LETTRE EN VERS ^H
ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS 1
„ [ P.« LA GRAVETTE nt MAVOLAS, | ^^J
I^Kr. Du 22. Novembre i66S ^^H
une choze véritable
Pour venir en cette saison ^^^^|
)uvrage est plus agréable
A telle fin que de raizon : ^^^H Portez vos Rcceus . vos Quiunccs . ^^^^
il remplit nôtre dézir
3us faire long-temps languir.
iSE éclatante & parfaite ,
io Vos Titres , Arèts & Sentances , ■
El venez d'un pas diligent : 1
. monde atend ma Gazette ,
Mais ne venez pas sans argent , 1
ur abréger son soncy.
Car vôtre esprit n'est point en doute ^^^J
us marchander, la voicy
Qu'en ces lieux beaucoup il en coûte, ^^^H
,i Et l'Auberge & le Cabaret ^^^1
£ . Plaideur et Plaideresse ,
Font bien-tôt vuider le gousset. ^^^H
. Tiers-Etat & Noblesse ,
Le lendemain de cette Feste ^^^H
iciers , soit Artizans ,
iQui cauze un peu de mal de teste ^^^H
ïs Marchans ou Payzans , tendans ou Secrétaires .
A quelques-uns de nos Bourgeois . ^^^H 4o Pour avoir bû plus de deux fois), ^^^H
îones de Gens d'Afaires
Le Sénat fit son ouverture . ^^^H
ns Paris avez accez ;
El l'on commença , je vous jure , ^^^M
raider tous vosprocez, électeurs de la Justice .
Cette grande solennité ^H^H
Par une œuvre de piété. ^^^B
it dignement leur Ofice .
4» L'Evesque d'UzEZ dit U Messe . fj«jD. 1 Ce Prélat , rcmply de sagesse , ^u^u 1
Siidens . les Conseillers .
. Commissaires , Gréfiers .
Ayant prié dévotement . ■'• Gn»n«il ,
s. Procureurs intégres.
Fui après dans le Pariement . i Afin d"y prendre sa séance ,
ts. Huissiers. Sergens alégres.
t jour de Saint Martin ,
^o Par un Discours plain d'éloquance .
tendront soir & matin
Il fit un beau remercîment,
vos demeures Champêtres
Et parla fort civilement
mtizons de vos Ancêtres ,
Au Chef de ce Sénat auguste .
Si fameux, si docte & si juste , ij Qui , d'un Festin délicieux .
Le régala tout de son mieux.
J'ay sceu , non sans beaucoup de [|oye .
Que l'Ambassadeur de Savoye, A nôtre grand Roy , de la pan
fco De son Maître & Duc Savoyard .
Anonça l'heureuzc grossesse De l'illustre & belle Duchesse , Dont il montra dans le moment Un extrême contenlement ,
6; Et tel que donne l'avantage De voir des Fruits du Mariage.
Pour moy, qui depuis tant de jours.
Pour l'illustre Sang de Nenours Ay fait des vœux & m'intéresse ,
ToJ'en reçois une ample allégresse.
Par cette Lettre vous sçaurez (Si par hazard vous l'ignorez) Que le Marquis de Montdebebgite Ne va pas au Pays de Bergue .
73 Mais bien à celuy d'Oriant.
D'un cœur ferme & d'un œil riant Vers CCS quaitiers il s'achemine , Pour gouverner l'Iste Daufine, Dont il a gayement prêté
90 Le serment de Hdélité
Entre les mains de nôtre Prjnce , Qui de mainte & mainte Province L'a fait Lieutenant Général Dans le Climat Oriental .
83 Dont la Compagnie éclatante .
intelligente & vigilante Fait des progrez incessamment Dans ce grand Etablissement.
Trouvez-bon que je tympanize 90 Que l'Ambassadeur de Venize
A pris congé de nôtre Rov
En un trés-magnifique aroy.
Il fut, pour finir l'Ambassade.
Fait Chevalier de l'Acolade .
9; Honneur qu'il a bien mérité
Par vertus & par Dignité.
La Mort , qui tôt ou tard nous
[serre , Ces jours passez . auprès d'Auxerre , Dans un Château superbe , a pris IDC De Lambert. Marquis de Saint-Bris,
- Du î2, Novembre i665 iMavolaB;.
Agé de quatre-vingts anrtées Et d'un bon nombre de joumCct Ses services & ses exploits A l'honneur de trois de nos Rois
105 Rendent sa mémoire immortelle.
De Metz , comme de la CAPetu .
Il posséda bien dignement Le glorieux Gouvernement :
Il eut aussi pour récompance
1 10 De son soin & de sa vaillance .
De sa prudence & de sa foy , Maint autre illustre & belEmploy.
De sorte que ce Personnage Est encore plaint à son âge.
ii; Monsieur le Prince d'AuBiei" Du rang des vivans est bany :
En France , comme en Anglctertî On est fâché qu'il soit en terre, Pour l'esprit, science & vertu
i>o Dont le Ciel l'avoit revêtu ,
Et mesme icy, dans Nôtre-Dame.
On priera bien Dieu pour son Aux Je le regréte infiniment Par ce qui! maimoit tendrement
rjj Parmy les Morts encore on conu De Pagan, noble & brave Comic, Généraux . sçavant & vaillant.
Dont l'esprit êtoit fort brillant.
Ses Livres de Matématiques
i)o Et ses actions héroïques
Nous ont bien fait voirquesoncon Sçavoii trionfer du mal-heur Et manier, contre coutume, L'Epée aussi-bien que la Plume.
1)3 La Reyne-Mcre des Anglois
Vint revoir celle des François .
De Colombes en cette VilU .
Et l'Epoux de sa chère Fille;
La Reine & le Rov, plein d'amitt 140 Le vîziiérent au Palais,
Où , se trouvant un peu malade.
Il n'alloit point en promenade
Le Duc de Médine , à Madnd , Beau bruit & tintamarre fit .
14} Escorté de quatre Roys-d'Armet.
Suivy de beaucoup de Gensdanno Proclamant trois diverses fois.
D'un agréable ton de voix , Charles Second Rov db CAmiu
- Du 23. Novembre i56S iMavolas),
lOans deux grand'-Places de la Ville, tte sorte que ce jeune Infant lEst maintenant Roy (rionfant.
Nos Troupes, lestes & guerrières, Apr^s avoir passé Mêziéres , Sont déjà prés ou dans Macstric , Sans avoir fâché le public.
Elles marchent en si bon ordre Qu'on n'y sçauroit trouver â mordre, IT Aussi les laisse-t'on passer eoSans murmurer, sans balancer.
Monsieur de Pradellk commande Par sa prudence bonne & grande , Ayant deux Maréchaux de Camp Qui le suivent dans ce beau champ, fDont je vais marquer à la marge Les noms tout du long et du large ; Mais non , je les mets en ce lieu :
Ze sont d'EspENCE& de Saint-Lieu. Toute la Holande s'apreste |^ leur faire caresse & feste.
Car ces Guerriers , dont on fait cas, Vont bien secourir leurs Etats.
Une Femme avec une écharpe , Qui sçait bien jouer de la harpe , Portant avec elle un poignard Pour faire des coups de hazard , Alla chez une Demoizelle Aimable , jeune , riche & belle , Pour luy prendre des passemans , • Argent, perles ou diamans.
La rencontrant toute seuletc Se promenant dans sa chambrete , Elle luy fit un compliment , Soit en tremblant , soit hardiment .
ïSi bien que la Dame en alarme .
*oyani fa pointe de son arme .
décriant * Au meurtre ! au voleur ! " Jjuncry qui pouvoit faire peur, [•Etilrepreneuze prit la fuite.
•De peur d'une promte poursuite, ^. gagnant au-pié . d'un bel-air, JJl'parui ainsi qu'un éclair.
IJjMnt à tout le Voizinage :
I Je vay chercher la Femme-Sage, »
jLcsVoiiins, entendans cela.
Atounircnt par-cy. par-là , M. trouvans la Dame couchée •;nnt qu'elle étoit acouchée on enfant aimable & charmant ,
Qu'elle
avoit fait subitement
La peur que luy fit l'inhumaine Par bon-heur la tira de peine.
Les Directeurs, bons& prudens, Des Dé parte mens Occidens
10; Ont envoyé cent jeunes Filles .
Très agissantes & gentilles.
Au Havre , pour les transporter Et dans des Vaisseaux les porter , De-là. dans l'isle de Cayénc.
iioPour les marier on les mène A des fidèles Oficiers , Comme à des excelenis Ouvriers.
Ces Filles, Êtans bien-tôt Femmes, Feront en ce Pays les Dames ,
i; Et, multiplians les François Dans les maizons & dans les bois.
Beaucoup d'autres forment l'envie D'aller-là pour passer leur vie , Ayans apns aue sur ces hors
10 On acquiert uans peu des trézors.
Princesse . après ce tour oblique , Je vais entendre la Muzique , Luts , Tuorbes &. Clavessms.
Que l'on acorde aux Maturins.
is Fait la veille Sainte Cécile , Au jeu de l'Orgue fort habile.
Un des beaux Esprits de ce temps, U^^-
Des plus polis, des plus sçavans. um«T) 30 Depuis deux ou trois jours étale
Au Public l'HiSTOiRE Rovale .
Dont on fera beaucoup d'état.
11 l'ofre A nôtre Potentat,
En forme de Lettres Cmrètfennes , )^ Qu'on verra toutes les semaines.
Leur grâce & leur solidité ,
Leur sçavoir & leur piété ,
Par sa production féconde.
Depuis l'origine du Monde ,
Marqueront tout ce qui s'est fait 40 De plus rare & de plus parfait.
Ayant lu ce nouvel Ouvrage,
J'admiray de ce Personnage
La science & le beau dessein ,
Et l'on m'avertît tout soudain 45 Que ses œuvres Philozotiques ,
Morales & Téologiques ,
I)J II nfre - 14; !«•