‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 159 sur 317 · Du 33. Novembre i665 (MATOLâsj · texte numérisé non relu

Du 33. Novembre i665 (MATOLâsj

En plusieurs Volumes divers , Le prônent par tout l'Univers.

Cette lecture remarquable , 350 Utile , hônête , délectable , Donnera des plaizirs bien grans

Aux Doctes comme aux ignorans.

Ces Trézors , ces saintes merveilles Ces illustres fruits de ses veilles , 355 Se vendent encore , par bon -heur, Au logis de mon Imprimeur.

A Paris , Che^ C. ChenauU, Imp. à Lib., au» Armes du Ray, rue de la HucketU. Avec PrtvUége de & Majesté, Et à Lytm. Che^ Charles Mathevet, March» Libraire, rue Mercière, à Saint Thomm étAfom.

(Biblioth. de M. le iMron James de Rothscbild. » Cette lettre porte dut Vémm destinée à être vendue à Lyon la date du 35 novembre. Bien que nous n'afoos retrwN aucun éiemplaire de l'édition mise en vente à Paris, nous avons-cni devoir rétablir la àùt primitive.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 22. Novembre 166$.

Non , beau Phœbus que j'invoque en ma Rime , Pour nul Objet autant digne d'estime Vous ne sçauriez favoriser mes Vœux Ni m*accorder vos plus illustres Feux , Et le penser c'est commettre un grand crime.

Pouvez vous voir, du Mont à double Cime , Un Rejetton des Dieux plus légitime Et plus parfait sous le Lambris des Cieux ?

Non.

Peut-on trouver un Esprit plus sublime Qu'en cet Objet qui n'est pas anonime?

Madame a-t'elle une Egale en ces Lieux ? En est-il même au grand Séjour des Dieux Qui plus d'amour & de respect inprime?

Non.

Pour Elle donc ouvrez ma bonne Veine , Faites couler mes Vers sans nule peine Et leur donnez le plus aimable tour, Afin qu'ils soient dignes de son amour, Comme sortis des Sources d'Hypocreine.

Je ne veux point de Vers à la douzaine Et je dirois : « vôtre Fièvre auartaine » Si sans succès je vous faisois la Cour

Pour Elle.

- Du 3

. Novembre i<36$ (Robinet!.

Mais sans moairer une ame ici trop vaine. Je sens des beaux entin ma Veine pleine . Laisson&-les viste édore tour à tour, Et faisons voir à Madame en ce Jour Que nous puisons à la bonne Fontaine Pour Elle.

N'aguërcs un Evénement

jo Tout- à-fait & rare & charmant Arriva chez cette Héroïne A i^ut mes Ecris je destine , El )e ne puis débuter mieux Que par ce Récit curieux.

); La Rivale de la Nature ,

L'admirable & noble Peinture , Dans le plus beau de ses Ponrais Avec soin ramassoit les Trais De cette Divine Henriette ,

40 Qui même 1' Amour inquiète .

A dessein de nous étaler Un Tableau qui put l'égaler.

Pour réussir dans cet Ouvrage Et le rendre digne d'bommage ,

4i Elle se servoit de la main De NocRET, ce fameux Humain , Et l'un des Célèbres Copistes De Nature suivant les pistes.

De chaque coup de son Pinceau ,

jo On voyoil naître en ce Tableau D'aimables & charmantes choses .

Tantôt des Lys, tantôt des Roses , Et de qui le mélange enhn Formoit un Teint & vif & fin ;

ij Tantôt des BriUans & des Fiâmes , Pour peindre les Vainqueurs des

[Ames , C'est-à-dire deux divins Yeux Qui peuvent sur le cœur des Dieux Etablir même leur Victoire

60 Par un aimable excès de gloire ; Tantôt un autre Feu nouveau Pour faire un Miracle aussi beau Et peindre une Bouche vermeille Qui des Bouches est la merveille :

é5 Tantôt ainsi d'autres couleurs , Peignans tous ces Charmes des

[Cœurs Qui font un Chef-d'œuvre adorable En l'HÉROiNE incomparable.

Mais quoi ! la Nature . pour lors

[Jalouse de ces grands ctTors Que faîsoit ainsi la Peinture. Alloit augmentai

Et les Appas & la Beauté De la Jeune Divinité ,

7^ Faisant même , par son adresse , Quelquefois mouvoir la Princesse.

D'un seul trait d'œil & d'un souris , Elle lui ravissoit le Prix Et , d'une façon joviale ,

go Sunnontoil toujours sa Rivale .

Mais un Miroir, grand & pompeux.

Faisant affront à toutes deux , Ezprimoit avec tant de grâce Tous leurs Miracles dans sa Glace

8s Qu'il sembloil faire tout autant Que la Nature en un instant Et passer aussi la Peinture Autant que faisoit la Nature, Imitant de l'Objet charmant ,

vaJusques au moindre mouvement.

Or nôtre Muse , là présente , Se piquant , tant elle est plaisante , D'éfacer Peinture & Miroir , Se proposoit de faire voir,

95 Outre les Charmes du Visage , Cette AnE grande , belle & sage , Qui fait de si divins Accords Avec les beautez de son Corps , Ses Glanez, son Intelligence, 100 Son Esprit , sa rare Prudence Et ses Vertus & ses Discours Qui nous ravissent tous les jours :

Mais, apostrophant la Muzette Qui me paroissoil indiscrette ,

10^ Je lui dis , â peu prés , ces mots , Qui me sembloyent fort à propos :

« Osez-vous petite Superbe , ■' Vous qui rampez plus bas que

[l'herbe, » Croire imiter ce que les Dieux

L 10 » Ont seuls pu faire dans les Cieus, ■1 Quand vous voyez que la Peinture » Ne peut même de la Nature » Imiter te moindre des Trais » Dont Elle forme tant d'attrais ?

1 . s » Ah 1 demeurez-en à l'Honunage » Sans entreprendre davantage. »

La Muze humblement m'écouta

6o. -<f- Du 22. Novembre i665 (Robinet).

de Normandie

LesFQles d'Honneur

Mademoiselle d'Arquien qui en est une

Madame

de Montau-

2ier

Et justement se contenta , Ne pouvant certe pas mieux fiûre , I30 Et d'adorer & de se taire.

Le plus grand Roy de TUnivers Va mettre au Rang des Ducs & Pairs Quatre Personnages d'élite Et tous d'un éckunt mérite.

135 C'est ce MarAchal du Plrssis , Dont les Exploits sont plus de six (Et son Poste tre»4iutientique Auprès du Royal Frùib unique Vous montre' assez la vérité) ;

130 Item le grand de la FertA , Dont on ne peut , en conscience , Trop exagérer la Vaillance ; Item le Maréchal d'AuMONT, Qui , sans faire le Rodomont ,

135 Sçait bien signaler son courage Dedans le Martial Orage , Et le Marquis de Montauzier , Dont c'est assez justifier Le rare mérite & la gloire Quç repasser en la mémoire Le grand & beau Gouvernement Où l'on le void présentement , Et que les LErrREs & les Armes , Meslans chez lui leurs nobles char-

145 Y joignent les femeux Lauriers [mes, Et des MuzBS & des Guerriers.

Attendant la Cérémonie De cette nouvelle Pairie , Le Corps des Féminins Amours Qui suit la Reyne tous les jours Sur ce sujet a faàt harangue , Par une belle & fine Langue , A l'illustre Dame d'HoNNEUR Qui préside sur ce beau Chœur , Ayant complimenté de même , Avec une alaigresse extrême , La Maréchale du Pmssis^ De sens si bon & si rassis , Et de VnxEQUiER la Marquise ,

160 Que tout chacun estime & prise Pour ses appas et sa vertu , Et qui , pour tout dire , étant Bru Du MARécHAL d'AuMONT, partage Les interests du Parentage.

165 La Mort , de son funeste Dard , A fait choir Ludovic Stuard , Prince du Sang Royal d'Escosse ,

136 Se plus de tiz.

A trois fois quinze ans, dans 1 O vous , Grâces , Muzbs , V

170 Las I pour Appuy vous n'au Son agréable & beau Génie , Et vôtre Perte est infinie 1 O vous , Catholiques Anslot Qu'il a protégez tant de fois

175 Dedans les Estats eTAnolbii C'en est fait , le Tombeau re Ce charmant Sbionkur d'An Vôtre Dommage est infini I

A Rheuis y l'AnsasB de S.

180 Qui vit comme un Ange sm Avant plusieurs fois vers In Elevé les mains & les yeux Dans un grand nombre de N< Pour la Perle des SouvERAiti

185 Et pour obtenir sa Santé De la Céleste Majesté , En a fait commancer une au Où se dit mainte Patenôtre , Par les Nonnes de son Ccwvi

190 Imitans son zélé fervent , En faveur de cette Anne illu Du Siéde I'Honneur & le Li

Le Charmant Philippe , so Si chéri dans la Cour des Lv

195 Monsieur, digne Epous de a

Le Miroir ardent de son Am

Mercredy, fut indisposé ,

•Mais , s'étant , ce jour, reposa

On le veid , à son ordinaire ,

200 Plus vermeil (qu'une Primeve Louis , qui l'aime tendremeni Le visita soigneusement , Ainsi que la belle Thâreze , Dont je pense qu'il fiit bien a

205 La Brttanique Majesté , Princesse pleine de bonté Et sans fiel comme une CokM Arrivant aussi de Colombe , Vint voir la Reyne Mérb aus

210 Par un tres-obligeant souci , Et ce ne fiit pas sans caresses Entre ces deux grandes Pamc

J'ay sceu par un certain Ec

Qu'on a proclamé dans Madi

2 1 5 Charles second Roy de Casti

Sans nul contraste ni castille,

6o. **4S|o ». Kowmhre i665 (Robinkt),

^ & pmdence , I de sa Rbgbnck.

DUES du beau Cahton El^s de Charbkton ÔM mourir n'aguéres r l"un de leurs Q>n£r6res, inoit à grands pas ortes du Trépas, ort louable zélé , m ardeur noble & belle , fent de Lucifbr 1 Sujet en Enfer, Eleus de leur Troupe , Hour, le Vent en poupe; >hre & fomeux Don , a reçeu le Don bien la Controversk t mainte Traverse mps & divers lieux grand des Richrubux , u vers leur Malade , ir une seule œillade , 'ame & le cœur isant Pécheur, r un fort Catéchisme , lui la chasse au ScmmB, tel désarroy triompher la Foy.

ureux Hérétique , i bon Catholique , ftemel Séjour, >rd Dereuncour ipagnon, le Sieur Gachb, as deux prenoyent à tailler en ce Lieu [che is les Maudits de Dieu.

r-digne Commissaire is brave Emissaire , dans la vérité la volonté , s mourir des Nôtres , es faux Apôtres , du depuis est mort équitable Sort , auffer à sofi aise , I , Luther & Beze.

ivelles à la Cour

Qu'à la fin rHtnH & rAMomi Ont pris , aprfs beaucoup de peine , Au coUet b Docde Ldrrainb , Ejt l'ont soumis au Sacrembmt,

270 Pour le £BÛre aimer constamment.

L'auroit-on crû ? le peut-on croire ?

Comment ont-41teu la Vietœre Dessus ce Cœur mercurial , Et par quel Aspect si fatal

275 A son amoureuse inconstance Ont-Us fait ce coup d'imporunce ?

C'est par un Aspect rodomont De la Pucbllb a Aprbmomt, Dont les Charmes , à treize années ,

280 Par le vouloir des Destinées Et par un coup assez galant , Ont tiré son Cœur, en volant , Car sans doute tt avoit d^ ailes Pour s'enlever à tant de Belles ,

285 Qui. pensans le tenir très-bien , Comme on Ta vu , ne tenoyent rien.

Au reste , cette jeime Infante , Apvés ce coup, en Triomphante , A fait son Entrée à Nanq

290 Avec son Grand Captif aussi , Conduit d'AMOUR & d'HYMÉNÉE , Et receu • dans cette Journée , Tous les honneurs & les respects Qu'on lui doit iUec désormais

295 Coomie à MânAMB la Duchessb , Que l'on traita dés lors d* Altesse.

Ceux qui pour lors virent plus clair, Et ce n'est pas un conte en l'air, Mais, soit-ce conte ou soit-ce his-

[toire .

300 Ces Clairs^voyans , dit le Mémoire , Virent plusieurs petits Amours Qui tous , en lugubres Atours , Versoyent abondamment des larmes, • Où se noyoyent leurs jeunes charmes,

505 En pleurans pour mainte BEAUxi A qui , las I il n'est rien resté Que des Contracts de Mariage Et, pour tout fruit & pour tout

[gage.

Des Amitifiz du susdit Duc ,

310 Dont l'autre reçoit tout le suc,

Princesse , ne pouvant qu'y faire Et nôtre Lettre Hebdomadaire Estant pleine sufiSsamment , Je m'en vais dater promptement.

IChtrlas ^ mj

Fine du Comte de 06 nom

41 5 6o. — Du 22. Novembre i665 (Rounet).

Ce fut le Jour vingt-un du déplaisant Novembre Que ces Vers frais .édos naquirent dans ma Chambre , Mais tant soit peu moins beaux que. Lecteurs, mes Amis, Je ne me les estois trop hardiment promis.

A Parii , Che:^ F. MugUêt , rut de la Harpe , aux Trait Rais. Avec Privilège dm Rajf.

(Biblioth Nat. Le', ai, iUt. » Biblioth. MUsarioc. 996. Biblioth. de TAneiial, B. L. iiSoa.)

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