‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 162 sur 317 · Du 29. Novembre i665 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 29. Novembre i665 (Mayolas

Arec mille autres eut péry :

On en seroit bien moins mâry.

Je mets les Nouvelles au croc itoPtMir parler du puissant Saint Roch.

Puis qu'à tous u est manifeste Que ce Saint prézerve de peste , Qu'il en exempte les François Lorsqu'elle aflige les Anglois , 1S5 Et que son bâton seul la chasse , Remply d'une céleste grâce , On ne peut assez l'admirer, Le kmer, nv le révérer. [Eglize , Dizons donc que dans cette 190 Où son Nom l'on immortalize / Le &meux Prélat de Paris , En ses Pontificaux Habits , Suîvy d'une dévote Escorte , Fut accueilly, prés de la porte , ^5 Par le docte & pieux Curé , De ses beaux ornemens paré.

Un très-grand nombre de Confrères, Faizans des vœux & des prières , De Capucins bien plus d'un cent , too Sortis de leur plus grand Couvent , Les Marguilliers , sans rien rabatre , S'y trouvans au nombre de quatre , ^ Surtout le Marguillier d'Honneur, ■«Plain de science & de candeur, S* Qui dans le Temple de Justice Et dans celuv de l'exercice De la haute aévotion Fait dignement sa fonction , Quantité de Gens remarquables , 110 Et des Personnes charitables , Soit de cette Paroisse ou non , Suivirent la Procession , ^véque les Eccléziastiques , ' En surpelis , chapes , tuniques , [ 2r,Portans des cierges à la main ; [ Continuèrent leur chemin ; Jusqu'au Couvent des Capucines tocs pieuzes & divines).

Pour aller chercher en ces lieux ï^oCe Dépôt beaucoup précieux Dont Messieurs de la Ville d'Arles Dont quelqu'un se peut nommer

[Charles) Au Duc de Vandôme avoient fait Le Don conforme à son souhait.

22) Après qu'on eut pris la Relique Dans une Chasse magnifique ,

221 Q}ie Messieurs.

Qui péze plus de six-vints marcs ,

Qu'on adoroit de toutes parts ,

Nôtre Archevêque incomparable [Hartoain 230 Donnoit , de sa main vénérable , PérMUe]

A tous la bénédiction.

Durant cette Procession ,

On revint dans le susdit Temple ,

Où ce cher Patron on contemple , 235 Dans un ordre aimable & charmant,

Chacun priant dévotemant.

Ce que je trouve d'admirable

Et de tout-à-fait remarquable ,

C'est que, pendant ce cours si saint, 240 Aucun cierge ne fut éteint ;

Delà jugez de la puissance

Qu'a déjà ce Bras droit , en France :

S'il arête ou charme les vents ,

Il rendra sain l'air & les Gens.

245 Sur le grand Autel de l'Eglize

Icelle Relique fut mize ,

Où quantité de cierges blancs

Et , sans mentir, plus de six cens .

Augmentoit la manificence ; 250 Et je croy que dans la Provence ,

Dans Arles , où l'on a son Corps

Plus cher que les autres Trézors,

L'on n'en peut faire davantage

Pour ce rare & saint Personnage.

255 Hardouin donna dans ces momans

Indulgence pour pluzieurs ans ;

On fit Feste raprés-dînée ,

De mesme que la matinée ;

L'Abbé Le Camus y prêcha 260 Et tout l'Auditoire il toucha.

Le lendemain , une Neuvaine

Pour Anne , nôtre chère Reine ,

On commença , dans le dessain

D'obtenir du grand Souverain 265 Une santé si dézirée

Et si tendrement implorée.

Neuf Prédicateurs , ces neuf jours ,

Ont fait de merveilleux discours :

Ayans ouy l'Abbé Cassaigne , 270 Plus sçavant que n'êtoit Montaigne.

Je puis dire , sans flatter rien ,

Qu'il prêche admirablement bien.

Princesse très-judicieuze , Puis que vous êtes fort pieuze , 275 Agréablement vous lirez

Ou du moins point ne blâmerez

Une relation si sainte

Que ma Muze icy vous a peinte.

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