Du I. Novembre i665 (Robinet
60 Et comme lors qu'il fut vivant , Suivant l'ordinaire coutume Envers les Morts de ce volume , A c^ui l'on présente des Mets Qui leur servent peu désormais ,
65 Quand des vers ils sont la Pâture , Eux-mêmes , dans la Sépulture.
Le Duc de
S. Agnao,
Le Comte du Plessis
elle Marquis
de Pluvaut.
Monsieur
le Duc de Valois
Dimanche, un Duc, au nom du Alla dans un lugubre arroy [Roy , Donner au Corps de l'Eau-Benite (Ainsi qu'on m'a la chose dite ), Mais comme on la donne en tel Jour, Non de l'Eau-Benite de Cour.
Seri , vaillant & jeune Comte Qu'au rang des plus Braves l'on
[compte , Y fut aussi pour même fin De par Monseigneur le Dauphin , Ainsi que deux autres Notables , Et par leur Employ remarquables , Pour Monsieur & monsieur son fils, Si charmant Rejetton des Lys.
Ces quatre Aspergeurs , si célèbres ', Dedans leurs Fonctions funèbres Avoyent, outre un Bonnet Quarré Dont leur front étoit fort paré , Une Robe de qui la Queue Occupoit presque demi-lieue , Ayant huit Aunes de longueur, Et (voyez si je suis menteur) Chaque Queue à perte de vue Estoit au fin bout soutenue Par des Gentils-hommes d'honneur, Et , qui plus est , chaque Seigneur Marqué dans mes précédens Carmes Marchoit après deux Hérauts d'Ar- Et, bref, jetta suivant les Loix [mes De l'Eau-Benite par trois fois , Tandis qu'une bonne Musique Chantoit, non pas un gay Cantique,
Mais , vrai comme je vous le dis , 100 En faux bourdon , De profundis.
Le Maistre des Cérémonies , Chéri des belles Compagnies Pour mille beaux Talens qu'il a , Fit aussi ses fonctions là , 105 Avec une pareille Robe * Que jamais ne porta Macrobe.
Au reste , le Duc de Mercosur , En dueil jusques au fond du cœur, Suivi de la jeune Lignée 110 Que lui donna son Hyménée, Reconduisit lesdîts Seigneurs Venans de faire les honneurs.
Quand la Nuit eut tendu ses Voiles Et Phœbus fait place aux Etoiles,
1 15 A Saint-Roch on fit le Convoy Ainsi que pour un Fn-s de Rot.
Le Corps étant dans cette Pompe Sur un Char, si je ne me trompe .
Attelle de six beaux Chevaux ,
1 30 Entouré de deux cent Flambeaux Portez par Gens à lors bien sages, Bien que Valets de Pied & Pages .
Et suivi , dans un sombre Atour, De tous les Carosses de Cour ,
125 Mêmes de ceux (s'il faut tout du-ej Tant des REYNEsque du Grand Sire.
Ce Corps , au triste Carillon , Ayant pris un congé fort long De sa très-ancienne Paroisse
130 (Qu'en Revenu le Seigneur croisse, On le conduisit bellement Et toujours saturniquement En l'Eglise des Capucines , De la Croix aimans les Epines ,
135 Pour en Dépôt y demeurer Jusqu'au temps de le transférer Dans le Lieu de sa Sépulture, Sur qui j'appends cette Ecritotb :
Cy git le beau Cézar , le Fils du Grand Henry Et qui de Lui toujours fut tendrement chéry. Il eut les Qualitez d'un si glorieux Père ;
11 eut les beautez de sa Mère , Qui de l'Amour étoit un Miracle charmant.
11 fut prés de la gloire extrême De se voir sur le Front un pompeux Diadème , Enfin il vécut longuement ; Mais il est Icy comme Y seroit tout autre Homme.