toujours belle , fraîche & saine.

Le jour du Grand Roy Saint Louis, Ses Eloges furent ouys , Sur-tout , dans la Maison Professe Où se trouva nôtre Princesse ;

des

3i. — Du 3o. Aoust i665 (Mayolas).

75 Le Père Gmou , grand esprit , Avec applaudissement fit Le glorieux Panégirique, Qu'avoit précédé la Muzique , Et chacun fut si satisfait

80 De son Sermon docte & parfait Que son éloquence eut la gloire De ravir tout son Auditoire.

Ledit jour, nôtre beau Daufin , Sur les dix heures du matin ,

85 Dans l'Eglize de Saint Eustache (Où le bon Pasteur sans relâche

' Témoigne son pieux soucy), Rendit les Pains Benîts aussy, En la Chapelle trés-joUe

90 De la Confrairie établie A l'honneur du Grand Saint Louys.

Pluzieurs Dames, par maints Louys Et par les éfets de leur.zelle, La rendent fort propre & fort belle.

95 Monseigneur le Duc Mazarin , De VrrRÉ prenant le chemin , En très magnifique posture Y fit des Etats l'ouverture , Au gré des Bretons éclatans,

100 Qui sont tous charmez & contans De voir ce grand Duc , ce grand

[Homme , Que sa haute vertu renomme , Soutenir d'un pouvoir égal

lid^ye. ^® ^^^S du défunt Maréchal

105 Le Premier Prézident de Rênes , ^J;*!^ Par des paroles trés-humaines

Et par un discours tout charmant , Harangua fort éloauemmant Cette Assemblée illustre & telle 1 10 Qu'on n'en vid jamais de si belle. ^^^^ Monsieur Colbbrt , le lendemain , Raqoestas Du RoY sçachaut bien le dessein , En qualité de Commissaire , Débita si bien son afaire , 115 Parla si raizonnablement Et discourut si fortement Que » d'une alégresse très-grande , On receut fort bien sa demande , Avec juste soumission 120 Et non moins d'admiration.

Q^gJJJj^ Je ne puis passer sous silance dit pierra ' Que, Dour marque de bien-veillance, ^SSS&j Dom KoMUALD, Père Feuillant ,

Toujours priant ou travaillant •

135 Dont la docte & fertile Plume A compozé maint gros Volume L'ayant l'autre jour vizité , Par un éfet de sa bonté , Me fit prèzent de deux beaux U

130 Que j'estime plus de cent livres.

Que dis-je ? ses rares écrits Certainement n'ont point de pri Mais sur tous ses EpHéiiéRiDBs Qui contiennent chozes solides .

133 Où parmy ces soliditez On void cent curiozitez.

C'est un Journal Chronologique Véritablement Historique , Qui , depuis les commencemens

140 Des siècles jusques à ce temps , Marque les sièges , les batailles , Les naissances , les funérailles Des Papes & des Roys Chrestien Ainsi que des Princes Payens .

145 Que sa leaure & son étude , Au milieu de la solitude , Ont fait pour nôtre utilité , Digne de l'immortalité.

. Cloton, nonobstant mon langi

150 Faizant à Paris du ravage , Je vous aprens tout de nouveau Qu'elle a pris Monsieur de Nomn Il étoit Général des Postes , Qui n'est pas des plus mauvais j

155 Avoit le Cordon-bleu de plus [ Et pluzieurs aimables vertus.

11 étoit généreux , afeble , Tenoit aussi fort bonne Table , Et , des plus Grands étant cher]

160 De sa perte on est bien mftiy.

Sa chère Epouze , belle & sage, Par ses pleurs & par son langagi Par ses regrets & ses soupirs.

Montre ses justes dèplaizirs , '"

165 Mais à cela que peut-on faire?

Le trépas est choze ordinaire.

Jeudy dernier, Monsieur Coui Qui fidèlement l'État sert.

Dont le zèle & la vigilance lyoS'employent au bien de la Franc Fit serment & jura sa foy Entre les mains de nôtre Rot Autant pour la Commanderie Que la grande Trézorerie

305 3i. — Du 3o Aoust i665 (MAYOLàs).

De l'Ordre des Grands Chevaliers ,

Qui sont tous braves Cavaliers.

Ce Monarque plein de justice , Pour reconnoître son service , Ses soins & sa fidélité , iloLuy donne cette Dignité ; Ce Mortel si rare & si sage En mérite encor davantage.

Le jour de Saint Barthélémy , Pendant que j'êtois endormy ,

it5 Deux frères , d*humeur camaciére , Par une tragiaue manière , Terrassèrent d'un coup mortel Nôtre Lieutenant Criminel.

Ces Gens, se voyans sans ressource >

190 Furent loy demander la bource , Et, n'en pouvans avoir raizon , Le tuèrent dans sa maison.

La Lieutenante Criminelle N'évita pas leur main cruelle ,

>95 Et tous deux , au mesme moment , Trépassèrent subitement.

Il exerfoit bien son Ofice , Rendoit à tous bonne justice , Et les méchans sçavoit ranger ;

100 II êtoit fort bon ménager, Faixoit très-modique dèpance , Amassoit beaucoup de nuance , Et je croy que ses Héritiers Profiteront de maints deniers.

05 L'un & l'autre rendirent l'Ame Ainsi que Tisbée & Pyrame.

Je souhaite que devant Dieu Soit l'Epouze & l'Epoux Tardieu.

Quatre jours après , les coupables

10 De ces actes épouvantables Furent punis oien rudement Et, sans doute, fort justement.

La peste de Constantinople Chassant les Turcs dans Andrinople,

115 Y recevront l'Ambassadeur, Qui par l'ordre de l'Empereur Vers cette Hautesse s'avance , Non avec trop de diligence , Afin qu'on ait temps d'aprêter,

laoD'acommoder & d ajuster

Toute la pompe nécessaire Pour l'Entrée extraordinaire De Monsieur le Comte. Leslé , Qui sera-là bien régalé , aa5 Puisqu'icelle Ville ne pense Qu'à voir cette magnincence.

A Niékoping , un Fourbisseur, en snéd».

De mainte Lame possesseur.

Bâtant & dressant quelque Garde , 330 Ne prit pas soigneuzement garde

A bien éteindre son charbon ;

Sa négligence coûta bon. *

Le feu prenant à sa boutiijue ,

Qui n'etoit pas faite de brique , a35 Brûlant ais , poutres & chevrons ,

Solives , fenêtres , cloizons

Et le reste du domicile ,

La moitié presque de la Ville

Fut par ce triste événement 340 Réduite dans l'embrazement.

Ce cruel déluge de fiâmes ,

Epouvantant nommes & Femmes ,

Obligeoit Nobles & Marchans

A faire gile dans les chaipps.

345 Cet Elément est bien à craindre

Lorsque l'eau ne le peut êtaindre.

Un autre feu plus furieux , Tombant de la Voûte des Cieux , Par un terrible coup de foudre ,

350 Réduizit aussi-tôt en poudre

Mousquets, mèches, piques, canons, Chambres , magazins & donjons D'une superbe forteresse suochio Apartenant à Sa Hautesse.

355 Le Tonnerre briza cela ; Passe encore pour celuy-là , Car j'oze bien dire , sans faindre , Que des Turs ne sont pas à plaindre.

. Grande Princesse, au teint de Lis, a6o Mes feuillets se trouvent remplis ; Ptenez-les de vôtre main blanche :

Adieu jusqu'à l'autre Dimanche.

A MON EpÎtre j'ay mis fin Le lendemain Saint-Augustin.

A Pmris, Cke^ Ckarlts Chnunlt, Imp. et Ub., au bout du Pont S. Miektl , à Ventrit de la rue de la ^hÊckeUe , mut Armm du Rey. Avec Privilège de S. M.

(Biblioth. derArsentl. B. L. 11800.)

ao7

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pas Ch-aklxs ROBINET.)

Du 3o. Aoust i665.

aj

Muze , vous avez veu la Cour

De nôtre admirable Héroïne ; Que void de plus charmant le Grand Flambeau du Jour En tant de Lieux divers que son Œil illumine ?

Quelle jeune Divinité Montre plus de brillant & plus de majesté

Que l'incomparable Henriette ?

Dune en montre moins sur Terre & dans les Cieux , Et son plus grand éclat n'est rien (qu'une bluette Du beau Feu qui s'allume & qui bnlle en ses yeux.

Est-il aussi pareil Bon-beur

A celui de pouvoir lui plaire , Et peut-on désirer un plus aimable Honneur Que de l'entretenir & de la satisfaire ?

Que ce soit donc nôtre Souci ; Mettons y tous nos Soins , & commançons Ici

De marcher dessus la bonne Herbe.

Piquons nous de gagner l'inestimable Pra Qui seul peut justement rendre un Autheur superbe Et relever au Rang des plus fameux Espris.

. Ses Eloges & son Accueil

Semblent nous enfler de courage Et nous ôter la peur que quelque triste Ecueil Nous fasse en cet Effort rencontrer le Naufrage ;

Mais dépeschons ; les Vermisseaux, Propres à Gazeter sur des Sujets nouveaux ,

Comme à l'envi veulent éclore Pour avoir les premiers l'honneur de divertir . '

Cette Drvmrrâ que chacun d'eux adore ; Contentons leur ardeur, & laissons les sortir.

RuYTER , qui quelque fois pétune Sillonnant le Dos de Neptune , Ayant été fait Amiral , Est monté , non pas à cheval , 35 Mais sur un grand & beau Navire , Et l'on dit que ce Maître Sire , Fort enclin aux Guerriers Explois, Est allé chercher les Anglois Avec une assez belle Flote , 40 Où le Soldat & le Pilote

Se promettent , sous un tel Coc, Tres-bon succez d'un second Choc, On dit oue c*e$t devers NdTwioQi Que ce Rujrter, qui n'est pas béguc

45 A fait voile fort prestement* Sçachant qu'indubitablement L' Anglois, égrillard à merveille.

Lequel dort bien moins qu'il ne Etoit.allé là mugueter [veille.

50 Et tficher mesme à conquester

3a. — Du 3o. Aoust i665 (Robinet).

>iis Navires, où s'étale e Richesse Orientale »

ipris un petit Trésor antité de Poudre d'or, si les uns pour les prendre autres pour les défendre ont pas tout de leur mieux , l'être Victorieux ?

Paeque, au'aucun n'amadoue , 1 le Duc de Mantoue , die a son heure & son tour, -on , ainsi que TAmour , n sçait combien sa belle Ame bis brûlé de sa flâme.

Trai que Dame Cloton , in appétit trop glouton , it & devoit même attendre ec ce Peut Dieu du Tendre lât tous ses jeunes Jours , :n vain ainsi je discours ; ide , jamais , ne raisonne 1 elle occit une Personne.

^éres , Monsieur de Nouveau, 'étoit pas pour être beau de sa charmante Femme , lussi racourdr sa trame m de ses Dards Meurtriers ne couvrent nuls Boucliers.

buKT avoit double Charge , se ici l'on void à la marge , nule ne lui put servir , i la Parque le vinst ravir , lelle des Postes , je pense , l'user de dilieence , LSt eu haste de partir, hélas ! à n'en point mentir , M pas pour un tel Voyage , on a haste davantage.

sublime & l'humble Colbert , t Grand Estât si bien sert , ie dis sans flaterie , Grande Trésorerie rû pourvoir tres>dignement itre Monarque charmant , ^t reconnétre le zélé Serviteur si fidèle, mais donc ledit Seigneur a la marque d'honneur , [dre, |ue Pénjonne y trouve à morit tous lesOFFiQERS de I'Ordre.

de BretegiM.

Commissaire extraordinaire de Sa Majesté

Dargooges

Mais, à propos, n'oublions pas De marquer la qu'aux Estats , Colb^t, le Maistre des Rbquestbs Et l'une des plus sages Testes ,

105 Harangua, lorsqu'on les ouvrit, Avec tant de force & d'esprit , Tant de douceur & d'éloquence , Et, bref, avec tant de prudence , Qu'en Oracle il Ait entendu,

1 10 Et qu'une Secrète vertu S'épanchant de son noble zélé Dans l'AssAMBLÉE illustre & belle , Chacun accorda son désir A ceux du Prince avec plaisir.

115 J'apprend d'une bonne Ecriture Que desdits Estats l'Ouverture Se fit par le Duc Mazarin , Montrant un front doux & serein Et remplissant de bonne grâce

120 De son Père l'auguste Place; Et que le Premier Présidant , Pour le Roy Coicmissaire ardant , Fit aussi dans cette rencontre , Une tres-glorieuse montre

135 De son zélé & de son Sçavoir ; C'est ce que j'en ay pu sçavoir.

La Reyne Mère d' Angleterre (Que Dieu gard sur l'Onde & sur Estant venue en cette CouRjfTerre ! ) 130 Voir l'illustre Anne l'autre jour, ' Est allée à Bourbon, pour boire De ces Eaux où l'on nous fait croire Que plusieurs trouvent guérison , D'ordinaire, en cette Saison.

IJ5 Grâce au Ciel, ici l'on espère

Que celle de la Reyne Mère

En fin couronnera nos Vœux , '

Par les Effets tous merveilleux

D'une autre Eau qu'un Homme bien 140 A cet effet met en usage. [sage

La Reyne , si digne d'Amour , Avecque sa brillante Cour , Comme Elle est & Dévote & bonne Tout autant que le soit Personne ,

145 Le Jour de Saint Louis , alla Et sa Piété signala

En ce superbe & pompeux Temple '-'^JjJi** Qui dans I'Europe est sans exemple, Jéeuite* Et de ce Saint de grand Renom ^•sïi„T*

150 Porte l'illustre & fameux Nom. Anioh.e

3a. ^ Du 3o. Aoust i665 (Robinst).

Un PÉRB de la Compagnie,

LePére

jésofta. Qui de la Chaire a le Génie , Fit briller ses rares Talens Dans les Eloges excellens

155 De ce Saint Roy de nôtre France , Mais Ton peut dire en conscience Qu'il n'en est point de son Habit , Pour rEvangélique Débit , Qui ne soit un illustre Oracle

160 Et ne fasse crier Miracle ,

Comme si I'Espiut Saint des Cieux Descendoit derechef sur Eux , Ainsi qu'il fit jadis, en Langues , Afin d'animer leurs Harangues.

165 Aux Capucines , l'autre Jour , Ce m'a dit un Monsieur de Cour , On ouvrit une grande Caisse ;[ce ? »

Déjà vous *me demandez : « Qu'est- C'est un Corps, Leaeur mon Ami ,

170 Long de cinq bons pieds et demi (Juçez si la Caisse étoit vuide], Mais de plus c'est le Corps d OvmE. « O Dieu I direas-vous, quel PuésENrl » Hé quoy ? peut-il être plaisant

175 » A ces Filles mortifiées ,

» A ces Filles crucifiées ? [mer

» De cet AuTHEUR, dont TArt d'ai- » Sceut autrefois tout enflamer , » Ne craignent-Elles point l'embûche

180 » En ce Corps plus sec qu'une bûche, » Et que sçait-on si le Démon , » Qui s'appelle Amour en son nom , » Ne l'a point fait porter chez Elles » Pour en tirer des Etincelles

185 » Qui ? » Tout beau, ne vous

[fâchez point ; Cessons l'Equivoque en ce point.

Ce n'est pas le Corps du PofirE , Dont l'humeur estoit si Coquete ; Il ne faut point icy mentir :

190 C'est le Corps d'un fameux MARTVRt cJ^^ Et dont, à Rome, une Eminence , lunotni. Par pieuse Magnificence ,

Voulut régaler la Grandeur ^iS^T De nostre illustre Ambassadeur , . decréqui. Qui par une faveur bien chère Redonne à ce saint Monastère Ce plus précieux des Prbsens, Ce Corps ayant treize cent ans.

Avant que fermer l'Ecritoire , aoo Narrons la pitoyable Histoire

Dont Gens de Wle & gens de ( Font leur entretien en ce Jour.

LuNDY , pour les Défunts fune Deux Frères , jouans de leur r

305 Pour estre riches ou rouez »

Apres s'estre au Diable voues (Car à Dieu cela ne peut estre) , Suivant la Loy d'un si bon Mai Viennent , par l'ordre du Destd

3 10 Chez Tardieu heurter le matin.

Son Epouse , qui d'ordinaire , Faute de Suisse ou de Cerbère , Gardoit, & non pas sans raison La Porte de cette Maison , -

315 La vient ouvrir à ces deux Drôb Prests à jouer d'étranges rôles.

Ayans refermé l'huys sur eux, Sans s'amuser à son^r creux.

Us luy disent en trois Paroles :

330 <r Avez-vous cinquante Pistoles » A nous prester dans le besoin » Nous vous les rendrons avec s » Il les faut pour un Mariage. [{ » Ça, donnez, sans plus oe lai

335 La Dame, interdite à ces mots , Qui peu luy sembloient à prop En reculant parét redve , Et leur répondpar négative ; Mais les deux Frères Mandians,

330 Sur ce refus, en maugréans , D'un Instrument à plomb & pou Aussi meurtrier que la Foudre, Luy donnent, au mesme momei Droit dans le Chef, sans complim

335 Du Coup Madame Tardieu toml Et n'est plus qu'un sujet de Too Monsieur Tardieu venant au br D'un coup tout semblable il la s Mais , comme toutesfob il crie ,

340 Avant qu'éprouver leur furie, Trois ou quatre fois au Voleur, Et que les Armes , par malrheoi Avertissent le Voisinage Que leans on fait du Carnage, ^

345 Nos Gens sur le Fait sont surpii Et c'est à dire qu'ils sont pris, Comme l'on dit, s'ils ne s'envgl Ces deux Assassins se desokot De voir leur dessein avorté

350 Et plus encor, en vérité , De prévoir que sur une Root Us s'en vont faire laide moue.

Ils ne cherchoient pas cello-ll;

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3a. — Du 3o. AouBt i665 (Robwbt).

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Hélas 1 pourtant les y voila;

S55 Oui, tout Paris les y contemple.

Ah I profitez de cet Exemple , Maudits Larrons, qui ne voulez Que Biens mal acquis & voliez.

Mais vous, qui brûlez d'avarice',

360 Venez voir à quel Précipice Conduit l'Argent que vous aimez Et dont vos Cœurs sont si charmez.

Mais, 6- Muse Historiographe , Ajoutons trois mots d'Epitaphe.

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