Du ly. Octobre i665 (Matolai
Par précaution . ou de crainte 150 Que l'on y donne quelque atainte.
Le Danois encor ne dit mot ; Je croy qu'il parlera bien-tôt.
Les Portugais ont pris n'aguéres Sur leurs illustres Aversaires , 155 Par leur nize ou par leur travail , Prés Saint-Cristophe » du bétail , Et , par Mer ainsi que par Terre , Entretiennent toujours la guerre.
Quoy que la peste diminue 160 Tous les jours , elle continue De métré à bas bien des Londrois Et d'en prendre mille à la fois ; On a pourtant r'ouvert la Bource »
Où les Marchands ont leur ressource; 165 La Cour de Sausbury sort , Et va prendre l'air dans Oxfort.
[Beratrd jy^ Prélat de Munster le monde Gaien] Vcrs Groëningheu fait la ronde ; Il s'est emparé de nouveau 170 Et d'un Couvent & d'un Château , Mais , dans peu , le Prince Maurice Luy donnera de l'exercice.
RuiTER , monté sur un Vaisseau , Si pompeux , si grand & si beau , 175 Capable de porter des Princes , Et qu'on nomme les Sept-Provinces, Avec mille Hommes trois cens trois, Va bien faire peur aux Anglois.
Castel-Rodrigue, dans Bruxelles, 180 Atend d'Espagne des nouvelles.
Le Prézident de Novion Avec sa Troupe est à Rypn , Et , prés-de-là , sans arnfice , Le Corps-de-Ville & de Justice ,
185 Clergé, Noblesse, également, L'^nt harangué civilement.
Cette Personne Présidante D'une façon trés-obligeante Répondit à leur Sénéchal ,
190 Comme au Lieutenant Général , Et prit au Palais sa séance , A 1 ouverture , à l'audiance , Où Monsieur Talon , à son tour, Plût fort à toute cette Cour.
195 Ces îours passes, dans Im Ro- D'une manière juste & belle, [ghilu On a receu le Gouverneur, Duc plain de mérite & d'honneur ; Au Pays d'Aunix & Broaage
900 II aura le mesme avantage.
L'illustre Archévesque de Touai Avec de Peuple un grand Goacoan A sacré dans icelle Ville Un Couvent plain de mainte fille »
305 Qui prend pour ses Patrons en cbe François db Sales & Josbph.
Au nouveau Saint cet édifice Le premier a fait Sacrifice.
Je n'ay earde icy d'oublier aie Monsieur le Duc de Montauzibr ; Cet illustre & grand Personnage Dans la ville de Rotfaoma^ Fut acueilly , non sans raizon , Au bruit de cent coups de canon ; a 15 Les plus Grands renoîrent vizite A ce Seigneur de haut mérite , Et le Prézident Franquetot, Qui n'ignore pas ce qu'il vaut • Dans une maizon de plaizance , aaoChez-luy le traita d'importance.
Le Prélat docte & vertueux De la Cité de Périgueuz A vu finir sa belle vie Par une grosse hydropizie ,
325 Avec d^s sentimens divins , Dans le Couvent des Capucins , Dont l'Ordre , tout-à-fait austère , Et la vertu très-exemplaire N'a jamais fidt une action
330 Contraire à sa Profession.
On a volé dans Sûnt-SuLPics Quatre Ciboires , un Calice , Et deux Boëtes d'argent ou d'or.
Plaines d'Huiles Saintes encor, a35 Sans qu'on ait surpris les coupables De ces crimes épouvantaUes , Qu'ils ozent faire en un tel Lieu , Et s'en premnent mesmes à Dnsu.
La Cour fut Dimanche à VersaiUes 340 Non pour parler de funérailles , Mais pour tâcher de divertir Le coup que vient de ressentir
234 de Saintet-Huilct encor.
4S. — Du 17. Octobre i665 (Matolai).
Nôcrc Auguste & charmante Rbine, Et mcxiérer un peu sa peine ; 245 Elle rmnt Jeudy matin . Et fut f avec son cher Daufih , ^ Avec sa Suite illustre & grande , snmf] Entendre TEvesque de Mande , Qui » selon sa coutume , fit 350 Un Sermon qui plût & ravit , £ Dans TEg^ize des Carmélites , Qui font retentir les mérites
De la Sainte , de grand renom , Dont la Rbine porte le nom.
355 PamcEssE , en vertus si féconde , Je vien des quatre coins du monde Sans être sorty de Paris , Ny seulement de mon logis.
J'ay FArr CES Rdies a mon aize , a6o Deux jours après Sadcte TiRizE.
A Fmré, Ckê^ C. CkêmêÊUt, iwfp. A Lit., Aux Armes du Roy, rue 4e la Huefutte. Avec Privilège de S. M.
(Bibliotfa. nat., Le', ai. Rés. — Btbiioth. de rArsenal, B. L. 11800. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. — Ce dernier eiemplaire porte la date du 33 octobre 1665 et lec adresses suivantes : A Paris, Cke^ C. Ckenault, Imp. & Uh., Aux Armes du Rity, ruade la Huckeite. Avec PrimUge de S. M. Et à Ly&u, Càe^ C. Maikevet, rue Mercière, à Saiut Thomas iTAcquiu.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charlis ROBINET.]
Du 18. Octobre i665.
MuzB , couronnez-vous & de Myrthe & de Rose , Meslez sur vôtre Front la Joye & le Respect , Essayez de tourner galamment chaque chose , Montrez dans vos Discours un Esprit circonspect.
Dessus vos sages Soins mon honneur se repose , Sur tout ne dites rien qui puisse être suspect ; Pour vous instruire mieux enfin je vous propose D'une Divinité l'éblouissant Aspect.
Représentez-vous bien cette auguste Personne , Cette jeune Beauté que la Gloire environne , Et dont l'Esprit si fin bit par tout tant de bruit.
Pour mériter l'Accueil de l'illustre Merveille , Dont la chère Faveur à l'Honneur vous conduit , Vous devez , comme Elle est , Muze , être nompareille.
^ D'abord on peut dire sans dol wr«^ Que I'Amrassadeur Espagnol, [vre, ** ,] Qu'un lugubre & long Manteau cou-
L'autre jour, vinst encore au Louvre Dire aux Majestez rie à rie , ao Non en secret mais en Public ,
49* — I)u i8. Octobre i665 (Robinst).
La nouvelle, non plus nouvelle; Du Coup dont la Parque cruelle A mis toute TEurope en Deuil En mettant Philippe au Cercueil.
urar^dM* ^^ ^^8^ Monsieur de Beruze , Ambassa- Qu'en son Employ beaucoup l'on *°" Le mena lors en bel arroy [prise , Vers les Reynes & vers le Roy, Et vers nôtre beau Dauphin même , 30 Cher HéiUTiER du Diadème,
Dont les jeunes charmes Vainqueurs Le rendent déjà Roy des Cœurs.
' [l'Ame, Ce Ministre , en Deuil jusqu'à Fut chez Monsieur & chez Madame, 35 Faire entendre aussi ses Regrets • Estant vers Eux conduit exprés Par r Introducteur ordinaire , Qui sçait sa Charge très-bien faire, Sçavoir le Sieur de Saint Laurens , ^ 4oLun des galands Hommes du
[Temps.
^èniaj Aujourd'hui dans les Carmeutes , Que l'on appelle les Petites , Par un Service solennel , L'on a supplié I'Eternel
45 De placer avec avantage
L'Ame dudit Feu Roy du Tage Au Ran^ de ses plus grands Eleus.
Ce que ]t puis dire de plus ^^Sr^ Touchant ce funèbre Chapitre
30 Est que d'AMiENS le Porte-MvTRS En ce Service a célébré Et que tout le Temple éclairé De maint , tant gros que menu ,
[Cierge .
De Cire blanche , mais non vierge , Et tendu de tous les costez De velous noir, à pluzieurs lez ,
$^ Sembloit , en sa Pompe éclatante ,
N'être qu'une Chapbllb aidante.
A propos , Madame la Moar,
60 Qui prend & le Foible & le Fort, Le Sçavantissime & Tlgnare , Qui confond la Teste à Thyaie Avec celle d'un Prestolet Ou du plus petit l' Ai^ulet ,
65 Qui fait Capots Gens de tout igt , Et qui , bref, exerce sa rage • Dans la grandeur de ses projets , Sur les Roys & sur les Sujets , Sur belles & laides Personnes ,
70 Sur Grimaudes & sur Mignonnes, Sur l'Opulent & sur le Gueux .
A du Prélat de Périgueux ^^^ Grossi son funeste Trophée .d/ma Sans que cette hideuse Fée *■ **
75 Ait regardé sa Qualité , Son éclatante Dignité , , Ses rares Vertus , sa Sîcience , Son saint Zélé & son Eloquence , N'en voulant qu'à son Corps mortd
80 Pour l'immoler sur son Autel.
[Campagne, Comme Elle est tou|Ours en N'aguére , à Bellb-Islb , en Brita' Elle prit une Dame au Corps, [gnb, Sans Pousse-culs ny sans Kecon.
85 Mais las 1 qu'en avoit-elle à fiiire? Telle aide étoit peu nécessaire , Car, dans ce beau coup de Filet • Elle n'enleva c^u'un Squelet En l'An cent vingt-cinq de son Age,
90 Trois mois & six jours davantage.
D'humeur radicale épuisé • Et , bref, par le Temps tout usé. .
Si je faisois son Epitaphe En fidelle Historiographe ,
95 Voici de ouel air à peu prés , Dans cet Ëmploy je me prendrés :
Cy git une Sempiternelle , Qui vécut plus de six-vingts ans , Et la Parque , enlevant cette sèche Aridelle , N'enleva qu'un Phantôme & le Jouet des Vents.
Ainsi donc , Cloton , abusée Par le Temps qui l'avoit entièrement usée.
Pesta fièrement contre lui ; Mais , voyant que les Vers y cherchoyent de quoi frire ,
Perdant tout à coup son ennuj, Elle ne fit alors autre chose qu'en rire.