Du 2. Novembre i665 (Mayolas
215 La pieuze ardeur & le soin De qui sa Paroisse a bezoin Depuis Texécrable entreprize Que l'on a faite en son Eglize , A fait la réparation
330 D'icelle profanation Par une Messe solennelle , Par une Procession belle Aux environs de son Quartier, Témoignant, Mercredy dernier,
335 Avec Personnes magnifiques Et deux cens Eccléziastiques , Combien ce forfait Ta touché Et Ta sensiblement fâché.
Monsieur étoit de la partie ;
230 Et , cette Troupe étant sortie , Le Roy, trés-Chrêtien & pieux , L'ayant rencontrée en ces lieux Auprès de la Porte Daufine , Avec icelle s'achemine
335 Jusques au brillant Répozoir Qu'au Luxembourg on alloit voir.
Et de-là jusques audit Temple , D'une pieté sans exemple, Acompagna dévotement
340 Le Glorieux Saint Sacrement; Et la Reine , l'aprés-dinée , * Y fut celte mesme journée Entendre, avec pluzieurs Chrétiens,
L'éloquent Evesque d' Amiens, I 345 Qui sur une telle madère Fit un Sermon extr'ordinére.
Le preux Marquis de Belle Dont beaucoup d'état nous fiii Que la Renommée acompagn<
350 S'en va faire un tour en Espaj Pour témoigner en bonne-foy, De la part de nôtre Grand Ro A la Reyne Veuve & Régente Au jeune Roy, comme à Vlwfi
355 L'extrême douleur & r^ret De cette perte qu'ils ont fait.
De l'Ambassadeur de Mante Dont les vertus par tout on le Le Roy régala les talans 360 D'une Croix de beaux diamani
Princesse trés-considérable , On porte mon souper sur tàbh Je me trompe , & , sans fiction Ce n'est qu'une colation ; 265 Mais je croy qu'après tant de p Je puis la faire à la Romaine.
Fait la veille de la ToussAih Etant prest a laver les mains.
A Paris , Che:( C. ChenauU, Imp. & Lit., Aux Armes du Roy, rue de la Huchette. Avec Privil Sa Majesté.
(Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 11800 — Biblioth. de M. le baron James de Rod» — Cet exemplaire porte la date du 4 novembre et les adresses suivantes : A Parti, C. Chenault, Imp. & Ub., Aux Armes du Roy , rue de la Huchette, Avec Priàh Sa Majesté. Et à Lyon , Che:( Charles Mathevet , March. Libraire , rue Mercière, à Thomas d'Aquin.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pas Charles ROBINET.]
Du 1. Novembre i665.
Prose , fais aujourd'hui place à la Poésie I Voulant entretenir une Fille des Dieux , Je laisse en ce Dessein dont mon Ame est saisie La Langue de la Terre & prends celle des Cieux.
Oé)a son doux Transport émeut ma fantaisie , Et je suis embrasé de son Feu précieux Pour la Divinité que mes Vers ont choisie Et dont le grand Appuy les rend si glorieux.
Clion , approche donc pour faire nôtre Lettre ; Voyons avecque soin ce qu'il nous y faut mettre , Et qui plaira le mieux à cet Objet brillant.
Au reste , souviens-toy de prendre tout ton lustre , Puis-que dessous le Ciel il n'est rien si galant Que la charmante Cour de l'Héroïne illustre.
îens sont encor tous ravis
le j'ouis & je veis ,
, dans sa belle Chambre ,
sent un pur esprit d'Ambre,
void de tous les costez
a void aux Lieux enchantez.
ue la Gloire accompagne
sa plus di^ne Compagne ,
ans son Lit , en ce Jour,
s Grâces & TAmour ,
ite Illustre & mainte Belle
sa galante Ruelle.
int une Habile Main ,
nt sur un Clavessin ,
it ses fines Oreilles
ymphoniques Merveilles ,
ce que la Fiction
t d'ORPHÉE & d'ARION.
a douce Symphonie
iraculeux Génie ,
m , s'unit une Voix
rme le plus grand des Rois ,
our lors, chantant les Plaintes
Des Ames de l'Amour atteintes, Rendoit les Soupirs si charmans 40 Que les Cœurs taits de Diamans , Et plus qu'eux encor impassibles , En seroyent devenus sensibles , Et, sans doute, auroyent dés ce jour Désiré soupirer d'Amour.
45 Le Corps de Monsieur de Van- Ayant été rempli de Baume , [dôme.
Fut exposé dans son Hôtel , Durant trois jours , à tout Mortel , Sur un brillant Lit de Parade ,
50 Au milieu d'une Balustrade , Et rien ne peut être pareil A ce riche oc morne Appareil , Où du Défunt la vaine eloîre De Cloton rendoit la Victoire
1^5 Plus pompeuse qu'elle n'est pas Dedans un vulgaire Trépas.
Encor qu'un Mort ne puisse mordre.
Ori servit toujours en bel ordre Le Défunt , comme auparav/int«