Du 4- Octobre i665 (Mayolas
ai5 Ce IMner & ce grand Rtode Dessus une table en ovale Etoit si proprement servy Que tout le monde eiï fut ravy.
Les liqueurs , comme les viandes
aao Et les confitures friandes , Y parurent , en bonne-foy , Dignes de la bouche d'un Roy.
Monsieur le Comte de Bétune , Qui fouloit aux pies la Fortune
335 Et n'êtoit pas moins généreux Que sçavant, brave & vertueux , Est mort dans sa Maizon de Selles , Des plus grandes & des plus belles , Dequoy , certes , tout le JBerry
330 Et tout Paris est bien many.
Son Epouze , de luy trés-digne Et dont le mérite est insigne , Soufre tout ce qu'on peut soufrir A moins de se laisser mourir,
335 Et témoigne un regret extrême De la perte de ce qu'elle aime.
A^HSû Monseigneur l'Evesaue d'Uzez , de Montau Des plus doctes , des plus sensez , Origan.] Remply de zélé pour l'Eglize , 340 Par une louable entreprize , A touché le cœur noble & fier D'un Ministre de Montpellier, Dont l'ame , d'un remors saizie , Voulut abjurer l'hérézie 345 Et quiter les mauvais chemins.
Dans le Couvent des Auj Cet Homme aussi sçavar Qu'on nomme Monsieur Au grand Clergé fiit pré 350 Par le Prélat aue j'ay dt< Et de qui la dizerte lang Par une éloquente haran Leur donna l'explicatioi] De ladite Abjuration.
355 Mademoizblle , que }\ Et c^ui fait état de ma R Objet aussi puissant que S'en est allée à SaintHFa
Grâces donques à la t 360 Les Anglois ont feit la c De quelques Navires flot Tant de Guerre aue de Le Vice-Amiral de la M Par une destinée heureu 365 En dépit des vents inhu A sceu s'échaper de leui
Sublime & charmant Nos deux Reines sont e:
Moy, qui suis leur hum 370 Je prens grand'part à lei Et ma Muze en est si te Qu'elle ne peut être enj<
J'ay FArr ma Lettre en 1 La veille du grand Saiv
 Parts, Ch€:( C. Chcnault , In^. & Ub., Aux Armes du Roy, rue de la Huckette. A S» M.
(Biblioth. nat., Lc^, 3i. Rés. — Biblioth. de l'Arsenal. B. L. 11800. M. le baron James de Rothschild.— Ce dernier exemplaire porte la date d et l'adresse suivante : A Paris, Che^ C. ChenauH, Imp. & Ub., Aux At de la HuchetU, Avec Privilège de Sa Majesté. Et à Lyon, che^ C. Matiu\ rue Mercière, à Saint-Tkùmas d'Acquin.)
LETTRE EN VERS A MADAME
IS
[Pak Charlbs robinet.]
Du 4. Octobre i665.
PUNCBSSB illustre autant que belle »
Vous s^yez la triste Nouvelle Qui métamorphose la Cour. Son Dueil , qui mon ame pénétre , Me fait bien craindre qu'en ce Jour Je ne vous puisse offrir qu'une mauvaise Lettre.
Ce sera , si bien je devine , '
Sans doute une Epistre chagrine , Qui ne parlera cme de Pleurs :
Vopz les beaux Yeux des deux Reynbs Qui coulent comme des Fontaines Dans le pressant Excez de leurs justes Douleurs.
Mais Vous , ô Princesse , vous même , Vous ressentez leur peine extrême , Et vous chassez d'autour de vous Les Jeux , les Ris & TAlaigresse , Qui plaisent tant à la Jeunesse Et qui pour les Beautez ont des Appas si doux»
Le Monarque & Monsieur son Frère ,
De leur éclat , de leur lumière ,
Souffrent l'Edypse en ce moment.
Et toute la Cour , si brillante ,
Dépouille sa pompe éclatante
Sur les funestes Bords d'un fameux Monument.
O charmant Objet de la Muse , Je ne vous fais donc plus excuse Si » partageant ce grand Ennuy, Je vous parés un Esprit sombre Ou quelque mélancolique Ombre Dans les Vers que je vais enfanter aujourd'huy.
, Lecteur, le Monarque du Tage ^nce si grand ,^ si bon , si sage , * des Humains suivant le Sort , ^y é le Tribut à la Mort. ^ ^n des Parques la meilleure, ^^r reculer le jour & l'heure ^ son entrée au Monument,
Devidoit son Fil bellement ; En vain sa Sœur, tout aussi bonne, 40 Qui ne veut la mort de Personne , Le tournoit sur son Peloton ; Leur laide Germaine Cloton , De son Ciseau le tranchant viste, A fait choir en son dernier Giste
45 t^HiLtpPE , ce Grand Allié A nôtre Couronne lié Par le Sang , la Paix , I'Hymenée.
O Parque fiére & forcenée , Pourquoy presser ton attentat
50 Sur les Jours de ce Potentat?
Pourquoi, di-je, antique Homicide , Précipiter ce Régicide , Et des grands Roys est-ce le temps De trépasser à soixante ans ?
55 Mais une Sourde j'interroee , , Moins traitable ({u'un Alobroce ; Et puis , pour dire tout , la NIort En cela suit Tordre du Sort.
Quoi donc ? les Testes couronnées ,
60 De tant de gloire environnées , N'éprouvent pas le Sort plus doux Que le plus chetif d'entre nous , Et ces puissans Maistres du Monde, Redoutez sur Terre & sur TOnde ,
65 Eux, que l'on croid dignes d'Autels, Meurent comme d'autres Mortels?
Oui , malgré ces grands Domiciles , Qui sont vastes comme des Villes , Malgré ces beaux Lambris dorez ,