Du i5. Novembre i665 (Mayolas
A son beau Discours aplaudit Et prit plaizir d'ouir en France Toute 1 Espagnole éloquance.
Les Téatins Religieux .
iSoNon moins bien-faizans que pieux , De qui la vertu fort sincère^ Fait qu'on les aime & considère , Firent Feste , soir & matin , André Qg jgyj. Bien-heureux Avelin.
,85 Un Prélat trés-sdentifique Prononça le Panégirique D'une merveilleuze façon ; [Ouii- C'êtoit rEvesque de Maçon.
'"SSfxf La Reine , des plus acomplies , ,90 Entendit Salut & Compiles , Montrant avec afection En tous lieux sa dévotion.
Mardy, Cézar Duc de Vendôme .
Dont les faits rempliroientun Tome, ,95 Fut solennellement 6lé des Du Temple où Ton Tavoit porté, ctpuciiies Lçs carosses du Roy, des Reines . Des Souverains & Souveraines , Et ceux de sa Maizon , en deuil , 300 Suivoient le Chariot ou Cercueil ; Deux cens Capucins , à la teste , Prians à cette triste Feste , Et ses principaux Oficiers Marchoient à cheval des premiers.
305 Des Valets-de-pîé plus d octante Précédoient la Pompe éclatante , Tenans en leurs mains des flam-
[beaux
Dont on éclaire les Tombeaux , Et six Nobles portoient le Poêle ,
310 Qui servoit au Défunt de voile , Où velous , hermine & brocarts , L'or Si l'argent de toutes parts , Avec de befles broderies , Reluizoient dans ses Armoiries.
315 Les Gentilhommes députez De la part de Leurs Majestez , Des autres Princes & Princesses , Y témoignèrent leurs tiistesses.
Son Char étant bien préparé
330 Et par huit beaux chevaux tiré , Vendôme On va daus sa Terre Ducale ,
Qui , sans doute , est la principale ,
Pour le placer, avec splendeur.
Prés son Frère le Grand-Prictii
335 Avéque la magniiScence [Fr Que nous rendons au Sang i
Paris vient de perdre beaua Puisqu'il a perdu tout d'un ce Prés de cent cinquante PuceUe
3JO Moitié laides & moitié belles , Dont l'œil & l'esprit curieux Les conduit en de lointains liei Dieu les conserve & les condui Sans qu'elles ayent vent de bis
335 Et les comble d'un si doux soi Qu'elles arivent à bon port !
Les agrémens de leurs vizages Aprivoizeront les Sauvages ; Leur grâce , jointe à leur dou<
340 Convertira bien-tôt leur cœur, Et par leur puissance féconde Elles feront un nouveau Moni
La Troupe des Itauens Qui sont très-bons Comédien.*
345 Mercredy, nous fit un régale D'une Pièce fort joviale , Qui conduizit au Cabaret Le plus grave & le plus discn En ce jour, la Cabaretiére
350 Olaru , charmante & fiére , Qu'un brave Plumet enleva , Son personnage bien joua.
L'inimitable Scaramouche , Qui ne semble pas qu'il y toi
355 Sans dépenser un seul douzai Goûta de cent sortes de vin , Et le Balet , que quatre Yvro Avec leurs rubicondes trognes Dansoient avec tant d'iN prom:
260 Faizoient voir qu'ils n'avoient Parterre, Loge, Amphitéatr Aussi-bien que tout le Téatre Etoient remplis , en bonne-fo; De beaucoup de monde & de
365 Princesse , sublime & polie Ma Lettre est tout-à-fait remp
Fait trois jours après Saint '.
Où LE Bourgeois PArr grand 1
A Paris , Che^ C Chenault , Imp. & Ub., Aux Armes du Roy , rue de la Huckette. Avec Pri Sa Majesté.
(Biblioth. de l'Arecnil, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le baron JametdcRot — Ce dernier exemplaire porte la date du 18 novembre et les adresses suivantes : Cher C. Chenault , ImpHmeur & Libraire, Aux Armes du Roy, rue de la Huchet Privilège de Sa Majesté. Et à Lyon, Chr^ Charles Mafftevet , Marchand Lihrt Mercière , h Saint Thomas à'Aquin.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du i5. Novembre i665.
Clion , de mes Avis faisant un bon usage » Cultive-Toy pour plaire à la Divinité Qui daigne t'accueillir avec tant de bonté Dans le Moment si doux où tu lui rends hommage.
Parés à son Aspect judicieuce & sage , Ne laisse dans tes Vers rien glisser d*éventé ; Dans le stile plus gay garde la pureté , Et ne penche jamais vers le Libertinage.
Jamais ne lui fais part d'aucunes nouveautez Sans de nouveaux brillans ; de nouvelles beautez Qui charment son Esprit & âatent son Oreille.
Pour te tout dire enfin , repense incessamment , Allant faire ta cour à la jeune Merveille , Que ta gloire & ton heur dépendent d'un. Moment.
LmoMnsKi , ce Perverti Qu'on disoit s'estre converti , Non, non , est toujours un Rebelle, Et &it le Mutin de plus belle , Sur l'espoir d'estre secouru , M Tant il est perfide & bouru.
n versoit, msoit-on, des larmes , U voulait mettre bas les armes , Et, cessant ses Projets trop fiers , U renvoyoit les Prisonniers ; >5 Mais un Désir d'injuste Gloire Qui règne dans son Ame noire N^t soufEert son Déguisement Que deux ou trois jours seulement , Et Ton voit que sa Conscience 30 Eit toujours dans l'Impénitence.
U SsiGNSUR Amuul Ruyter , . Plus fulminant que Jupiter, Sur sa Flote de tant de Voiles , Qui semblent morguer les Etoiles , 35 âoit allé chez les Anglois Chercher matière à ses Explois ,
Et son Armée il avoit mise Expressément vers la Tamise , Portant sur ses Flots azurez ,
40 Mille Vaisseaux peints & dorez ; Mais les Anglois, grands Politiques, Alors plus fermes que Stoïques , Pondans sur leurs œufs fièrement , N'ont pas fait mine seulement
45 De sçavoir qu'un tel Personnage Fût ainsi dans leur Voisinage.
Mais quoi I d'iEole les Agens , A les servir fort diligens ^ar ils s'entendent , dit l'Histoire ,
50 Tout ainsi que Larrons à Foire], Ont encor jette dans leurs Ports, Par leurs Soufies grondans & forts, Le plus riche & plus beau Navire Du Hollandois , qui n'en peut rire ,
55 Mais lesdits Anglois l'ont receu Certes comme le Bien-Venu ; Et c'est ainsi qu'ils continuent »
Mêmément sans qu'ils s'en remuent.
De gagner, comme ci-devant ,